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	<title>Ted Barris &#8211; La revue Légion</title>
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		<title>L’Histoire des soldats</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ted Barris]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Mar 2007 19:27:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>
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					<description><![CDATA[Les premiers qui se sont aperçus de la victoire à Vimy sont ceux qui l&#8217;ont vue à travers les pansements imprégnés de sang. C&#8217;était le milieu de la matinée du 9 avril quand l&#8217;infirmier Will Antliff a pu faire une pause pour respirer durant le premier jour de la bataille de la crête de Vimy. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les premiers qui se sont aperçus de la victoire à Vimy                   sont ceux qui l&#8217;ont vue à travers les pansements imprégnés                   de sang.</p>
<p>C&#8217;était le milieu de la matinée du 9 avril quand l&#8217;infirmier                   Will Antliff a pu faire une pause pour respirer durant le premier                   jour de la bataille de la crête de Vimy. Le simple soldat Antliff,                   qui servait dans la 9e Ambulance de campagne du Service de                   santé de l&#8217;armée canadienne, s&#8217;est concentré sur son travail                   durant les premières heures de la bataille, prenant note de                   la nature des blessures, ainsi que de l&#8217;unité, du nom et du                   numéro de chaque soldat blessé dont le personnel médical s&#8217;occupait.</p>
<p>Stationné à quelques kilomètres derrière le front au poste                   de secours de Villers-au-Bois, Antliff remarquait dans une                   lettre : &#8220;Le grand nombre de Frisés qui passaient par ici était                   une caractéristique des plus encourageante.&#8221; Vu que ses camarades                   du corps de santé et lui s&#8217;occupaient de plus de troupiers                   allemands que canadiens, Antliff s&#8217;est aperçu rapidement que                   ses compagnons de l&#8217;infanterie canadienne devaient être en                   train de gagner la bataille.</p>
<p>Des heures auparavant, la veille de la grande attaque printanière                   contre les Allemands dans la région d&#8217;Arras du Nord-Centre                   de la France, les membres du service de santé, dont Antliff,                   avaient été avertis par les généraux alliés de s&#8217;attendre à 25                   000 victimes durant la bataille. Ce que même les généraux n&#8217;osaient                   prédire, toutefois, c&#8217;est l&#8217;efficacité des quatre divisions                   d&#8217;infanterie canadienne, qui se battaient pour la première                   fois en tant que force unie, et la vitesse à laquelle elles                   allaient atteindre leurs objectifs. Au bout de huit heures à partir                   de l&#8217;heure zéro, soit à 5 h 30, le 9 avril 1917, le Corps canadien                   de 100 000 hommes avait arraché une grande partie de la crête                   de Vimy à une armée allemande retranchée (les Canadiens allaient                   prendre le reste au cours des trois jours qui suivirent). Il                   s&#8217;agissait de quelque chose que les troupes alliées n&#8217;avaient                   pas réussi à faire en 31 mois de guerre au front occidental.                   La presse française a appelé cela &#8220;le cadeau de Pâques&#8221; que                   le Canada a fait à la France.</p>
<p>L&#8217;assaut canadien avait coûté 10 602 victimes au corps, dont                   3 598 morts. Mais Antliff, âgé de 19 ans, avait déduit correctement                   en ce lundi matin de Pâques que les Canadiens étaient en train                   de remporter la bataille. Une force combattante formée principalement                   de jeunes volontaires ordinaires, y compris des fermiers, des                   pêcheurs, des exploitants de ranch, des mineurs, des bûcherons,                   des commis de banque et des étudiants d&#8217;université, était en                   train d&#8217;évincer une armée allemande régulière à une bataille                   cruciale en Europe. Et en tant qu&#8217;ancien étudiant en commerce à l&#8217;Université McGill,                   Antliff rapportait dans sa lettre du 13 avril à sa mère, &#8220;les                   Canadiens se sont distingués (à Vimy) comme ils l&#8217;ont fait                   auparavant à Ypres et à la Somme&#8221;. Si vite après la bataille                   historique, Antliff exprimait ce qu&#8217;un autre vétéran de Vimy                   décrivait comme étant &#8220;le premier sentiment complet de statut                   de nation&#8221;. D&#8217;aucuns allaient dire que cette victoire par les                   citoyens soldats a donné naissance au Canada en tant que nation.</p>
<p>La fierté concernant son pays n&#8217;était pas exactement une provocation                   pour le fermier saskatchewannais Gavin McDonald qui a servi à Vimy.                   Effectivement, pendant la première année de la Grande Guerre,                   ce homesteader de la prairie âgé de 25 ans l&#8217;avait pratiquement                   dédaignée. Construire une maison et une grange, s&#8217;occuper du                   cheptel et défoncer le gazon pour cultiver le quart de section                   familial à Craik, près de Regina, c&#8217;était cela le plus important à ses                   yeux. En fait, McDonald parle de son engagement, dans son mémoire,                   comme s&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;un article comme les autres dans sa                   liste de choses à faire. &#8220;Nous avons eu une bonne récolte cette                   année-là&#8230; De bons prix (plus d&#8217;un dollar le boisseau), le bon                   moment de creuser un puits plus près des édifices&#8230; Après avoir                   creusé la plus grande partie, je me suis engagé dans l&#8217;armée,                   le 3 décembre 1915.&#8221;</p>
<p>Six mois après, bien entraîné en ce qui concerne les fusils,                   les baïonnettes et les grenades, McDonald atterrissait en France                   dans le cadre des renforts prévus pour la Princess Patricia&#8217;s                   Canadian Light Infantry, mais il fut envoyé au saillant d&#8217;Ypres                   où on crut que c&#8217;était un bûcheron, alors on l&#8217;affecta à la                   construction de tranchées et de chemins de rondins.</p>
<p>Au mois de mars, les ingénieurs de l&#8217;Armée canadienne avaient                   planifié la construction de 11 000 verges de passages souterrains,                   de tunnels qui reliaient les zones derrière les lignes canadiennes                   aux tranchées du front, sous le nez de l&#8217;ennemi. Durant les                   dernières semaines avant l&#8217;attaque du 9 avril, le caporal suppléant                   McDonald se joignait à la ruse compliquée qui cachait ce creusage                   furieux. &#8220;Notre travail était au front du tunnel&#8221; écrivait                   McDonald. &#8220;Au fur et à mesure que les mineurs ramassaient le                   calcaire, nous le mettions dans des sacs. Pendant la journée                   nous empilions les sacs dans le tunnel et la nuit nous les                   jetions dans les cratères d&#8217;obus. Ensuite, juste avant l&#8217;aube,                   nous le recouvrions (le sol du tunnel) avec du camouflage.&#8221;</p>
<p>Huit heures pour le travail et huit heures pour les repas                   et le sommeil, McDonald et son équipe de camouflage ont déguisé des                   tonnes de craie à Vimy. &#8220;À 10 h du soir, le 8, nous avions                   fini de creuser. Il n&#8217;y avait pas suffisamment de place&#8221; pour                   que les équipes continuent de creuser le tunnel et de le camoufler                   lorsque la force d&#8217;attaque s&#8217;y rassemblait La dernière tâche                   de McDonald était d&#8217;emporter les dossiers de l&#8217;adjudant de                   la position, par précaution. Dans sa dernière note à Vimy,                   il écrivait &#8220;nos gros canons tiraient tous au lever du soleil                   et l&#8217;attaque commençait [&#8230;]&#8221;.</p>
<p>Jusqu&#8217;à la bataille de Vimy, les tactiques de combat (des                   deux côtés) avaient suivi un script douloureusement prévisible.                   Un bombardement intense soudain de l&#8217;artillerie pour &#8220;ramollir&#8221; les                   positions ennemies. Ensuite une pause, et puis une offensive                   concertée par l&#8217;infanterie. Une telle prévisibilité indiquait                   souvent un désastre pour les fantassins. Le premier jour de                   l&#8217;offensive alliée à la Somme, en 1916, par exemple, 780 hommes                   du 1st Newfoundland Regiment sont passés à l&#8217;attaque (confiants                   que leur artillerie avait fait taire les armes des Allemands)                   et ils furent fauchés par les mitrailleuses allemandes qui                   n&#8217;étaient pas si silencieuses que ça. Le régiment souffrit                   des pertes de 85 pour cent.</p>
<p>Ce ne fut pas le cas à Vimy. Là-bas, les équipes d&#8217;artilleurs                   canadiens donnèrent une précision chirurgicale à la force brutale                   du bombardement d&#8217;artillerie. Le caporal Elmore Philpott a été témoin                   direct de l&#8217;émergence des opérations canadiennes de contrebatteries.                   Laissant ses études à l&#8217;Université de Toronto de côté de manière                   temporaire en 1914, parce qu&#8217;il avait peur que &#8220;la guerre se                   termine avant la Noël&#8221; Philpott obtint une formation de transmetteur                   et se joint à la 25e Batterie de campagne du Canada. Il arriva à Vimy à temps                   pour apprendre la science du repérage par éclats (observation                   de l&#8217;éclat dans les canons de l&#8217;artillerie) et le pointage                   sonore (utiliser des microphones pour découvrir la position                   des canons) pour localiser exactement les batteries allemandes.                   En conséquence, son travail, dans le cadre duquel il regardait                   la position des canons ennemis dans des jumelles, devint crucial.                   En tant qu&#8217;observateur avancé, il était littéralement les yeux                   et les oreilles de son unité de batteries d&#8217;obusiers. &#8220;Jusqu&#8217;à ce                   temps-là, on tirait au petit bonheur&#8221;, Philpott dit une fois. &#8220;Par                   la suite on dirigeait le feu grâce à des calculs mathématiques                   soigneux&#8221;.</p>
<p>Philpott appelait ça la planification, pas l&#8217;entraînement.                   Ensuite, en se servant de données de correspondance, les canonniers                   canadiens identifiaient la position des batteries allemandes                   avec une précision de moins de quelques mètres et ils les anéantirent                   systématiquement durant les sept jours précédant le 9 avril.                   Les défenseurs allemands qui ont enduré l&#8217;offensive de contrebatterie                   canadienne l&#8217;appelaient &#8220;la semaine de la souffrance&#8221;. De dire                   Philpott, &#8220;c&#8217;était une magnifique partie de l&#8217;opération, une                   des plus grandes opérations de toute la guerre&#8221;.</p>
<p>La précision des opérations de contrebatterie canadienne n&#8217;intéressait                   guère le carabinier Ellis Sifton. Ce fermier de 25 ans de Wallacetown                   (Ont.) avait d&#8217;autres responsabilités à Vimy. Le 18e Bataillon                   (de l&#8217;Ontario de l&#8217;ouest) dont il faisait partie se trouvait                   dans le secteur de la 2e Division, près du milieu au front                   de Vimy à la fin de 1916. Et durant l&#8217;hiver, le caporal suppléant                   Sifton, d&#8217;après ce qu&#8217;il décrivait dans les lettres qu&#8217;il envoyait à ses                   soeurs, avait &#8220;des postes à l&#8217;abri des bombes&#8221;. Il charroyait                   des munitions, participait à des corvées de nettoyage de chariots                   et de chevaux, et il transportait des rations.</p>
<p>Ensuite, alors qu&#8217;un temps hivernal terrible prenait prise                   du secteur, toutes les permissions furent annulées et Sifton                   apprit que son régiment allait passer à l&#8217;attaque dans le cadre                   de l&#8217;offensive de Pâques. Bien qu&#8217;il ne puisse pas donner cette                   information sensible à ses soeurs dans les lettres qu&#8217;il leur écrivait,                   il leur fit part de ses sentiments à propos de l&#8217;assaut à venir. &#8220;J&#8217;espère                   que j&#8217;aurai le courage au bon moment, si le sort veut que je                   regarde la mort en face&#8221;, écrivait-il. &#8220;Ne vous inquiétez pas                   si vous ne recevez pas de nouvelles, car ce n&#8217;est pas toujours                   commode d&#8217;écrire [&#8230;].&#8221;</p>
<p>Et il ajoutait &#8220;P.s. J&#8217;ai été promu au grade de sergent.&#8221;</p>
<p>À l&#8217;heure zéro, soit 5 h 30, Sifton regardait ses camarades                   de la 4e Brigade s&#8217;élancer de leurs tranchées et s&#8217;avancer                   en suivant un barrage traînard, un rideau d&#8217;obus qui explosaient,                   et qui s&#8217;avançait juste devant l&#8217;infanterie canadienne, permettant                   aux attaquants d&#8217;atteindre les défenseurs avant qu&#8217;ils n&#8217;aient                   l&#8217;occasion de réagir. En allant vers leur objectif, le village                   des Tilleuls, les régiments qui flanquaient celui de Sifton                   ont affronté une résistance qui se corsait. Les mitrailleurs                   allemands avaient fait ralentir le progrès des Canadiens au                   bout de 90 minutes après le début de l&#8217;offensive. Son bataillon,                   le 18e, se joignit à l&#8217;attaque et perdit plusieurs de ses officiers                   et de ses hommes à cause des armes allemandes bien situées.                   Sifton se sentit obligé d&#8217;agir et entre les rafales des mitrailleuses,                   il courut en avant jusqu&#8217;à un nid ennemi.</p>
<p>Il est écrit dans des journaux de guerre que Sifton &#8220;localisa                   l&#8217;arme, l&#8217;attaqua tout seul et en tua l&#8217;équipe au complet.                   Un petit groupe d&#8217;ennemis s&#8217;avançait le long de la tranchée,                   mais il réussit à les repousser jusqu&#8217;à ce que (des troupes                   canadiennes) le rejoignent.&#8221;</p>
<p>Durant les derniers moments où ils prenaient le nid de la                   mitrailleuse, les attaquants canadiens négligèrent un Allemand                   mourant qui ramassa un fusil qui avait été jeté, mit Sifton                   en joue et le tua d&#8217;un seul coup de feu. Le fermier de Wallacetown,                   qui avait eu peur de vaciller au moment crucial dans son baptême                   du feu, avait trouvé le courage de regarder la mort en face.                   La citation et la Croix de Victoria posthume applaudissent &#8220;sa                   bravoure exceptionnelle (qui a) indubitablement sauvé bien                   des vies et contribué en grande partie au succès de l&#8217;opération&#8221;.                   Au bout d&#8217;une heure, les troupes canadiennes avaient atteint                   et libéré les Tilleuls, à mi-chemin en direction de l&#8217;objectif                   de la 2e Division le premier jour.</p>
<p>L&#8217;héroïsme à la bataille de la crête de Vimy prit différentes                   formes. Et pas toujours au milieu des combats qui avaient lieu                   au front. Durant la fin de l&#8217;après-midi du 9 avril, la nouvelle                   de l&#8217;avance extraordinaire des Canadiens au front de 14 kilomètres à Vimy                   atteignait la côte française. Une fois de plus, se préparant                   au pire, le quartier général allié avait avertit les autorités                   médicales à l&#8217;Hôpital général no 1, à Étaples, de préparer                   65 ambulances motorisées pour recevoir les blessés canadiens                   aux voies d&#8217;évitement locales cette nuit-là. Quand elle fut                   avertie, la chauffeuse d&#8217;ambulance Grace MacPherson sut que                   son quart normal de 12 heures au travail et 12 heures de repos était                   improbable. Elle se prépara pour ce qui serait peut-être 60                   heures sans sommeil, à aller chercher des blessés à la gare                   d&#8217;Étaples pour les transporter aux hôpitaux militaires d&#8217;Étaples                   où 50 000 lits les attendaient.</p>
<p>La femme impulsive de Vancouver, âgée de 19 ans, savait depuis                   le tout début de la guerre qu&#8217;elle allait servir son pays.                   MacPherson était si décidée que lorsque ni la Croix-Rouge d&#8217;Ottawa                   ni la britannique ne semblaient vouloir l&#8217;assister dans son                   désir de servir le Corps expéditionnaire canadien, elle paya                   son passage transatlantique elle-même. Ensuite, elle défia                   les généraux, y compris le commandant Sam Hughes du Corps expéditionnaire                   canadien qui interdisait aux femmes de servir près du front,                   et obtint un travail en tant que chauffeuse d&#8217;ambulance près                   de la côte française. Bien entendu, le travail exigeait plus                   que la simple conduite d&#8217;ambulance; MacPherson maintenait son                   moteur, changeait les pneus crevés et prenait soin du compartiment à quatre                   brancards afin qu&#8217;il soit toujours plein et propre.</p>
<p>À partir de l&#8217;après-midi du 9 avril, MacPherson travailla                   nuit et jour. Le voyage de la voie ferrée d&#8217;Étaples jusqu&#8217;à l&#8217;hôpital était                   de moins d&#8217;un mille, mais les conditions hivernales de la côte                   française, en ce lundi de Pâques, rendaient la route glissante                   et sournoise. Elle se souvient d&#8217;avoir fait une douzaine de                   voyages durant ce quart-là, allant à des vitesses de quatre                   et même cinq milles à l&#8217;heure. &#8220;C&#8217;était la première fois que                   des troupiers, les blessés, avaient été envoyés directement                   des tranchées. Il y en avait tant que les postes d&#8217;évacuation                   sanitaire n&#8217;avaient pas le nécessaire pour s&#8217;en occuper. Alors                   ils étaient envoyés directement à Étaples. Et c&#8217;était un groupe à l&#8217;air                   déplorable.&#8221;</p>
<p>Toutefois, elle ne permit ni à la vue des blessures horribles                   ni aux cris de douleur de la décourager. Si un souffrant en                   arrière de l&#8217;ambulance lançait des plaintes, MacPherson répondait                   : &#8220;Ça suffit comme ça! Les gens qui geignent comme ça ne sont                   pas admis dans mon ambulance.&#8221; Ou s&#8217;il se plaignait de sa malchance,                   elle essayait de le distraire en disant : &#8220;Regardez, je me                   suis écrasé le pouce.&#8221; Elle refusait de prendre le risque d&#8217;investir                   ses émotions dans ses passagers. Et pourtant elle leur promettait                   : &#8220;vous allez avoir la meilleure ballade de votre vie.&#8221;</p>
<p>Au moment où elle terminait son premier voyage jusqu&#8217;à l&#8217;Hôpital                   général no 1 ce jour-là, les troupes canadiennes avaient un                   bon pied sur la crête de Vimy. Au milieu de l&#8217;après-midi du                   9 avril, des unités des 1re et 2e divisions d&#8217;infanterie avaient                   atteint le sommet qui surplombait la plaine de Douai, le territoire                   que les Allemands avaient occupé pendant presque deux ans.                   Pour les vétérans de l&#8217;infanterie canadienne, regarder l&#8217;ennemi                   qui battait en retraite était grandement satisfaisant &#8220;lui                   rendant sans compter ce qu&#8217;il nous avait donné à Ypres, à Wytschaete                   et à la Somme&#8221;.</p>
<p>Philpott, prenant la place d&#8217;un observateur de batterie avancé blessé,                   prenait note de ses pensées peu après 14 h cet après-midi-là. &#8220;J&#8217;ai                   atteint le sommet de la crête de Vimy&#8221;, écrivait-il. &#8220;Je ne                   sais pas ce qui m&#8217;y a fait pensé mais &#8216;les enfants d&#8217;Israël                   regardant la terre promise (me vint à l&#8217;esprit). Ici, à perte                   de vue, mille après mille [&#8230;] ici se trouvait l&#8217;armée allemande                   qu&#8217;on a clairement battue. On pouvait les voir qui allaient                   de-ci de-là. C&#8217;était une scène pleine de confusion.&#8221;</p>
<p>Un autre observateur avancé jurait qu&#8217;il avait attendu ce                   moment-là pendant des années, mais son équipe ne pouvait pas                   monter les canons jusqu&#8217;en haut de la crête assez vite pour                   pouvoir se venger des Allemands qui battaient en retraite.</p>
<p>Bien entendu, la presse prit note de l&#8217;accomplissement de                   l&#8217;armée des citoyens du Canada. Le correspondant de guerre                   britannique Philip Gibbs appelait l&#8217;escalade canadienne de                   Vimy &#8220;la plus importante victoire que nous ayons obtenu durant                   cette guerre&#8221;, alors que le reporter canadien Stewart Lyon écrivait &#8220;c&#8217;était                   une occasion noble et les Canadiens se sont noblement montrés à la                   hauteur&#8221;. Les Américains, qui n&#8217;étaient entrés en guerre que                   trois jours auparavant, disaient que &#8220;le 9 avril 1917 sera                   inscrit dans l&#8217;histoire du Canada comme un des grands jours,                   un jour de gloire qui inspirera ses fils pendant des générations à venir&#8221;.</p>
<p>L&#8217;allégresse de la victoire était modérée parmi les troupes                   de la Compagnie C du 18e Bataillon. Les camarades d&#8217;Ellis Sifton                   transportèrent son corps à l&#8217;endroit d&#8217;où ils s&#8217;étaient lancés à l&#8217;attaque                   ce jour-là et ils l&#8217;enterrèrent dans un cimetière de fortune,                   dans le cratère de bombe de Litchfield.</p>
<p>Le commis médical Will Antliff ne prit pas de repos tant que                   le dernier des blessés dans le secteur de la 9e Ambulance de                   campagne n&#8217;eut obtenu de soins médicaux. Curieusement, une                   impression fut gravée dans sa mémoire alors que ses compagnons                   brancardiers et lui traversaient le territoire nouvellement                   libéré par les Canadiens. &#8220;En montant, nous empruntions la                   route plutôt que la tranchée&#8221;, écrivait Antliff, &#8220;ce qui aurait été complètement                   fou une semaine auparavant. Des hommes marchaient partout en                   surface. Ça avait vraiment l&#8217;air étrange [&#8230;]. Nous sommes finalement                   arrivés à destination, quelque part le long de l&#8217;ancien front                   des Frisés. Lorsque nous sommes arrivés, on lançait des fusées étoiles                   mais, à part quelques mitrailleuses au loin, la nuit était                   soudainement tranquille.&#8221;</p>
<p>Comme il avait déduit la victoire en comptant les victimes                   allemandes, l&#8217;infirmier canadien profitait alors d&#8217;un des avantages                   revenant de droit aux vainqueurs : la liberté de se tenir debout                   dans le no man&#8217;s land.</p>
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