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	<title>David L. Bashow &#8211; La revue Légion</title>
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		<title>Au secours du Bomber Command</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David L. Bashow]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 May 2007 02:51:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans le but de favoriser le débat public sur la campagne de bombardement stratégique de la Seconde Guerre mondiale, nous offrons ce point de vue de David L. Bashow, dont le livre No Prouder Place : Canadians and the Bomber Command Experience 1939-1945 (Pas d&#8217;endroit plus fier : les Canadiens et l&#8217;expérience du Bomber Command), [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h1></h1>
<p>Dans le but de favoriser le débat public sur la campagne de                   bombardement stratégique de la Seconde Guerre mondiale, nous                   offrons ce point de vue de David L. Bashow, dont le livre No                   Prouder Place : Canadians and the Bomber Command Experience                   1939-1945 (Pas d&#8217;endroit plus fier : les Canadiens et l&#8217;expérience                   du Bomber Command), a obtenu des critiques favorables (Off                   The Shelf [non traduit], mai/juin 2006). L&#8217;auteur a aussi beaucoup écrit,                   dans des livres et des périodiques sélects, sur différents                   sujets concernant la défense, la politique étrangère et l&#8217;histoire                   militaire. Ancien pilote de chasse des Forces canadiennes,                   il est éditeur de la Revue militaire canadienne et professeur                   adjoint au Collège militaire royal à Kingston (Ont.).</p>
<p>Bien que cela puisse sembler vieux jeu dans le monde actuel,                   je crois qu&#8217;une société a besoin de héros, avec leurs exemples                   de courage et d&#8217;honneur, pour l&#8217;inspirer et il n&#8217;y a pas de                   partie de la société qui en a besoin davantage que celle des                   forces armées.</p>
<p>Je crois aussi que les citoyens d&#8217;une nation ont besoin qu&#8217;on                   leur rappelle de temps en temps que, des fois, il leur faudra être                   prêts à se battre, à prendre position par rapport aux valeurs                   auxquelles ils croient et qu&#8217;ils chérissent. Durant les années                   1930 et 1940, le nazisme était une tache obscène sur l&#8217;humanité;                   il fallait l&#8217;éliminer aussi vite que possible et cela par tous                   les moyens.</p>
<p>Il ne nous reste que bien peu de temps pour rendre hommage                   convenablement à nos vétérans de la Seconde Guerre mondiale                   et leur faire part de notre reconnaissance. Ces idées à l&#8217;esprit,                   surtout vu la récente explosion de négativisme concernant l&#8217;offensive                   du bombardement stratégique de la Seconde Guerre mondiale,                   je crois qu&#8217;il est temps de parler en détail des raisons et                   des résultats de la campagne de bombardement.</p>
<p>À propos de cet immense effort, un certain nombre de particuliers,                   pour un aussi grand nombre de raisons, ont cru bon d&#8217;éliminer                   ou de manipuler de manière sélective les faits historiques                   reliés au bombardement, marginalisant son impact en tant que                   contribution au gain de la guerre et dénigrant la conduite                   des équipages d&#8217;aviateurs qui y ont participé; autrement dit                   : stigmatisant le bombardement comme étant immoral et inutile.</p>
<p>Toutefois, je maintiens fermement que les résultats du bombardement                   allié ont été bien plus importants en ce qui a trait aux effets                   directs et indirects obtenus, ainsi qu&#8217;en faisant terminer                   la guerre favorablement, que ce qu&#8217;on a reconnu généralement                   auparavant. Je crois aussi qu&#8217;il est essentiel de comprendre                   que les décisions et les actes historiques qui s&#8217;en sont suivis                   ne peuvent pas être examinés à travers la lentille morale que                   sont les sensibilités d&#8217;aujourd&#8217;hui. On doit juger ce qui a été entrepris                   dans le contexte de l&#8217;époque et en se basant sur les renseignements                   et les considérations de planification qui étaient disponibles                   en ce temps-là. Autrement, la précision historique risque fort                   bien d&#8217;être supplantée par la rectitude politique et, après                   tout, avec du recul tout est bien plus clair.</p>
<p>À bien des égards, le nouveau Musée canadien de la guerre                   est un hommage exceptionnel au fier patrimoine militaire du                   Canada. Toutefois, quand une institution doit reconnaître autant                   d&#8217;histoire militaire, il y a toujours risque de trop simplifier                   (En guerre contre le musée de la guerre, novembre/décembre).                   J&#8217;ai peur que ce soit ce qui est arrivé à l&#8217;historique de l&#8217;offensive                   du bombardement combinée de la Seconde Guerre mondiale, surtout                   le panneau d&#8217;exposition intitulé Une controverse qui persiste                   et dont le sous-titre est Bombardement stratégique.</p>
<p>Bien qu&#8217;on ait remarqué au musée, avec justesse, que beaucoup                   de ressources avaient été engagées à l&#8217;intérieur du Troisième                   Reich à cause de la menace qu&#8217;était ce bombardement, d&#8217;après                   moi la généralisation simpliste et trompeuse suivante passe à côté de                   l&#8217;essentiel. &#8220;Les bombardements massifs de l&#8217;Allemagne ont été la                   cause de beaucoup de destruction et de morts. La valeur et                   la moralité de l&#8217;offensive du bombardement stratégique contre                   l&#8217;Allemagne est toujours contestée âprement.</p>
<p>L&#8217;objectif du Bomber Command était de saper le moral des civils                   allemands et de forcer l&#8217;Allemagne à se rendre en détruisant                   ses villes et ses installations industrielles. Même si les                   attaques du Bomber Command et des forces américaines ont causé la                   mort de 600 000 Allemands et en ont laissé 5 millions d&#8217;autres                   sans-abris, ils n&#8217;ont détruit qu&#8217;une infime partie de la production                   de guerre allemande avant la fin de la guerre.&#8221;</p>
<p>Malheureusement, cette représentation particulière sert de                   résumé ou de bilan de la campagne, devenant effectivement le                   legs du Bomber Command qui perdure dans le musée. Les citations                   additionnelles ne servent qu&#8217;à souligner les conclusions morales                   et humanitaires qui ne touchent guère à la valeur stratégique                   et militaire des résultats que le bombardement a obtenus.</p>
<p>Quelle est-elle exactement, cette controverse qui touche à la                   campagne de bombardement, et pourquoi est-elle devenue un problème?                   En ce qui concerne la Seconde Guerre mondiale, la controverse                   a commencé vers la fin de la guerre, à cause de rapports erronés                   sur les bombardements, surtout le bombardement de la ville                   allemande de Dresden lequel a eu lieu les 13 et 14 février                   1945.</p>
<p>Une grande partie de la désinformation reliée à ces raids,                   y compris les chiffres de victimes civiles grandement exagérés,                   allant jusqu&#8217;à 1 000 pour cent, qui avaient été transmis aux                   agences de presse alliées en passant par des pays neutres,                   avaient leur origine au ministère de la propagande de Josef                   Goebbel.</p>
<p>Il y a moins longtemps, le sympathisant nazi et nieur de l&#8217;holocauste                   David Irving a mis de l&#8217;huile sur le feu, tout comme l&#8217;épisode                   Mort au clair de lune qui faisait partie de la série très controversée                   La bravoure et le mépris, une production qui a été condamnée                   par les groupes d&#8217;anciens combattants après sa diffusion à la                   télévision de la SRC au début des années 1990.</p>
<p>En plus de cela, l&#8217;économiste renommé né au Canada John Kenneth                   Galbraith, qui avait fait partie de l&#8217;équipe alliée de sondage                   sur le bombardement stratégique après la guerre, a vaguement                   fait marche arrière à propos de son accord &#8216;tout à fait&#8217; avec                   les résultats du sondage, déclarant vers la fin de sa vie,                   donc bien longtemps après coup, qu&#8217;il ne croyait pas que le                   bombardement avait été aussi efficace que ce qu&#8217;on pensait                   auparavant.</p>
<p>Ainsi, du dire de l&#8217;historien britannique renommé Richard                   Holmes : &#8220;nombre de survivants ont payé le prix fort en santé et                   en bonheur, ce qu&#8217;a empiré le dénigrement de leurs efforts                   par les critiques allant de ceux qui étaient moralement pointilleux à ceux                   qui appuyaient la campagne jusqu&#8217;à ce qu&#8217;ils aient vu ce qu&#8217;elle                   avait fait mais qui ensuite désiraient s&#8217;en distancer, en passant                   par ceux qui agissaient par intérêt politique. Comme les tempêtes                   de feu qui étaient l&#8217;expression la plus effroyable du bombardement,                   la condamnation de la campagne s&#8217;est nourrie d&#8217;elle-même jusqu&#8217;à ce                   que les flammes et la fumée de l&#8217;hypocrisie eussent voilé ses                   nombreux accomplissements, dont celui de sauver la vie d&#8217;innombrables                   soldats alliés n&#8217;était pas le moindre.</p>
<p>L&#8217;érudition bien plus récente de gens comme Richard Overy,                   Frederick Taylor, Robin Neillands, David Hall, Chester Wilmot,                   Holmes et bien d&#8217;autres, ainsi que les voix et l&#8217;érudition                   provenant de l&#8217;intérieur de l&#8217;Allemagne, ont défié les critiques                   et les opposants de façon crédible et sûre en ce qui concerne                   l&#8217;efficacité et la moralité de la campagne en réévaluant les                   archives et autres principales sources matérielles. Toutefois,                   il y a encore des gens qui ne veulent pas croire ce qui s&#8217;est                   vraiment passé, qui font comme si la nouvelle érudition n&#8217;existait                   pas ou qui poursuivent leur propre programme en dépit de cela.</p>
<p>Le bombardement par les alliés du Troisième Reich et des autres                   pays de l&#8217;Axe entrait correctement dans le cadre de la stratégie                   militaire périphérique générale de la Grande-Bretagne. Il menait                   l&#8217;offensive chez l&#8217;ennemi depuis les premières étapes de la                   guerre, servant à démontrer à tous que la Grande-Bretagne et                   les dominions n&#8217;avaient pas l&#8217;intention d&#8217;acquiescer aux régimes                   totalitaires. Il offrait un &#8216;deuxième front dénué&#8217; aux Soviétiques                   assiégés quand aucun autre engagement majeur, comme une campagne                   terrestre prématurée, ne pouvait être lancée.</p>
<p>Les lecteurs devraient remarquer que cette question se rapportait                   particulièrement à cela car, au début des années 1940, le souvenir                   du carnage systématique illustré par le front de l&#8217;Ouest en                   1914-1917 était encore douloureusement clair dans les esprits.                   Et bien que la dernière année de la Première Guerre mondiale                   (1918) eut été beaucoup plus fluide et dynamique, les gens                   appréhendaient la perspective d&#8217;une autre situation où des                   armées terrestres énormes se trouveraient bloquées dans une                   impasse sanglante. Toutefois, les Soviétiques faisaient fortement                   pression pour un quelconque soulagement offensif et même les                   Américains, qui avaient accepté &#8216;l&#8217;Allemagne d&#8217;abord&#8217; comme                   priorité militaire étaient particulièrement anxieux d&#8217;en finir                   avec la guerre européenne pour pouvoir concentrer ensuite les                   efforts des alliés contre les Japonais dans le Pacifique.</p>
<p>Il y avait une pression importante de &#8216;accélérer le régime&#8217;                   d&#8217;une invasion en Europe du Nord-Ouest longtemps avant que                   les forces des Britanniques et des dominions se sentent prêtes à une                   telle entreprise. Ainsi donc, l&#8217;offensive de bombardement était,                   de bien des façons, la manifestation ultime d&#8217;une stratégie                   de &#8216;guérilla&#8217;, dans le cadre de laquelle l&#8217;ennemi était attaqué à travers                   ses périphéries, comme à travers sa capacité de production,                   quand le lancement d&#8217;une confrontation massive était inacceptable.</p>
<p>L&#8217;offensive du bombardement a aussi porté des coups importants à l&#8217;infrastructure économique                   et industrielle de l&#8217;ennemi, l&#8217;obligeant à décentraliser ses                   industries militaires, ce qui lui a coûté très cher en ressources,                   et cet impact était immense, comme l&#8217;était également le fait                   de faire perdre du temps à une immense main-d&#8217;oeuvre et d&#8217;engloutir                   du matériel rien que par respect du danger. En 1944, au moins                   900 000 hommes, et un grand nombre de femmes et de jeunes, étaient                   nécessaires rien que pour servir les défenses anti-aériennes.</p>
<p>La défense du Reich nécessitait alors 81 pour cent des ressources                   en avions de chasse, presque 60 000 canons d&#8217;artillerie variés                   qui auraient autrement servi à beaucoup renforcer leurs forces                   terrestres, un cinquième de toutes les munitions produites,                   et un bon tiers du rendement du secteur de manufacture d&#8217;optiques                   de précision cruciales.</p>
<p>L&#8217;offensive a poussé les nazis à lancer des grandes campagnes                   de représailles qui n&#8217;ont pratiquement pas eu de conséquences,                   comme les programmes de fusées V-1 et V-2, alors que d&#8217;autres                   initiatives potentiellement gagnantes, comme une concentration                   opportune sur les programmes d&#8217;avions de chasse à réaction                   et à fusée, furent marginalisées. La décentralisation a donné lieu à d&#8217;importantes                   inefficacités, ainsi qu&#8217;à des tensions extraordinaires sur                   un réseau de transport vulnérable qui était déjà surchargé,                   le tout empiré par l&#8217;exigence conséquente que la direction                   de cette politique a causé à propos du besoin en produits pétrolifères,                   surtout quand les alliés aient commencé à prendre le pétrole                   prioritairement pour cible, en 1944.</p>
<p>Il a aussi obligé les nazis à atténuer certaines initiatives                   vraiment perturbantes dont le développement était très prometteur.                   Il s&#8217;agissait de leurs programmes militaires nucléaire, biologique                   et chimique, ainsi que l&#8217;achèvement opportun d&#8217;une nouvelle                   série de sous-marins, particulièrement ceux du Type XXI, océaniques,                   qui auraient encore pu faire du grabuge dans les voies maritimes                   alliées s&#8217;ils avaient été mouillés en grand nombre avant la                   fin de la guerre en Europe.</p>
<p>Finalement, l&#8217;offensive de bombardement a préparé le terrain,                   grâce à la destruction des défenses aériennes, des ressources                   pétrolifères et des réseaux de transport de l&#8217;ennemi, à une                   invasion réussie de l&#8217;Allemagne passant par l&#8217;Europe du Nord-Ouest                   en 1944.</p>
<p>Le bombardement a détruit pratiquement toutes les industries                   allemandes de coke, de ferro-alliage et de caoutchouc synthétique,                   95 pour cent de ses capacités en carburant, en houille dure                   et en caoutchouc, 90 pour cent de sa capacité en acier, 75                   pour cent de sa capacité de production de camions et 70 pour                   cent de sa production de pneus. Il a aussi donné lieu à d&#8217;immenses                   pertes dans la production d&#8217;avions et de véhicules blindés.                   Alors que sir Arthur Harris, qui était commandant en chef du                   Bomber Command pendant la plus grande partie de la campagne,                   a rechigné au début quand il s&#8217;agissait de concentrer les attaques                   contre des cibles pétrolifères, préférant ce qu&#8217;il croyait                   sincèrement être des objectifs du bombardement plus acceptables                   et profitables, il a fini par donner vigoureusement son appui à la                   campagne. Dans certains des cas, la contribution du Bomber                   Command à la campagne du pétrole a même dépassé les efforts                   que les Américains faisaient dans cette direction. Par exemple,                   durant les quatre premiers mois de 1945, le Bomber Command                   a largué 181 000 tonnes de bombes sur le Reich, un cinquième                   de ce qu&#8217;il a largué durant toute la guerre. Et pas moins de                   47 510 tonnes (26,2 pour cent) étaient affectées à des cibles                   de pétrole. Les pénuries qui en ont résulté ont non seulement                   restreint les opérations de combats, elles ont aussi réduit                   le montant de carburant disponible pour l&#8217;entraînement.</p>
<p>Les détracteurs de la campagne continuent de suggérer que                   le bombardement n&#8217;a eu que bien peu d&#8217;effets jusqu&#8217;aux derniers                   stades de la guerre, faisant remarquer que la production d&#8217;avions                   de chasse et de chars d&#8217;assaut a augmenté en 1944 et 1945.</p>
<p>Toutefois, ces gens oublient que l&#8217;économie allemande et sa                   production industrielle, d&#8217;après les ordres d&#8217;Hitler, avait été relativement                   lente jusqu&#8217;à ce que la nation se mette sur un pied de &#8216;guerre                   totale&#8217;, lors de la défaite désastreuse à Stalingrad, au début                   de 1943.</p>
<p>Ce calendrier d&#8217;exécution coïncidait au début de l&#8217;offensive                   combinée du bombardement anglo-américain. Ce que les Allemands                   auraient pu accomplir, s&#8217;ils n&#8217;avaient pas été obligés de respecter                   le danger qu&#8217;était le bombardement, s&#8217;ils avaient pu utiliser                   et maîtriser leurs installations de production sans entraves,                   et s&#8217;ils avaient eu libre accès à leurs réseaux et systèmes                   de transport, dépasse l&#8217;imagination. Les augmentations de la                   production ont surtout été dues au travail de millions de manoeuvres                   esclaves, amenés de force des territoires occupés, et le contrôle                   de la qualité a énormément souffert durant les dernières étapes                   de la guerre, en partie à cause de la résistance passive et                   des ralentissements faits par exprès par cette main-d&#8217;oeuvre                   forcée, mais aussi à cause d&#8217;une pénurie de matériaux stratégiques                   causée par le bombardement. De toute façon, c&#8217;est sans importance                   car, sans le carburant pour leur permettre de voler ou de rouler,                   grâce à la priorité mise sur le bombardement des ressources                   pétrolifères à partir de 1944, ces autres avions et chars d&#8217;assaut étaient                   inutiles.</p>
<p>La campagne a aussi eu beaucoup de succès au minage de la                   Baltique de l&#8217;Ouest, obligeant la marine allemande à opérer                   presque exclusivement à partir de la Baltique de l&#8217;Est, et                   la forçant à affecter 40 divisions pour assurer et protéger                   le territoire environnant en Lettonie de l&#8217;Ouest, au golfe                   de Danzig et en Prusse-Orientale durant les derniers mois de                   l&#8217;avance des Soviétiques. En fin de compte, cela a servi à tenir                   occupé au moins un tiers des forces disponibles pour combattre                   l&#8217;armée rouge qui approchait, et ces forces n&#8217;ont pratiquement                   pas participé à la défense finale du territoire allemand.</p>
<p>Il est indéniable que le bombardement a fait beaucoup de victimes                   civiles. Je maintiens qu&#8217;environ 593 000 civils ont trouvé la                   mort rien que dans les territoires du Reich allemand à cause                   des bombardements, c&#8217;est-à-dire 410 000 civils allemands, 23                   000 policiers non militaires et civils attachés aux forces                   armées allemandes, 32 000 étrangers et prisonniers de guerre                   et 128 000 personnes relogées. Toutefois, bien que ces chiffres                   soient importants, ils sont éclipsés par le génocide perpétré sur                   les peuples d&#8217;Europe et d&#8217;Eurasie par les Allemands et leurs                   représentants. Quant à l&#8217;argument récurrent que 75 millions                   d&#8217;Allemands ne voulaient pas la guerre d&#8217;Hitler, je peux répliquer                   en disant que cela ne sert guère à consoler les millions d&#8217;âmes                   qui ont été systématiquement exterminées dans les camps de                   la mort des nazis.</p>
<p>Le moral du public allemand était certainement bon durant                   les trois premières années de la guerre, quand les forces allemandes                   faisaient ce que bon leur semblait dans la plus grande partie                   de l&#8217;Europe et même en Asie. Pour faire contraste au bombardement                   allié, la Grande-Bretagne a perdu environ 65 000 civils à cause                   du bombardement aérien durant la guerre, dont 43 000 environ                   sont morts durant le blitz de 1940-1941.</p>
<p>Le fait que l&#8217;offensive du bombardement alliée ait obligé les                   Allemands à produire des avions de chasse de type défenseur                   principalement est une importante raison pour que le nombre                   de victimes britanniques n&#8217;ait pas été supérieur, car ils ne                   purent générer une grosse force de bombardement stratégique à long                   rayon d&#8217;action avant la fin de la guerre. Il y a encore une                   autre raison, c&#8217;est que les attaques de bombardement industriel                   de 1943 à 1945 ont beaucoup diminué l&#8217;efficacité prévue du                   programme de fusées V-1 et V-2, alors le nombre de victimes                   civiles a aussi été moins important.</p>
<p>Toutefois, que nul n&#8217;en doute : il y a beaucoup d&#8217;indications                   permettant de croire que l&#8217;Allemagne n&#8217;aurait pas eu de scrupule à propos                   de bombarder la Grande-Bretagne à fond si elle en avait eu                   les moyens. L&#8217;augmentation de l&#8217;importance de la production                   de chasseurs pour la défense de son territoire a aussi minimisé le                   soutien aérien disponible aux troupes allemandes combattant                   aux fronts. Ainsi, sans le bombardement allié, les forces allemandes                   auraient eu bien plus de protection et les forces alliées auraient été exposées à un                   bombardement allemand bien plus gros.</p>
<p>Quant à la critique souvent répétée, qu&#8217;un pourcentage démesuré des                   ressources militaires ont été dépensées par le Bomber Command,                   la première notabilité Richard Overy maintient que ce pourcentage était                   en fait bien petit. &#8220;Comparé au total de tout l&#8217;effort de guerre                   (production et combat), le bombardement n&#8217;a absorbé que sept                   pour cent, et en 1944-1945 il ne s&#8217;est élevé qu&#8217;à 12 pour cent.                   Vu qu&#8217;au moins une partie de la production a servi aux autres                   théâtres de la guerre (et autres commandements), dans l&#8217;ensemble                   les chiffres du bombardement direct de l&#8217;Allemagne étaient                   certainement plus petits. On ne peut pas vraiment dire qu&#8217;une                   allocation de ressources de sept pour cent de l&#8217;effort de guerre                   de la Grande-Bretagne soit déraisonnable.&#8221;</p>
<p>Il est certain que les aviateurs anglo-américains qui ont                   mené à bien la campagne ont enduré de grosses pertes, 81 000                   d&#8217;entre eux ont péri avec les 18 000 aéronefs qui ont été perdus                   pour toutes sortes de raisons. La partie du Bomber Command était                   de 55 573 aviateurs et 12 330 aéronefs, dont 8 655 sont tombés                   en Allemagne, en Italie et en Europe occupée. Les coûts en                   victimes fatales pour le Canada étaient de presque 10 500 membres                   de l&#8217;Aviation royale du Canada dans les escadrons de la RAF,                   ainsi qu&#8217;un nombre important de Canadiens qui servaient en                   tant que membres de la Royal Air Force et que tout le monde                   a tendance à oublier.</p>
<p>En mai 1943, les affectations opérationnelles dans les bombardiers étaient                   codifiées à 30 opérations dans la force principale, suivies                   par un repos derrière les lignes d&#8217;environ six mois, et puis                   une deuxième affectation opérationnelle de 20 opérations de                   plus. La longueur des affectations était conçue pour offrir                   une ancre de veille pour le moral, et un certain espoir de                   survie dans des circonstances ardues. En fait, elles avaient été conçues                   cliniquement pour offrir une &#8220;possibilité de survie de 50/50&#8221;,                   et calculées d&#8217;après un prédicat de 2,4 pour cent de pertes                   par raid, mais seulement à la première affectation. Le taux                   moyen de pertes du Bomber Command durant la guerre s&#8217;est concrétisé à 2,58                   pour cent par raid, ce qui garantissait presque cette &#8220;possibilité de                   survie de 50/50&#8221; au bout de 30 opérations.</p>
<p>L&#8217;expérience des équipages de bombardiers canadiens est bien                   plus enjouée, surtout parce que la plus grande partie de la                   participation du Bomber Command a eu lieu après la Normandie,                   quand le bombardement était le plus intense et que les pertes étaient                   les moins nombreuses. Mais 33 pour cent des Canadiens qui volaient                   dans les opérations du Bomber Command ont quand même fait partie                   des victimes, et plus d&#8217;une sur quatre de ces victimes fut                   mortelle.</p>
<p>Même en laissant les questions morales de côté, le camp allemand                   a reconnu depuis longtemps que la politique de bombardement                   régional, tel qu&#8217;il a eu lieu durant la Seconde Guerre mondiale, était                   tout à fait légale. En fait, ce n&#8217;est qu&#8217;en août 1948 que l&#8217;interdiction                   a été légiférée officiellement, quand la Convention de la Croix-Rouge                   sur la protection des civils en temps de guerre a été rédigée à Stockholm                   et puis signée à Genève au début de l&#8217;année 1949.</p>
<p>Et en réalité, la ratification légale et la reconnaissance                   de cette initiative n&#8217;a eu lieu que plusieurs décennies plus                   tard, quand le premier des quatre protocoles de la Convention                   de Genève de 1977 a interdit expressément les attaques militaires                   faites par exprès contre les civils.</p>
<p>Les victimes civiles, dont beaucoup étaient indubitablement                   innocentes, étaient un résultat inévitable de la campagne de                   bombardement, dont le mandat partiel déclaré publiquement était                   de déloger la population de travailleurs industriels ennemis                   et d&#8217;anéantir sa volonté de faire la guerre. En fait, à partir                   de 1943, sir Arthur Harris déclarait publiquement, ce sur quoi                   les gouvernements britannique et états-unien s&#8217;étaient mis                   d&#8217;accord, que : &#8220;l&#8217;objectif principal du Bomber Command sera                   la destruction progressive et le bouleversement du système                   militaire, industriel et économique allemand dans le but de                   saper le moral du peuple allemand au point où sa capacité de                   résister par les armes aura diminué fatalement&#8221;.</p>
<p>On doit aussi réaliser que bien que la boucherie délibérée                   de la main-d&#8217;oeuvre allemande n&#8217;ait jamais été commandée, on                   s&#8217;attendait certainement à des dommages collatéraux. La destruction                   des régions résidentielles avait pour but de rendre extrêmement                   difficile à cette main-d&#8217;oeuvre de poursuivre le travail. La                   propension occidentale de construire des zones résidentielles                   autour des installations industrielles a inévitablement augmenté le                   nombre des victimes.</p>
<p>Cette réalité fut aggravée encore plus parce que le Bomber                   Command, tel qu&#8217;il fonctionnait durant la Seconde Guerre mondiale, était                   &#8216;un instrument contondant&#8217; avec bien peu de capacités de bombardement                   de précision. Même à son point de technologie la plus précise,                   le Bomber Command manquait des capacités de ciblage à grande                   précision comme en ont les plates-formes d&#8217;armes d&#8217;aujourd&#8217;hui.</p>
<p>Bref, les dommages collatéraux aux civils étaient considérés                   des annexes du bombardement. Les régimes totalitaires avaient                   fourni de nombreux exemples du bombardement régional civil                   avant le début de l&#8217;offensive du bombardement combiné de 1943                   : Guernica, Nanking, Varsovie, Rotterdam, Londres et Coventry                   viennent tout de suite à l&#8217;esprit.</p>
<p>Les détracteurs de la campagne suggèrent erronément que les                   gouvernements alliés ont fait preuve de duplicité lorsqu&#8217;ils                   ont expliqué la campagne de bombardement à leurs citoyens.                   En fait, les sondages de l&#8217;opinion publique et même les affiches                   de propagande de l&#8217;époque pro vent que ces citoyens étaient                   tout à fait au courant du bombardement intentionnel des villes                   industrielles allemandes, et ils confirment que le bombardement                   jouissait d&#8217;un soutien public répandu. Il y avait en effet                   des opposants, surtout au début de la campagne de bombardement                   et parmi eux se trouvait Cosmo Lang, archevêque de Canterbury                   au début de la guerre, mais même lui a fini par se ranger avec                   les gens qui étaient en faveur de l&#8217;offensive du bombardement.                   Ils ont toujours été une très petite minorité.</p>
<p>D&#8217;autres mythes tenaces ont fait poursuivre le débat sur le                   bombardement stratégique. Parmi eux :</p>
<p>1. le bombardement de Dresden, les 13 et 14 février 1945, était                   un acte de destruction barbare et inutile contre une belle                   ville cultivée grandement éloignée de l&#8217;effort de guerre.</p>
<p>En fait, Dresden était un camp armé, un centre de communication                   et de transport vital, et un grand centre industriel où se                   trouvaient au moins 127 manufactures servant à la production                   militaire, y compris l&#8217;immense complexe Zeiss-Ikon où étaient                   employés plus de 14 000 personnes lors des raids de février.                   Et il y avait longtemps que le complexe Zeiss ne servait plus à fabriquer                   quelque chose d&#8217;aussi innocent qu&#8217;un appareil photos pour vacanciers.                   De plus, Dresden fut bombardé à la demande des Soviétiques                   qui menaient une offensive à environ 100 kilomètres à l&#8217;est                   et qui voulaient qu&#8217;on restreigne le transport de fournitures                   et de renforts ennemis vers leur front.</p>
<p>2. La politique de bombardement américaine avait pour prédicat                   une capacité de bombardement de précision mené en plein jour,                   au contraire des pratiques de bombardement régional hasardeux                   du Bomber Command qui avaient lieu la nuit au début et, par                   la suite pendant la guerre, jour et nuit.</p>
<p>En fait, le bombardement de précision américain n&#8217;était ni                   précis ni sélectif. De plus, des habiletés et un équipement                   spécialisé nouveaux ont amélioré la capacité d&#8217;attaques de                   précision par le Bomber Command durant les derniers 18 mois                   de la guerre, la période du plus grand effort de bombardement.                   Avant la fin des hostilités, le Bomber Command a démontré une                   plus grande précision la nuit et à travers les nuages que ce                   qu&#8217;accomplissaient les Américains les heures diurnes et dégagées.</p>
<p>3. Le moral des Allemands n&#8217;a pas baissé à cause du bombardement.</p>
<p>Faux. De dire l&#8217;historien allemand Götz Bergander : &#8220;en réalité,                   les raids aériens sur les villes et l&#8217;industrie a fait trembler                   la fondation du moral de guerre du peuple allemand. Il a ébranlé les                   nerfs à jamais, sapé leur santé et fait chanceler leur croyance                   en la victoire, modifiant ainsi leur conscience. Il a répandu                   la peur, le désarroi et le désespoir. C&#8217;était un résultat important                   et intentionnel de la guerre aérienne stratégique, de cette                   révolution militaire&#8221;. Il a aussi donné lieu à un manque de                   résistance dans les régions urbaines allemandes vers la fin                   des hostilités qui a sans aucun doute accéléré la reddition                   allemande et, en se basant sur les expériences, a sauvé nombre                   de victimes des deux côtés en évitant fréquemment la nécessité de                   l&#8217;âpre combat de maison à maison.</p>
<p>En général, l&#8217;offensive du bombardement stratégique a mené le                   combat chez l&#8217;ennemi. Il a créé un deuxième front qui enlevait                   des ressources à la campagne soviétique dans l&#8217;Est et qui détournait                   d&#8217;immenses quantités de matériel et de main-d&#8217;oeuvre des principales                   entreprises militaires de l&#8217;Allemagne. Il a porté des coups                   considérables à l&#8217;infrastructure industrielle allemande et                   préparé le terrain, grâce à la destruction des défenses aériennes,                   du réseau de transport et des ressources pétrolifères de l&#8217;Allemagne,                   pour l&#8217;invasion terrestre en Europe du Nord-Ouest de 1944,                   laquelle eut lieu quand les alliés se sont crus prêts à une                   si formidable entreprise.</p>
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