<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>La revue Légion &#187; Articles principaux</title>
	<atom:link href="http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/category/articles-principaux/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.legionmagazine.com/fr</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Tue, 03 Jan 2012 15:30:57 +0000</lastBuildDate>
	<generator>http://wordpress.org/?v=2.8.2</generator>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
			<item>
		<title>1812: La guerre qui a sauvé le Canada</title>
		<link>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2012/01/1812-la-guerre-qui-a-sauve-le-canada/</link>
		<comments>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2012/01/1812-la-guerre-qui-a-sauve-le-canada/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 02 Jan 2012 04:01:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.legionmagazine.com/fr/?p=1336</guid>
		<description><![CDATA[À l’automne dernier, le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, a annoncé que le gouvernement fédéral investirait des millions de dollars pour célébrer le 200e anniversaire de la guerre de 1812. Cette célébration, a-t-il déclaré, est une occasion pour tous les Canadiens de raviver la fierté que leur inspire leur histoire et de participer « aux activités qui seront organisées dans le cadre de cet anniversaire important pour le Canada ». Toutefois, étant donné la disparition progressive de l’histoire dans les programmes scolaires au cours des dernières décennies,  beaucoup de Canadiens, surtout parmi les plus jeunes, n’ont que des idées floues au sujet de cette guerre, de ses causes, de son cours et de ses résultats. Une révision de ce conflit « oublié » peut donc être utile à ceux qui voudraient se préparer aux commémorations à venir.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Donald E. Graves</strong></p>
<p><strong>À l’automne dernier, le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, a annoncé que le gouvernement fédéral investirait des millions de dollars pour célébrer le 200e anniversaire de la guerre de 1812. Cette célébration, a-t-il déclaré, est une occasion pour tous les Canadiens de raviver la fierté que leur inspire leur histoire et de participer « aux activités qui seront organisées dans le cadre de cet anniversaire important pour le Canada ». Toutefois, étant donné la disparition progressive de l’histoire dans les programmes scolaires au cours des dernières décennies,  beaucoup de Canadiens, surtout parmi les plus jeunes, n’ont que des idées floues au sujet de cette guerre, de ses causes, de son cours et de ses résultats. Une révision de ce conflit « oublié » peut donc être utile à ceux qui voudraient se préparer aux commémorations à venir.</strong></p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1367" title="Des navires britanniques se préparent à combattre dans Ennemi en vue de Peter Rindlisbacher. [ILLUSTRATION : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE, COLLECTION BEAVERBROOK 19910086-001]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/01/1812Inset42.jpg" alt="Des navires britanniques se préparent à combattre dans Ennemi en vue de Peter Rindlisbacher. [ILLUSTRATION : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE, COLLECTION BEAVERBROOK 19910086-001]" width="515" height="361" />
<div class="credit">ILLUSTRATION : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE, COLLECTION BEAVERBROOK 19910086-001</div>
<div class="caption">Des navires britanniques se préparent à combattre dans Ennemi en vue de Peter Rindlisbacher. </div>
</div>
<p>À l’automne dernier, le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, a annoncé que le gouvernement fédéral investirait des millions de dollars pour célébrer le 200e anniversaire de la guerre de 1812. Cette célébration, a-t-il déclaré, est une occasion pour tous les Canadiens de raviver la fierté que leur inspire leur histoire et de participer « aux activités qui seront organisées dans le cadre de cet anniversaire important pour le Canada ». Toutefois, étant donné la disparition progressive de l’histoire dans les programmes scolaires au cours des dernières décennies,  beaucoup de Canadiens, surtout parmi les plus jeunes, n’ont que des idées floues au sujet de cette guerre, de ses causes, de son cours et de ses résultats. Une révision de ce conflit « oublié » peut donc être utile à ceux qui voudraient se préparer aux commémorations à venir.</p>
<p>Les origines de la guerre de 1812 se trouvent dans le conflit plus grand qui opposait la France révolutionnaire impériale à l’Angleterre depuis 1793. Après la victoire navale de Nelson à Trafalgar, en octobre 1805, les Français avaient pratiquement disparu des mers, et Napoléon Bonaparte, l’empereur des Français, s’était tourné vers la guerre économique, interdisant aux navires qui faisaient du commerce avec la Grande-Bretagne d’en faire avec la France, ses alliés et les territoires qu’elle avait conquis. La Grande-Bretagne avait réagi en promulguant une loi interdisant aux navires qui faisaient du commerce avec la France d’en faire avec la Grande-Bretagne. Les États-Unis, qui avaient une grande marine marchande, se sont trouvés entre deux feux dans cette guerre par décrets. La frustration américaine s’est accrue quand la Marine royale, ayant désespérément besoin de main-d’œuvre, s’est mise à aborder les navires américains pour enrôler les marins britanniques qui s’y trouvaient. De nombreux Américains innocents ont conséquemment été forcés de devenir marins du roi.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1371" title="Tecumseh. [ILLUSTRATION : BIBLIOTHÈQUE PUBLIQUE DE TORONTO—JRR3358]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/01/1812Inset2.jpg" alt="Tecumseh. [ILLUSTRATION : BIBLIOTHÈQUE PUBLIQUE DE TORONTO—JRR3358]" width="515" height="713" />
<div class="credit">ILLUSTRATION : BIBLIOTHÈQUE PUBLIQUE DE TORONTO—JRR3358</div>
<div class="caption">Tecumseh. </div>
</div>
<p>Les troubles civils à la frontière du nord-ouest menacée par la confédération autochtone dirigée par le chef Shawnee cha-rismatique Tecumseh étaient aussi cause d’irritation entre la Grande-Bretagne et les États-Unis. De nombreux Américains croyaient que la Grande-Bretagne était responsable des pro-blèmes qui y surgissaient et, au printemps 1812, les États-Unis se préparaient au combat. La Grande-Bretagne offrait d’abroger les décrets maritimes qui nuisaient au commerce maritime américain, mais il était trop tard. Le président James Madison déclara la guerre à la Grande-Bretagne le 18 juin en lançant le cri de ralliement de Free Trade and Sailors Rights! (libre-échange et droits des marins, n.d.t.).</p>
<p>Les dirigeants américains étaient surs d’eux. L’ancien président Thomas Jefferson faisait remarquer que l’acquisition du Canada jusqu’aux environs de Montréal « ne serait qu’une question d’y défiler ». Mais le gouvernement de Madison avait négligé des problèmes majeurs en précipitant la guerre. Étant donné la puissance de la Marine royale, la guerre contre la Grande-Bretagne devait être une guerre terrestre et l’objectif, en être les colonies britanniques de l’Amérique du Nord, qu’on appelait déjà communément le Canada. En théorie, la victoire était assurée, car la population des États-Unis était de 10 fois supérieure à celle de l’Amérique du Nord britannique. Cependant, en cette ère de communication primitive, il allait falloir des efforts logistiques énormes pour approvisionner les armées lancées à l’attaque du Canada. Et, pire encore, la plus grande partie de l’armée américaine régulière était déployée en Louisiane où elle est restée durant toute la guerre. Conséquemment, les États-Unis ont essayé de faire campagne dans un théâtre de guerre éloigné difficile en utilisant des soldats mal entrainés et approvisionnés qui étaient commandés par des reliques de la guerre révolutionnaire.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1373" title="Le Commodore de la U.S. Navy, Oliver Hazard Perry, et un bateau plein de survivants de la bataille du lac Érié. [ILLUSTRATION : LIBRARY OF CONGRESS—LC-USZC4-6893]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/01/1812Inset1.jpg" alt="Le Commodore de la U.S. Navy, Oliver Hazard Perry, et un bateau plein de survivants de la bataille du lac Érié. [ILLUSTRATION : LIBRARY OF CONGRESS—LC-USZC4-6893]" width="515" height="387" />
<div class="credit">ILLUSTRATION : LIBRARY OF CONGRESS—LC-USZC4-6893</div>
<div class="caption">Le Commodore de la U.S. Navy, Oliver Hazard Perry, et un bateau plein de survivants de la bataille du lac Érié. </div>
</div>
<p>L’Amérique du Nord britannique, ironiquement, était mieux préparée à la guerre que ses voisins et, le plus important, elle était défendue par des soldats et des marins professionnels. S’il y a une leçon que les Canadiens d’aujourd’hui devraient tirer de la guerre de 1812, c’est que proclamer sa souveraineté ne suffit pas : il faut être prêt à la défendre, et il faut des forces armées professionnelles pour ce faire. La direction britannique était compétente et il y avait presque autant de soldats régu-liers au Canada que dans l’armée états-unienne. Le général sir George Prevost, gouverneur-général et commandant en chef, n’avait pas l’intention d’abandonner de territoire facilement, et il se proposait de défendre férocement Montréal et les territoires de l’est. Son subalterne dans le Haut-Canada (l’Ontario d’aujourd’hui), le général Isaac Brock, privilégiait une stratégie plus agressive et, ayant obtenu l’accord de Prevost, a entrepris de la mettre sur pied peu après le début de la guerre.</p>
<p>En juillet 1812, le général américain William Hull a entamé une invasion du Haut-Canada plutôt timide en traversant la rivière Détroit. Tout en se préparant à réagir à cette poussée, Brock a frappé dans la partie supérieure des Grands Lacs. Il a envoyé une petite force britannique traverser le lac Huron qui a obligé le poste américain de l’ile Mackinac à se rendre, un succès qui a convaincu bon nombre des nations autochtones qui étaient encore neutres de se ranger du côté des Britanniques. Hull s’est replié peu après jusqu’à Détroit et Brock, qui avait amené sans perdre de temps tous les réguliers, miliciens et guerriers qu’il avait pu rassembler, s’est préparé à attaquer. S’il pouvait le faire, c’est qu’au début de la guerre, la Grande-Bretagne était la seule qui possédait une marine sur les Grands Lacs, ce qui lui donnait l’avantage de la mobilité, et Brock a su bien s’en servir. Il a sommé Hull de livrer Détroit, un bluff, et, à la stupéfaction de Brock, le général américain s’est rendu le 16 aout : il abandonnait Détroit et le territoire du Michigan à une force britannique et canadienne de moitié inférieure à la sienne. La victoire de Brock, le premier grand succès de la guerre, a fait beaucoup pour encourager les gens du Haut-Canada qui n’étaient pas surs que leur province demeurerait territoire britannique.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1375" title="La veste d’officier que portait Brock quand il a été atteint à mort aux hauteurs de Queenston. [PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE—19670070-009]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/01/1812Inset5.jpg" alt="La veste d’officier que portait Brock quand il a été atteint à mort aux hauteurs de Queenston. [PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE—19670070-009]" width="515" height="773" />
<div class="credit">PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE—19670070-009</div>
<div class="caption">La veste d’officier que portait Brock quand il a été atteint à mort aux hauteurs de Queenston. </div>
</div>
<p>Les premières victoires sur terre ont malheureusement été contrebalancées par des revers en mer. Durant les années sui-vant Trafalgar, la Marine royale était devenue trop sure d’elle, convaincue qu’elle pouvait triompher de n’importe quel adversaire. Les marins britanniques ne s’étaient pas aperçus que la U.S. Navy, bien que très petite, avait d’excellents marins et navires de guerre. En conséquence, les bateaux américains ont remporté un grand nombre d’affrontements singuliers. Pendant les six premiers mois de la guerre, le USS Constitution a capturé les frégates britanniques Guerrière et Java; l’aviso américain Wasp a battu son semblable HMS Frolic; la frégate United States a remporté le combat avec la frégate britannique Macedonian; et le brick USS Hornet a capturé le brick britannique Peacock. La Grande-Bretagne n’avait pas subi autant de pertes en mer depuis plus d’un siècle, ce qui contribua grandement à remonter le moral des États-Unis, qui avait été sapé par les échecs sur terre.</p>
<p>L’ennemi a tenté à nouveau une invasion à l’automne 1812. La nuit du 12 octobre, une petite armée américaine de réguliers et de miliciens traversait la Niagara et s’emparait du village de Queenston. Brock, qui se trouvait à Fort George, près de Newark (l’actuelle Niagara-on-the-Lake) a alors pris le chemin de Queenston avec tous les soldats qu’il avait sous la main. Sachant que le terrain élevé derrière le village était la clé de la position américaine, il a pris la tête de l’assaut, et y a trouvé la mort. Les Britanniques et les Canadiens se sont repliés et, en attendant les renforts, un détachement de guerriers autochtones des nations de la rivière Grand, commandé par le Mohawk John Norton, surnommé « the Snipe » (la bécassine, n.d.t.), déroutait l’ennemi. Norton s’est souvenu par la suite que ses hommes « répondaient au Feu de l’Ennemi avec calme et esprit », et que bien que les Américains « faisaient certainement énormément de bruit », ce sont les guerriers qui « faisaient le plus d’Exécution » et l’ennemi a été repoussé. D’autres troupes régulières sont arrivées qui ont refoulé les envahisseurs jusqu’au bord de la Niagara et les ont encerclés pour qu’ils ne puissent pas s’échapper. Comprenant que tout était perdu, le commandant ennemi a mis bas les armes et plus de 900 Américains ont été faits prisonniers.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1377" title="Un tambour des Nova Scotia Fencibles utilisé pendant la guerre de 1812. [PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE—19390005-009]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/01/1812Inset9.jpg" alt="Un tambour des Nova Scotia Fencibles utilisé pendant la guerre de 1812. [PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE—19390005-009]" width="515" height="567" />
<div class="credit">PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE—19390005-009</div>
<div class="caption">Un tambour des Nova Scotia Fencibles utilisé pendant la guerre de 1812. </div>
</div>
<p>La victoire aux hauteurs de Queenston a eu des effets cruciaux sur l’Amérique du Nord britannique, et le moral était bon quand les opérations militaires ont pris fin à l’arrivée de l’hiver. Deux invasions majeures avaient été repoussées, et l’on était sûr que la guerre aboutirait à la victoire. Mais le succès aux hauteurs de Queenston avait couté cher car, comme l’écrivait Norton, la douleur « occasionnée par la perte de Brock a assombri ce qui aurait été un sentiment de victoire grisant ».</p>
<p>L’optimisme des Canadiens a disparu au printemps. Un programme intensif de construction durant l’hiver avait donné aux États-Unis la supériorité navale sur le lac Ontario et l’ennemi en a vite profité. À la fin avril 1813, les navires américains transportaient une armée près de York (Toronto d’aujourd’hui), la capitale du Haut-Canada. Les envahisseurs ayant chassé devant eux la force britannique, canadienne et autochtone bien inférieure, le feu a été mis au magasin de munitions de la ville quand ils ont atteint les approches de York afin de les empêcher de s’emparer de son contenu. Un garçon qui a été témoin de l’explosion s’est souvenu par la suite qu’il avait « entendu l’explosion et ressenti comme un tremblement de terre, et en regardant vers l’endroit, vu un nuage immense monter en l’air : une grande masse indistincte de fumée, de poutres, d’hommes, de terre [qui ressemblait à] un énorme ballon ». Pendant les quelques jours que l’ennemi a occupé York, évacuée par les défenseurs, il a accidentellement incendié les édifices du Parlement provincial.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1380" title="Cette peinture de Lorne K. Smith représente la réunion de juin 1813 entre Laura Secord et le lieutenant James FitzGibbon. [ILLUSTRATION : LORNE K. SMITH, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA—C-011053]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/01/1812Inset10.jpg" alt="Cette peinture de Lorne K. Smith représente la réunion de juin 1813 entre Laura Secord et le lieutenant James FitzGibbon. [ILLUSTRATION : LORNE K. SMITH, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA—C-011053]" width="515" height="376" />
<div class="credit">ILLUSTRATION : LORNE K. SMITH, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA—C-011053</div>
<div class="caption">Cette peinture de Lorne K. Smith représente la réunion de juin 1813 entre Laura Secord et le lieutenant James FitzGibbon. </div>
</div>
<p>Il s’agissait du début d’une nouvelle offensive américaine contre l’Amérique du Nord britannique. Une force d’envahisseurs a traversé la Niagara et capturé Fort George le 27 mai 1813. Les troupes britanniques et canadiennes, bien moins nombreuses, se sont repliées jusqu’à la région de la ville actuelle de Hamilton, poursuivies par une force américaine commandée par les généraux John Chandler et William Winder. Cette dernière a été attaquée à Stoney Creek, à l’aube du 6 juin 1813, par une force britannique plus petite et, bien que les Américains aient réussi à la repousser lors d’une bataille nocturne, dans le désordre, Chandler et Winder avaient été faits prisonniers. Les envahisseurs se sont alors repliés et, quelques semaines après, une autre force ennemie a été envoyée pour s’emparer des provisions qu’on savait se trouver chez John DeCew, près de ce qui est aujourd’hui St. Catherines, en Ontario. Cette expédition aussi s’est soldée par un échec, car le 24 juin, prévenue par une maitresse de maison du nom de Laura Secord, une force de guerriers a encerclé les Américains à ce qu’on appelle depuis la bataille de Beaver Dams et les a obligés à se rendre. Après cela, les envahisseurs n’ont plus quitté leurs lignes à Fort George en force et la guerre à la Niagara était dans l’impasse.</p>
<p>Ce même dimanche-là, le 6 juin 1813, jour de la défaite américaine de Stoney Creek, a aussi été le jour d’un évènement glorieux à Halifax. Le service du soir à l’église St. Paul y a été interrompu quand quelqu’un a annoncé la nouvelle excitante qu’un navire de guerre britannique amenait au port une frégate américaine capturée. « L’effet a été électrisant », s’est souvenu plus tard un témoin occulaire et, en quelques minutes, la congrégation avait abandonné le culte pour courir le long de la rue George jusqu’aux quais, voir la frégate britannique HMS Shannon et sa prise de guerre, la frégate USS Chesapeake, qui arrivaient lentement au chantier naval. Le même témoin s’est rappelé que « les toits et les quais étaient tous bondés de gens excités » qui rece-vaient les arrivants « en les acclamant à tue-tête » et qu’Halifax, croyait-il, « n’a jamais été si excitée ni avant ni après ». Le triomphe du Shannon contre le Chesapeake, à l’occasion d’une bataille livrée le 1er juin au large de Boston, mettait fin à la série de victoires singulières américaines contre la Marine royale.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1382" title="Le chef Oshawana était le premier guerrier de Tecumseh à la bataille de la rivière Thames. [PHOTO : BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA—C-008543]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/01/1812Inset11.jpg" alt="Le chef Oshawana était le premier guerrier de Tecumseh à la bataille de la rivière Thames. [PHOTO : BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA—C-008543]" width="515" height="764" />
<div class="credit">PHOTO : BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA—C-008543</div>
<div class="caption">Le chef Oshawana était le premier guerrier de Tecumseh à la bataille de la rivière Thames. </div>
</div>
<p>Cette Marine a alors commencé à exercer sa puissance supérieure en imposant un blocus de la côte des États-Unis. Les corsaires qui s’abritaient dans les ports des provinces maritimes assistaient les marins du roi. La goélette Liverpool Packet, qui s’est emparée de 50 prises évaluées à près de 1 000 000 $ de 1813 avant d’être capturée elle-même, était la plus efficace de ces corsaires. Les autres corsaires remarquables, comme le brick Sir John Sherbrooke et la goélette Retaliation qui se sont emparés de moins de prises, ont aussi pris part à la déprédation du commerce côtier américain, à la perturbation de la communication et, inévitablement, à la hausse du prix de toutes sortes de biens.</p>
<p>À l’ouest, la guerre s’est ravivée à l’automne 1813. La bataille navale du lac Érié, menée le 10 septembre, s’est terminée par la capture de tout l’escadron britannique de ce plan d’eau. Le général britannique Henry Procter, ayant décidé qu’il ne pouvait plus maintenir sa position sur la rivière Détroit, a donné l’ordre à son armée de se replier vers l’est. Son allié autochtone, Tecumseh, a dit de Procter que c’était « un gros animal qui porte la queue sur son dos [...], mais qui la place entre ses pattes pour s’enfuir quand il a peur ». Le repli a quand même été entrepris et Tecumseh a bien été obligé d’accompagner les Britanniques et les Canadiens avec ses guerriers et leur famille. Malheureusement, le 5 octobre, une force américaine supérieure en nombre a rattrapé l’armée alliée à la rivière Thames, près de l’endroit où se situe aujourd’hui la ville de London (Ont.), et l’a dispersée. Tecumseh a été tué à la tête de ses hommes, mais ses partisans ont réussi à emporter son corps en secret et l’ont enterré. Le désastre sur la Thames signifiait néanmoins la fin des ambitions britanniques en Amérique du Nord-Ouest.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1384" title="Une plaque de shako de l’armée états-unienne. [PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE—19770094]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/01/1812Inset7.jpg" alt="Une plaque de shako de l’armée états-unienne. [PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE—19770094]" width="515" height="532" />
<div class="credit">PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE—19770094</div>
<div class="caption">Une plaque de shako de l’armée états-unienne. </div>
</div>
<p>À peu près au même moment, le secrétaire de la guerre des États-Unis, John Armstrong, se rendait au nord pour ranimer l’effort militaire américain. Il avait planifié une offensive à deux volets contre Montréal avec une armée partant du lac Champlain et une autre force, encore plus grande, naviguant sur le Saint-Laurent à bord d’une armada de petits bateaux. Ces plans ont mal tourné, car l’armée du lac Champlain a été battue à la bataille de Châteauguay, à quelques milles au sud de Montréal, le 26 octobre, et elle est retournée rapidement de l’autre côté de la frontière. Il s’agissait d’une victoire remportée par des troupes entièrement francophones commandées par le lieutenant-colonel Charles de Salaberry.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1385" title="Plaque de laiton de ceintures croisées de soldats. [PHOTO : NIAGARA HISTORICAL SOCIETY &amp; MUSEUM]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/01/1812Inset12.jpg" alt="Plaque de laiton de ceintures croisées de soldats. [PHOTO : NIAGARA HISTORICAL SOCIETY &amp; MUSEUM]" width="515" height="612" />
<div class="credit">PHOTO : NIAGARA HISTORICAL SOCIETY &amp; MUSEUM</div>
<div class="caption">Plaque de laiton de ceintures croisées de soldats. </div>
</div>
<p>Le volet de l’offensive américaine arrivant par voie nautique a été vaincu par une force britannique et canadienne qui l’avait prise en filature sur le fleuve Saint-Laurent. L’ennemi, agacé par cet essaim qui lui marchait sur les talons, a fait demi-tour et il est passé à l’attaque le 11 novembre 1813, jour gris et pluvieux. Les troupes britanniques et canadiennes ont été déployées sur un bon terrain défensif près de la ferme de John Crysler, mais l’approche d’une force américaine bien plus nombreuse causait de l’appréhension dans les rangs. Le lieutenant John Sewell de Québec s’est souvenu par la suite qu’un de ses hommes s’était exclamé : « Il y en a trop, on va se faire massacrer ». Sewell lui a répondu froidement qu’il valait mieux pour lui de mourir « en faisant [son] devoir que d’être tué pour mutinerie », mais, en fait, après plus de deux heures de combats couteux, les Américains se sont avoués vaincus et se sont repliés vers leur propre territoire, mettant ainsi fin à l’offensive américaine la plus grande et la plus grave contre l’Amérique du Nord britannique.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1386" title="Le « 49 » sur la plaque ovale indique le 49th  Regiment of Foot. [PHOTO : NIAGARA HISTORICAL SOCIETY &amp; MUSEUM]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/01/1812Inset13.jpg" alt="Le « 49 » sur la plaque ovale indique le 49th  Regiment of Foot. [PHOTO : NIAGARA HISTORICAL SOCIETY &amp; MUSEUM]" width="515" height="653" />
<div class="credit">PHOTO : NIAGARA HISTORICAL SOCIETY &amp; MUSEUM</div>
<div class="caption">Le « 49 » sur la plaque ovale indique le 49th  Regiment of Foot. </div>
</div>
<p>Quand la saison de campagne de 1814 a commencé, on avait des raisons d’être optimiste en Amérique du Nord britannique. En avril, la Grande-Bretagne et ses alliés ont envoyé Bonaparte en exil, qu’ils avaient réussi à détrôner. « Je crois vraiment que le déclin rapide de leur allié, Napoléon, disait un Canadien à propos des Américains, va les faire déchanter. » Les renforts britanniques se sont mis à traverser l’Atlantique. Un régiment de cavalerie, 10 compagnies d’artillerie et 33 bataillons d’infanterie, c’est-à-dire à peu près 28 000 hommes en tout, ont fait la traversée. Les premiers sont arrivés à Québec à la fin du mois de juin et un journaliste de l’endroit prenait acte de : « La vue extraordinaire de plusieurs navires transportant des troupes britanniques [qui] avaient une belle apparence [malgré les] uniformes râpés qui les avaient couverts de tant de gloire [en France]. » Londres ordonna à Prevost de dresser immé-diatement les plans d’une offensive de l’autre côté de la frontière.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1388" title="Une peinture de John Christian Schetky représentant le HMS Shannon conduisant sa prise, le USS Chesapeake au port d’Halifax en juin 1813. [ILLUSTRATION : JOHN CHRISTIAN SCHETKY, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA, COLLECTION W.H. CLOVERDALE—1970-188-1937]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/01/1812Inset14.jpg" alt="Une peinture de John Christian Schetky représentant le HMS Shannon conduisant sa prise, le USS Chesapeake au port d’Halifax en juin 1813. [ILLUSTRATION : JOHN CHRISTIAN SCHETKY, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA, COLLECTION W.H. CLOVERDALE—1970-188-1937]" width="515" height="366" />
<div class="credit">ILLUSTRATION : JOHN CHRISTIAN SCHETKY, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA, COLLECTION W.H. CLOVERDALE—1970-188-1937</div>
<div class="caption">Une peinture de John Christian Schetky représentant le HMS Shannon conduisant sa prise, le USS Chesapeake au port d’Halifax en juin 1813. </div>
</div>
<p>Cependant, les premières manœuvres ont été effectuées par les États-Unis. La nuit du 3 juillet, une force commandée par le général Jacob Brown traversait la Niagara près de Fort Erie et obligeait ce poste à se rendre à l’occasion de la campagne la plus longue et la plus rude de la guerre. À la différence des années précédentes, quand les soldats américains n’étaient évidemment pas prêts au combat, l’armée de Brown était bien entrainée et commandée par des officiers relativement jeunes qui ne manquaient pas d’expérience. La preuve que ces hommes savaient se battre a été faite deux jours après, à la bataille de Chippawa du 5 juillet, lorsque Brown a battu une armée britannique à découvert pour la première fois de la guerre; comme il s’en est vanté à Washington, la victoire avait été « obtenue sur une plaine ». Les officiers supérieurs britanniques étaient d’accord que la défaite était le résultat de « l’amélioration de la discipline et de l’expérience grandissante de l’ennemi ».</p>
<p>Le général Gordon Drummond, commandant britannique du Haut-Canada, a déménagé son quartier général à la péninsule du Niagara et renforcé les forces qui s’y trouvaient. Pendant ce temps, Brown s’est rendu au lac Ontario où il s’attendait à ce que l’escadron naval américain de ce plan d’eau se trouve prêt à l’approvisionner pour l’attaque de Fort George. Il n’y avait toutefois aucune voile amie, car la Marine royale avait établi une supériorité provisoire sur le lac et Brown, frustré, s’est replié à Chippawa pour se réapprovisionner. Il a été suivi par Drummond qui, ayant fait une reconnaissance du camp américain, a pris position sur une colline sablonneuse non loin des chutes, près d’un chemin de campagne en contrebas du nom de Lundy’s Lane. Ses soldats préparaient leur souper en début de soirée, le 25 juillet, quand l’ordre de prendre les armes a été donné parce que l’ennemi s’approchait. Quelques minutes après, les troupes américaines sont sorties d’un bois de marronniers, au sud, et la bataille la plus sanglante de la guerre a commencé.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1390" title="Un pistolet à pierre américain se chargeant par la bouche. [PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE—198102296-045BEAUTY]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/01/1812Inset15.jpg" alt="Un pistolet à pierre américain se chargeant par la bouche. [PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE—198102296-045BEAUTY]" width="515" height="201" />
<div class="credit">PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE—198102296-045BEAUTY</div>
<div class="caption">Un pistolet à pierre américain se chargeant par la bouche. </div>
</div>
<p>Elle a duré plus de cinq heures, jusqu’à la nuit, et, comme s’en est rappelé un des participants, c’était « une lutte acharnée indescriptible ». Les pertes ont été lourdes des deux côtés, y compris cinq des six généraux britanniques et américains qui ont été blessés vers la fin, et certaines unités ont été commandées par des sergents. À plusieurs moments, les armées se sont battues à la baïonnette et il y a souvent eu des cas d’erreur sur la personne dans l’obscurité où des soldats ont tiré sur leurs camarades. Quand les coups de feu se sont estompés, plus de 1 600 hommes avaient été tués ou blessés dans une zone d’à peu près deux terrains de football et, comme l’a remarqué un Américain, c’était « une scène que [il] espère ne jamais être vue par des êtres humains. Dieu merci, [il y a] survécu ». À la fin des combats, toutefois, l’armée de Brown avait de bonnes raisons de crier victoire, car elle avait pris la colline : le terrain élevé.</p>
<p>Cette victoire a cependant été gaspillée par un général su-balterne à qui Brown, blessé gravement, a remis le commandement. Il a ordonné un repli au Fort Erie où il a entrepris de construire un camp fortifié. Une semaine après, quand Drummond est arrivé devant le fort, il y a trouvé son ennemi dans une position bien retranchée et bien fournie en artillerie. Le général britannique a entamé un siège, mais il a été entravé par des problèmes d’approvisionnement, car l’escadron britannique du lac Ontario s’est retiré à Kingston parce que le commandant naval américain avait armé un nouveau grand navire de guerre. Les approvisionnements de Drummond devaient alors lui être apportés par voie terrestre et en peu de temps, la nourriture et les munitions lui ont manqué. Il a décidé de parier le tout en un seul coup et déclenché un assaut au cours de la nuit du 14 au 15 aout. Cela a été un désastre : les Britanniques et les Canadiens ont été repoussés en plusieurs endroits et la seule pénétration de la position ennemie à un bastion du fort de pierres a vite été terminée lors de l’explosion accidentelle d’une poudrière sous les pieds des attaquants. Des témoins se sont rappelés par la suite « une explosion terrible et un jet de flammes où se mêlaient des fragments de poutre, de terre et de corps qui sont montés à cent pieds dans les airs ». L’assaut a été un échec complet, et le cout en a été de plus de 900 morts et blessés.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1391" title="Un sabre de cavalerie légère britannique de 1796. [PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE—19760115-00166]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/01/1812Inset16.jpg" alt="Un sabre de cavalerie légère britannique de 1796. [PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE—19760115-00166]" width="515" height="196" />
<div class="credit">PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE—19760115-00166</div>
<div class="caption">Un sabre de cavalerie légère britannique de 1796. </div>
</div>
<p>Les armes britanniques ont eu davantage de succès ailleurs pendant cet été sanglant. En aout, le général John Coape Sherbrooke, lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse, a entrepris une expédition contre les ports côtiers du Maine et capturé Bangor, Castine et Machias. Les commandants britanniques ont perçu les droits de douane et la taxe d’accise sur les marchandises arrivant à terre durant leur possession de ces endroits et, après la guerre, 10 000 £ prélevées aux fonds ainsi obtenus ont servi à l’établissement de l’Université Dalhousie à Halifax. Plus au sud, une importante expédition est arrivée à la baie de Chesapeake afin d’y attirer des troupes américaines du théâtre septentrional. À la fin du mois d’aout, une petite armée britannique commandée par le général Robert Ross s’est dirigée vers Washington et a battu une force américaine supé-rieure en nombre à Bladensburg, près de la capitale états-unienne, de laquelle faisaient partie le président James Madison, le secrétaire de la guerre John Armstrong et le secrétaire d’État James Monroe. Il est possible que la présence de ces politiciens sur le champ de bataille soit attribuable à l’occupation de Washington par l’armée de Ross cette nuit-là. Au cours des quelques jours qui ont suivi, elle a incendié des établissements militaires et navals, les édifices de l’Assemblée législative et l’hôtel particulier du président qui ne s’appelait pas encore la Maison-Blanche et qui, selon les règles de la guerre telles qu’on les comprenait alors, étaient des cibles militaires légitimes.</p>
<p>Le succès à Washington a été suivi, le 12 septembre, par l’échec à Baltimore, quand Ross a été tué en faisant une reconnaissance des défenses de la ville. Baltimore étant trop puissamment défendue pour qu’ils l’attaquent directement, les Britanniques se sont contentés d’un bombardement naval de Fort McHenry, non loin de là, par l’artillerie et les fusées. Un jeune avocat américain, Francis Scott Key, ravi du flamboiement des canons et des explosions a rapidement écrit un poème, qu’il a adapté par la suite à la musique d’une vieille chanson à boire anglaise, commençant par Oh say can you see, by the dawn’s early light; comme c’est bien connu, c’est devenu par la suite l’hymne national des États-Unis. Malgré les feux d’artifice, l’attaque des Britanniques a été repoussée.</p>
<p>C’est au nord, sur le lac Champlain, qu’a eu lieu la plus grande offensive britannique de la guerre. Durant les premiers jours de septembre, une armée britannique et canadienne de plus de 10 000 hommes dirigée par Prevost s’est introduite dans le Nord de l’État de New York et s’est approchée de la base navale américaine de Plattsburgh. C’était une armée pleine de confiance : les musiques régimentaires jouaient Yankee Doodle comme insulte pendant que les troupes défilaient sur un pont près de la frontière, à Champlain (N. Y.). Prevost a facilement balayé les arrières-gardes de la milice et a atteint Plattsburgh le 6 septembre, puis il s’est installé en attendant l’escadron britannique du lac Champlain dont il avait besoin pour s’emparer de la base ennemie. La Marine royale est arrivée comme prévu, le 11 septembre, et a attaqué l’escadron américain qui gardait l’entrée du port de Plattsburgh. L’escadron britannique a été entièrement battu et capturé après une bataille où presque 250 hommes des deux côtés ont été tués ou blessés. Ne pouvant pas prendre Plattsburgh sans l’aide de la Marine, Prevost a décidé de retourner au Canada et la meilleure armée britannique jamais envoyée en Amérique du Nord, le moral bas, a fait demi-tour et s’est trainée vers le nord. Un officier britannique s’est souvenu par la suite que pendant que les longues colonnes se trainaient sur le pont à Champlain, un Américain a crié : « On dirait que vous ne jouez plus Yankee Doodle maintenant ». Certains des hommes de l’officier « auraient voulu le jeter [l’Américain] dans la rivière, mais ils ne l’ont pas fait ».</p>
<p>Pendant ce temps, au bord de la Niagara, le général Gordon Drummond avait continué de piétiner au siège de Fort Erie, mais le manque de nourriture et de munitions l’a obligé à ordonner le repli. Ses soldats se préparaient à le faire, le 17 septembre, quand les Américains ont jailli du fort et attaqué les batteries du siège. Ils ont fini par être repoussés, mais pas avant que plus de 1 000 hommes aient été perdus des deux côtés. Drummond s’est replié jusqu’à une bonne position défensive sur la rive nord de la Chippawa. Presque en même temps, ironie du sort, l’escadron britannique du lac Ontario reprenait la supériorité navale après avoir armé le navire de guerre St. Lawrence de plus de 100 canons, le plus grand bâtiment naviguant sur les Grands Lacs. Malheureusement, c’était un éléphant blanc très couteux qui n’a fait qu’un seul voyage avant de retourner à Kingston, où il est resté pendant le reste de sa courte carrière. La campagne s’est terminée au début du mois de novembre quand l’armée américaine du Niagara est retournée sur le sol américain. Il y a encore eu quelques escarmouches et actions mineures, mais la guerre était en grande partie terminée.</p>
<p>Les combats de l’été et de l’automne de 1814 avaient été suivis peu après par l’envoi de diplomates des deux nations à la ville hollandaise de Ghent pour négocier un accord de paix. Ils sont parvenus, après de longues négociations, à un accord basé sur le statuquo ante. Le traité a été signé à la veille de Noël 1814, mais la nouvelle n’a atteint l’Amérique du Nord qu’en janvier 1815, quand a eu lieu la dernière grande bataille, à La Nouvelle-Orléans, où il y a eu beaucoup de victimes avant que les Britanniques ne soient repoussés. Deux mois après, le Congrès des États-Unis ratifiait le traité de Ghent et la guerre était finie.</p>
<p>Quels ont donc été les résultats de ce conflit « oublié »? Il est facile de répondre à cette question. Si la Grande-Bretagne n’avait pas bien défendu ses colonies d’Amérique du Nord, le Canada n’existerait pas aujourd’hui. Cette guerre a été un moment déterminant de l’histoire canadienne au cours duquel ont été établies les fondations non seulement de la Confédération, mais aussi de la nation moderne que nous avons aujourd’hui, indépendante et libre, comprenant une monarchie constitutionnelle, un système parlementaire et le respect de la diversité linguistique et ethnique. Ce sont là certainement suffisamment de raisons non seulement de se souvenir de la guerre de 1812, mais de la commémorer.</p>
<img src="http://www.legionmagazine.com/fr/?ak_action=api_record_view&id=1336&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2012/01/1812-la-guerre-qui-a-sauve-le-canada/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Mouvement d’adieu</title>
		<link>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2012/01/mouvement-d%e2%80%99adieu/</link>
		<comments>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2012/01/mouvement-d%e2%80%99adieu/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 01 Jan 2012 04:01:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tom MacGregor</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.legionmagazine.com/fr/?p=1241</guid>
		<description><![CDATA[À un moment donné, Patty Braun a semblé perdre son calme à la Chapelle du Souvenir. Là, sur la Colline du Parlement, dans la Chapelle consacrée aux militaires décédés du Canada, elle regardait le Septième Livre du Souvenir où est inscrit le nom de son fils : Caporal Braun, David Robert William, 22 aout 2006, Princess Patricia’s Canadian Light Infantry.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="letter-spacing: -0.1px;"><strong>À un moment donné, Patty Braun a semblé perdre son calme à la Chapelle du Souvenir. Là, sur la Colline du Parlement, dans la Chapelle consacrée aux militaires décédés du Canada, elle regardait le Septième Livre du Souvenir où est inscrit le nom de son fils : Caporal Braun, David Robert William, 22 aout 2006, Princess Patricia’s Canadian Light Infantry.<br />
</strong></span><br />
<span style="letter-spacing: -0.1px;">Entourée de jeunes gens représentant la jeunesse du Canada et leur famille, elle contemplait le livre qu’elle n’avait vu qu’une seule fois auparavant, dans une exposition itinérante. Dans le Septième Livre du Souvenir, <em>Au Service du Canada</em>, sont inscrits les noms des membres des forces armées qui ont donné leur vie en service depuis octobre 1947, exception faite de ceux qui sont inscrits dans le <em>Livre du Souvenir de la guerre de Corée</em>.</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">Avant qu’elle ne quitte la Chapelle du Souvenir, la sergente Lyne Tremblay du Service de sécurité de la Chambre des communes lui a remis une copie encadrée de la page. « Savez-vous, les choses que je pensais qui allaient être dures sont faciles et celles que j’aurais cru faciles sont vraiment dures », dit la Mère de la Croix d’argent de 2011, qui était à Ottawa pour assister à la cérémonie du jour du Souvenir.</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.2px;">Elle allait y passer deux jours, accompagnée de sa fille Daina et portant la Croix du Souvenir, qui en est le nom officiel, pour visi-ter les édifices du Parlement et le Musée canadien de la guerre et déposer une couronne au Monument commémoratif de guerre du Canada de la part de toutes les mères qui ont perdu un fils ou une fille dans les Forces canadiennes et de leurs familles.</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">Braun, assistante en éducation à l’école Raymore de Raymore, en Saskatchewan, située à 115 kilomètres au nord de Regina, dit que son fils a toujours été passionné par l’armée et qu’il regardait souvent des films et des documentaires. Une fois, à l’occasion d’un voyage à Regina, elle l’avait déposé à un bureau de recrutement où les recrues les plus vieilles lui avaient dépeint une vie militaire plutôt dure. « À 17 ans, c’était un garçon fluet, se rappelle-t-elle. Je pense que ça lui a fait un peu peur. »</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1251" title="La mère de la Croix d’argent, Patty Braun, reçoit une page d’un Livre du Souvenir. [PHOTO : TOM MacGREGOR]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/01/NationalInset1.jpg" alt="La mère de la Croix d’argent, Patty Braun, reçoit une page d’un Livre du Souvenir. [PHOTO : TOM MacGREGOR]" width="515" height="475" />
<div class="credit">PHOTO : TOM MacGREGOR</div>
<div class="caption">La mère de la Croix d’argent, Patty Braun, reçoit une page d’un Livre du Souvenir. </div>
</div>
<p></span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">Après avoir reçu son diplôme d’études secondaires et travaillé quelques années à Watson, en Saskatchewan, le gout militaire de David s’est amplifié et il s’est enrôlé dans la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry. « David n’était pas du genre à afficher ses émotions, mais je pense que le jour qu’il en a montré le plus et le plus de fierté, c’est le jour où il m’a dit qu’il allait servir en Bosnie », dit-elle.</span></p>
<p>Le jeune caporal aimait les affectations à l’étranger. « Il lisait un livre sur la guerre du Péloponnèse (431-404 av. J.-C.) en revenant de la Bosnie. Avant ça, je n’étais jamais arrivé à lui faire lire un livre. Tout à coup, il aimait lire », dit-elle.</p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">Étant revenu d’une zone de service spécial, le soldat tenait à aller en Afghanistan. « Il devait être affecté au bataillon du poste de commandement, alors je pensais que ce ne serait pas trop dangereux », dit Braun, dont le mari, Blaine, est mort en 1994.</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">Le caporal Braun faisait partie d’un convoi de ravitaillement à une base d’opérations avancée quand une bombe humaine a attaqué. Un autre soldat et lui étaient dans la tourelle d’un VBL III. Le bombardier n’a pas frappé le VBL. Il s’en est seulement approché et a fait exploser la bombe.</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.2px;">La Mère de la Croix d’argent dit qu’aucune explication officielle ne lui a été donnée, mais qu’elle a ouï dire qu’un petit éclat a frappé son fils en dessous du casque et l’a tué instantanément. L’autre soldat n’a été blessé que légèrement. « Au début, je me demandais pourquoi ce n’était pas mon fils qui avait été blessé légèrement. Et puis j’ai réalisé que si ça avait été le cas, quelqu’un aurait quand même perdu un enfant. »</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.2px;">
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1254" title="Le ministre des Anciens combattants, Steven Blaney, et la présidente nationale Pat Varga. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/01/NationalInset2.jpg" alt="Le ministre des Anciens combattants, Steven Blaney, et la présidente nationale Pat Varga. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" width="515" height="507" />
<div class="credit">PHOTO : METROPOLIS STUDIO</div>
<div class="caption">Le ministre des Anciens combattants, Steven Blaney, et la présidente nationale Pat Varga. </div>
</div>
<p></span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">Le jour de l’attaque, s’en allant à Regina, elle a dépassé une fourgonnette bleue. « Je me demandais où elle allait. »</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">Dans la salle d’attente de son chiropraticien, Braun a remarqué qu’elle avait manqué un appel sur son téléphone mobile. « J’ai appelé ma fille et mes autres fils, mais aucun d’eux ne m’avait appelée. Ensuite, j’ai appelé ma mère.</span></p>
<p>« Quand ma mère a répondu, il n’y avait que du silence. Ensuite, il y a eu une voix à l’appareil : il était si contrit. Je pense que c’est à ce moment-là que j’ai perdu mes esprits et  je lui ai dit : “Soyez direct! Est-il mort?” »</p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">C’est par la suite qu’elle a réalisé que la fourgonnette qu’elle avait dépassée en chemin vers Regina transportait les soldats qui allaient lui apprendre la nouvelle. Ne l’ayant pas trouvée chez elle, ils s’étaient rendus, non loin, chez ses parents.</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">Braun a assisté à un diner au Château Laurier, un hôtel de Fairmont, offert par la présidente nationale de la Légion royale canadienne, Pat Varga. La Légion, organisation qui règle le service annuel devant le Monument commémoratif de guerre, désirait offrir sa reconnaissance aux participants des deux côtés, militaire et civil.</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1255" title="Les représentants de la jeunesse. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/01/NationalInset3.jpg" alt="Les représentants de la jeunesse. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" width="515" height="405" />
<div class="credit">PHOTO : METROPOLIS STUDIO</div>
<div class="caption">Les représentants de la jeunesse. </div>
</div>
<p></span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.2px;">Des plaques d’appréciation ont été remises aux gagnants nationaux des catégories sénior des concours annuels littéraires et d’affiches de la Légion. Le voyage à Ottawa et l’occasion de déposer la couronne de la part de la jeunesse canadienne pendant la cérémonie étaient leur prix. Les gagnants étaient Atalanta Shi de Burnaby (C.-B.) pour son affiche en couleurs, Tim MacDonald de Malagash (N.-É.) pour son affiche en noir et blanc, Katelyn Major de St. Brieux (Sask.) pour sa composition et Laura Howells de St. John’s (T.-N.) pour son poème.</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">Les récipiendaires du prix de la Légion aux cadets exceptionnels de l’année ont aussi assisté à la cérémonie, en tant que porteurs de couronnes. Il s’agissait de la première maitresse de 1<sup>re</sup> classe Laura Hood, du peloton Nipigon des cadets de la marine d’Oromocto (N.-B.); l’adjudant-maitre Kyle Ryan, du Corps des cadets affilié à l’Ontario Regiment, de Pickering (Ont.); et l’adjudante de 2<sup>e</sup> classe Emily Hodgson, d’Hudson (Qc), membre de l’Escadron des cadets de l’Air Lakeshore.</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.2px;">Pendant les conversations précédant la cérémonie, les jeunes se sont dits chanceux de pouvoir prendre part à la cérémonie nationale à la 11<sup>e</sup> heure du 11<sup>e</sup> jour du 11<sup>e</sup> mois de la 11<sup>e</sup> année de ce siècle.</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.2px;">
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1258" title="Des militaires canadiens. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/01/NationalInset4.jpg" alt="Des militaires canadiens. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" width="515" height="670" />
<div class="credit">PHOTO : METROPOLIS STUDIO</div>
<div class="caption">Des militaires canadiens. </div>
</div>
<p></span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">Le temps était frais et sec en ce jour du Souvenir à Ottawa. La pluie que l’on prévoyait n’est pas tombée, et la température n’a pas dépassé les trois degrés Celsius. Le vent vif a refroidi la foule de quelque 25 000 personnes, dont beaucoup étaient arrivées tôt pour avoir une place d’où elles pourraient bien voir.</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">La Musique centrale des Forces canadiennes et le Chœur d’enfants d’Ottawa ont pris place pendant que le carillonneur national, Andrea McCrady, jouait des airs sombres à la Tour de la Paix.</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">Des contingents d’anciens combattants, d’élèves officiers du Collège militaire royal de Kingston (Ont.) et des membres de la marine, de l’armée, de l’aviation, des pelotons de cadets et de la Gendarmerie royale du Canada ont défilé à partir du Manège militaire Cartier. Le défilé des anciens combattants était dirigé par Léonce Leblanc, qui s’acquitte de cette tâche depuis 1990. La garde du drapeau nationale de la Légion était dirigée par Jim Wiles qui joue ce rôle dans les manifestations importantes depuis 1986.</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">La foule a été accueillie par le maitre de cérémonie et directeur du Bureau national des services, Pierre Allard. Le premier maitre de 2<sup>e</sup> classe, Jason Bode, a placé les sentinelles, qui représentaient l’armée, la marine, l’aviation, la GRC et les infirmières, autour du grand monument.</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1260" title="Une foule s’assemble autour de la Tombe du Soldat inconnu. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/01/NationalInset5.jpg" alt="Une foule s’assemble autour de la Tombe du Soldat inconnu. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" width="515" height="326" />
<div class="credit">PHOTO : METROPOLIS STUDIO</div>
<div class="caption">Une foule s’assemble autour de la Tombe du Soldat inconnu. </div>
</div>
<p></span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">Le groupe vice-royal, qui est arrivé tout juste avant 11 h, a été accueilli par la présidente nationale, Pat Varga, et par le secrétaire national, Brad White. Le général et chef d’état-major de la défense, Walter Natynczyk, était arrivé plus tôt pour bavarder avec les anciens combattants.</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.2px;">Il a été rejoint par le ministre des Anciens Combattants, Steven Blaney, et par le président de la Chambre des communes, Andrew Scheer. Le premier ministre, Stephen Harper, et son épouse, Laureen, sont arrivés peu après, suivis du gouverneur général, David Johnston, et de son épouse, Sharon.</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">C’est la première fois que Johnston apparaissait en uniforme de l’armée, en l’honneur de son rôle de commandant en chef des Forces canadiennes.</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">À 11 h exactement, une cloche de la Tour de la Paix a sonné l’heure et le 30<sup>e</sup> Régiment d’artillerie de campagne, de l’Artillerie royale du Canada, a tiré le premier des 21 coups de canon. La sergente Marthe Jobidon a joué la dernière sonnerie au clairon, qui a été suivie par deux minutes de silence.</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1261" title="Des enfants déposent leur coquelicot sur la Tombe. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/01/NationalInset6.jpg" alt="Des enfants déposent leur coquelicot sur la Tombe. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" width="515" height="757" />
<div class="credit">PHOTO : METROPOLIS STUDIO</div>
<div class="caption">Des enfants déposent leur coquelicot sur la Tombe. </div>
</div>
<p></span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.2px;">Le silence a duré jusqu’à ce que le cornemuseur-major Thomas Brown joue la complainte et puis le clairon a joué la diane.</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">Un défilé aérien formé de deux CF-18 et de sept hélicoptères Griffon a eu lieu pendant la cérémonie. Les hélicoptères volaient en Formation en hommage aux pilotes disparus qui est habituellement alignée par des avions à réaction. Quand les hélicoptères ont survolé le Monument commémoratif de guerre, un d’entre eux s’est séparé des autres, en symbole de ceux qui ont disparu au combat.</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">Varga a lu l’Acte du souvenir en anglais, le grand président de la Légion, Larry Murray, l’a lu en français et Percy Joe l’a lu en nlaka’ pamux, une langue autochtone du sud de la Colombie-Britannique.</span></p>
<p>Le bridadier-général Karl McLean, aumônier général des Forces canadiennes et aumônier honoraire de la Direction nationale, a récité une prière, puis la première couronne de la cérémonie a été déposée par le gouverneur général et la deuxième, par la Mère de la Croix d’argent.</p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">Ils ont été suivis de Harper, Scheer, Blaney, Natynczyk, la jeunesse du Canada et Varga, qui a déposé la sienne de la part des anciens combattants du Canada. Ensuite, des dizaines de couronnes ont été déposées par des dignitaires.</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1262" title="Les anciens combattants défilent devant le gouverneur général. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/01/NationalInset7.jpg" alt="Les anciens combattants défilent devant le gouverneur général. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" width="515" height="347" />
<div class="credit">PHOTO : METROPOLIS STUDIO</div>
<div class="caption">Les anciens combattants défilent devant le gouverneur général. </div>
</div>
<p></span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">L’aumônier honoraire de la Direction nationale, le rabbin Reuven Bulka, a prononcé la bénédiction, et la cérémonie s’est terminée par le défilé des anciens combattants et des contingents militaires. Le gouverneur général et la Mère de la Croix d’argent les ont passés en revue sous les applaudissements de la foule. C’est pour le groupe d’anciens combattants les plus vieux qui représentaient ceux de la Seconde Guerre mondiale, de la guerre de Corée, des opérations de maintien de la paix, de l’Afghanistan et du service en temps de paix que les applaudissements ont été les plus enthousiastes.</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">Quand les barrières ont été enlevées, des centaines de spectateurs se sont avancés vers la Tombe du Soldat inconnu, où beaucoup ont perpétué la tradition annuelle du dépôt des coquelicots à épingle, chacun représentant un moment de commémoration et d’adieu personnel.</span><span style="white-space: pre;"> </span></p>
<img src="http://www.legionmagazine.com/fr/?ak_action=api_record_view&id=1241&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2012/01/mouvement-d%e2%80%99adieu/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le salut aux disparus : Le dernier jour du souvenir du Canada à Kandahar</title>
		<link>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2012/01/le-salut-aux-disparus-le-dernier-jour-du-souvenir-du-canada-a-kandahar/</link>
		<comments>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2012/01/le-salut-aux-disparus-le-dernier-jour-du-souvenir-du-canada-a-kandahar/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 01 Jan 2012 04:01:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Adam Day</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.legionmagazine.com/fr/?p=1269</guid>
		<description><![CDATA[Amanda, sous le soleil, parle à son frère en retenant ses larmes.
Peter MacKay lit la liste des militaires décédés du Canada, un par un.
Il y a tant de noms, pense Amanda, qui va s’occuper d’eux tous?
Amanda demande à son frère de veiller à tous les morts, d’en prendre soin.
Son frère est mort. Son nom fait partie de la liste. C’est un des défunts.
Will Cushley est mort au combat en 2006, et Amanda Cushley vient à Kandahar depuis lors.
Elle a été affectée ici trois fois en tant que travailleuse civile. Elle vient dire merci, et parce que c’est la seule manière qu’elle peut être avec Will.
Amanda sait que le moment arrivera où elle devra le laisser partir.
Les Canadiens font leurs valises à Kandahar. Ils démonteront leur monument commémoratif et le rapporteront au pays.
Mais avant, il y a un dernier adieu à faire.
Le moment arrive pour Amanda.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Amanda, sous le soleil, parle à son frère en retenant ses larmes.<br />
</strong><strong>Peter MacKay lit la liste des militaires décédés du Canada, un par un.<br />
</strong><strong>Il y a tant de noms, pense Amanda, qui va s’occuper d’eux tous?<br />
</strong><strong>Amanda demande à son frère de veiller à tous les morts, d’en prendre soin.<br />
</strong><strong>Son frère est mort. Son nom fait partie de la liste. C’est un des défunts.<br />
</strong><strong>Will Cushley est mort au combat en 2006, et Amanda Cushley vient à Kandahar depuis lors.<br />
</strong><strong>Elle a été affectée ici trois fois en tant que </strong><strong>travailleuse civile. Elle vient dire merci,<br />
et parce que c’est la seule manière qu’elle peut être avec Will.<br />
</strong><strong> et parce que c’est la seule manière qu’elle peut être avec Will.<br />
</strong><strong>Amanda sait que le moment arrivera où elle devra le laisser partir.<br />
</strong><strong>Les Canadiens font leurs valises à Kandahar. Ils démonteront leur monument commémoratif et le rapporteront au pays.<br />
</strong><strong>Mais avant, il y a un dernier adieu à faire.<br />
</strong><strong>Le moment arrive pour Amanda.</strong></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">Le 11 novembre 2011, des centaines de soldats canadiens se serrent dans le petit espace derrière le vieil édifice de l’état-major. Ils entourent le monument, en rangées, solennels et raides, armés et prêts.</span></p>
<p>La guerre n’est pas finie. Un soldat explique à la foule ce qu’il faudra faire en cas d’attaque à la fusée. Jetez-vous au sol, dit-il; ensuite, levez-vous et courez vous abriter. « Quand les bunkeurs sont pleins, abritez-vous du côté sud du mur pare-souffle nord. » Les gens se tournent de tous côtés, se demandant où est le nord.</p>
<p><span style="letter-spacing: -0.2px;">Des chasseurs à réaction hurlent sur la piste à quelques centaines de mètres de là. Des hélicoptères grondent dans le ciel.</span></p>
<p>Le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay, lit les noms de 158 Canadiens. Il lit ensuite les noms des dizaines d’Américains qui étaient commandés par les Canadiens lorsqu’ils sont tombés.</p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">Pendant qu’il lit, le major-général Jonathan Vance dépose une couronne au monument à côté de leurs noms. À l’occasion, il pose la main sur leur représentation; des fois, il place son </span><span style="letter-spacing: -0.1px;">poing contre le granite.</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">Le trompette joue la dernière sonnerie. Silence. Un cornemuseur joue la complainte. La diane. « Quand viendra l’heure du crépuscule et celle de l’aurore, nous nous souviendrons d’eux. »</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1283" title="Kelly James, Amanda Cushley et Mabel Girouard. [PHOTO : ADAM DAY]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/01/KandaharInset1.jpg" alt="Kelly James, Amanda Cushley et Mabel Girouard. [PHOTO : ADAM DAY]" width="515" height="384" />
<div class="credit">PHOTO : ADAM DAY</div>
<div class="caption">Kelly James, Amanda Cushley et Mabel Girouard. </div>
</div>
<p></span></p>
<p>Le musicien canadien George Canyon chante <em>Danny Boy</em>.</p>
<p>Il s’agit du dernier jour du Souvenir à Kandahar. Les représentants font des annonces officielles.</p>
<p>Peter MacKay dit : « On est très fiers que [ces] sacrifices n’ont pas été vains. Je suis persuadé, en disant cela, que nous avons changé ce pays pour le mieux. Les soldats canadiens partiront en sachant qu’ils ont garanti un meilleur avenir pour les Afghans. »</p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;"> Jonathan Vance dit : « Cette opération, ce trajet remarquable qu’ont fait le Canada et les Forces canadiennes depuis le début jusqu’à presque la fin, a été presque parfaite. Et il y a eu des mauvais jours. Et aujourd’hui, nous nous souvenons de 158 cas où il y a eu des jours vraiment mauvais. Mais il ne faut pas non plus oublier que nous avons agi comme une armée, comme des forces armées devraient agir. »</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">L’aumônier voulait qu’on entende ceci en ce qui a trait aux morts : « Aux yeux des insensés, ils semblent avoir péri, et leur départ, pensent-ils, est un désastre, et qu’ils ont été détruits parce qu’ils nous ont quittés, mais ils ont trouvé la paix. Car bien qu’aux yeux des autres ils aient été punis, en réalité, ils sont remplis de l’espoir d’immortalité. »</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1327" title="Un coquelicot est placé à côté d’un nom. [PHOTO : ADAM DAY]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2012/01/KandaharInset21.jpg" alt="Un coquelicot est placé à côté d’un nom. [PHOTO : ADAM DAY]" width="515" height="785" />
<div class="credit">PHOTO : ADAM DAY</div>
<div class="caption">Un coquelicot est placé à côté d’un nom. </div>
</div>
<p></span></p>
<p>*****</p>
<p>En faisant l’appel des morts, MacKay sait que chaque nom qu’il lit transperce le cœur d’une mère, le cœur d’une sœur, le cœur d’une famille.</p>
<p>Certaines d’entre elles sont là, à la chaleur, qui attendent de marcher jusqu’au monument pour déposer un coquelicot à côté du nom de leur être cher.</p>
<p>Là se trouve l’incroyablement digne Mabel Girouard, dont le fils Bobby est mort lors de l’explosion d’une bombe suicide non loin de l’endroit où elle se trouve.</p>
<p>Il y a là Karen Megeney, angoissée, dont le fils Kevin a été tué par une balle non loin de là également.</p>
<p>Et là aussi, le caporal stoïque Kelly James qui s’est fait infirmier après la mort de son frère Mark, ici, en 2008.</p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">Et puis il y a Amanda, debout sous le soleil, qui retient ses larmes, et dont nous avons déjà parlé du frère, Will. « Je pensais à tous ces noms, dit-elle. Ils ressemblent à tant d’autres noms. J’ai demandé à mon frère d’en prendre soin, de s’assurer qu’ils vont bien. Je lui donne tout le pouvoir de le faire. Je ne veux pas pleurer. Je lui parle. J’ai des conversations avec lui. C’est étrange, je sais, mais ça m’aide, d’espérer qu’il sera avec nous et qu’il nous viendra en aide. »</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">Amanda nous dit par la suite qu’elle était heureuse et fière de se trouver là avec son frère, de déposer un coquelicot à côté de sa figure espiègle.</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">Mais en s’avançant pour déposer son coquelicot, elle ne semble vraiment pas heureuse. Plus que bouleversée, Amanda est déformée par la douleur. Elle ne se ressemble plus.</span></p>
<p>Le monument va quitter Kandahar; son sort est déjà jeté. « Ce monument, ces noms, ces visages gravés dans le granite seront exposés en permanence à un endroit approprié de la capitale nationale », dit MacKay à la foule de journalistes.</p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">Amanda quittera Kandahar aussi, son avenir encore en l’air.</span></p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">Elle dépose son coquelicot et pense que personne ne se tiendra plus jamais là devant ce monument, à l’endroit où nous avons perdu tant de gens.</span></p>
<p>Elle sent que quelque chose est en train de changer. La chose qui lui a enlevé son frère est faite, et elle a l’impression que tout appartient peut-être à l’histoire maintenant.</p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;">« C’est presque comme une histoire, dit-elle, comme si c’était arrivé il y a longtemps. Il n’y a plus de nouvelle. Il ne se passe plus rien ici. La seule chose qu’il reste à raconter, c’est ce que disent les soldats, ou ce que disent les familles. »</span></p>
<p>Amanda est prête à partir.</p>
<p><span style="letter-spacing: -0.1px;"> </span></p>
<p>« C’est la fin de l’histoire », dit-elle.</p>
<img src="http://www.legionmagazine.com/fr/?ak_action=api_record_view&id=1269&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2012/01/le-salut-aux-disparus-le-dernier-jour-du-souvenir-du-canada-a-kandahar/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Tant à apprendre</title>
		<link>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2011/11/tant-a-apprendre/</link>
		<comments>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2011/11/tant-a-apprendre/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 01 Nov 2011 13:01:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tom MacGregor</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.legionmagazine.com/fr/?p=1178</guid>
		<description><![CDATA[Les 26 membres du Pèlerinage du souvenir de la jeunesse de la Légion royale canadienne entendaient des coups de feu tonnant au loin quand ils sont descendus de l’autocar parmi les innombrables rangées de pommes de terre et de légumes, en Belgique. Il ne s’agissait pas des armes des batailles anciennes, mais simplement des armes à gaz propane qui tirent au hasard pour effrayer les oiseaux autour des cultures croissant dans les champs de bataille de la Première Guerre mondiale.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le pèlerinage du souvenir des leadeurs de la Légion royale canadienne de 2011</strong></p>
<p><strong>Les 26 membres du Pèlerinage du souvenir de la jeunesse de la Légion royale canadienne entendaient des coups de feu tonnant au loin quand ils sont descendus de l’autocar parmi les innombrables rangées de pommes de terre et de légumes, en Belgique. Il ne s’agissait pas des armes des batailles anciennes, mais simplement des armes à gaz propane qui tirent au hasard pour effrayer les oiseaux autour des cultures croissant dans les champs de bataille de la Première Guerre mondiale.</strong></p>
<p>Les sons de bataille étaient quand même à l’esprit des pèle­rins quand le guide touristique, John Goheen, se tint sous une affiche modeste servant à commémorer les évènements du bois des Kitcheners à la Grande Guerre.</p>
<p>Quand les Allemands se sont servi de gaz pour la première fois à la guerre, ils visaient les Français et les troupes coloniales qui furent incapables de maintenir leurs lignes. Une brèche de six kilomètres s’ouvrit dans la ligne des alliés servant à la protection de la ville d’Ypres dont la tour de la salle du tissage était visible au loin.</p>
<p>À cause de cette brèche, les Allemands réussirent à entrer dans le bois des Kitcheners, baptisé ainsi non pas en l’honneur d’un chef militaire, mais parce que les Français y avaient leurs cuisines (kitchen signifie cuisine en anglais, n. d. t.). C’est là que, le 22 avril 1915, les Canadiens reçurent l’ordre de refermer la brèche. En courant pendant la nuit, ils tombèrent sur des haies entrelacées de fils de fer qu’ils devaient traverser en se servant de leur crosse de fusil. La surprise fut gâchée et l’ennemi ouvrit le feu. Les Canadiens restèrent quand même sur leur lancée et se rendirent maitres de la position.</p>
<p>« C’est stupéfiant qu’ils aient réussi ne serait-ce qu’à atteindre les Allemands et qu’après ça, ils se sont battus au corps à corps » dit Goheen. Ils résistèrent à deux contrattaques le lendemain.</p>
<p>Non loin de là, le 24 avril, les Allemands utilisaient de nouveau le gaz toxique, cette fois-là prenant la ligne canadienne pour cible. Les Canadiens maintinrent leur position, mais les pertes se comptèrent par milliers. « Les Canadiens ont sauvé Ypres. Si ce n’avait été des Canadiens, durant ces quelques jours-là en avril 1915, la guerre aurait été tout autre, c’est sûr », nous expliqua Goheen.</p>
<p>La même journée, les pèlerins allèrent voir le fameux Mémorial de Saint-Julien, au coin de Vancouver, où les Canadiens résistèrent à l’attaque au gaz. Il s’agit d’une escape en granite qui s’élève à 11 mètres au-dessus du sol et se termine en un soldat sombre baissant la tête et posant les mains sur une crosse de fusil.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1186" title="Près de l’administratrice Arlene King au Mémorial de Beaumont Hamel, les Terre-Neuviens (de g. à d.) Silas et Jacqueline Thompson, et Ed Fewer. [PHOTO : TOM MacGREGOR]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2011/11/RCLPILInset1.jpg" alt="Près de l’administratrice Arlene King au Mémorial de Beaumont Hamel, les Terre-Neuviens (de g. à d.) Silas et Jacqueline Thompson, et Ed Fewer. [PHOTO : TOM MacGREGOR]" width="515" height="464" />
<div class="credit">PHOTO : TOM MacGREGOR</div>
<div class="caption">Près de l’administratrice Arlene King au Mémorial de Beaumont Hamel, les Terre-Neuviens (de g. à d.) Silas et Jacqueline Thompson, et Ed Fewer. </div>
</div>
<p>Le groupe alla aussi visiter le cimetière d’Essex Farm où un médecin militaire épuisé et attristé, du nom de John McCrae, écrivit In Flanders Fields après la mort de son ami, le lieutenant Alexis Helmer de l’Artillerie canadienne.</p>
<p>C’était à la saillie d’Ypres, défendue par les alliés durant toute la guerre. Bien que les Allemands s’approchèrent jusqu’à à peu près deux kilomètres de la ville d’Ypres, ils ne la conquirent pas. Toutefois, à la fin de la guerre, elle était en ruines à cause des bombardements incessants.</p>
<p>La terre est plate dans toute la région, de sorte que même les plus petites crêtes étaient défendues férocement pour l’avantage qu’elles donnaient. « C’est plat comme la Saskatchewan, dit le cultivateur Joe Wilson de Carlyle, en Saskatchewan. C’est la seule province où l’on peut voir sa fille fuguer pendant deux semaines. »</p>
<p>Le commentaire cocasse de Carlyle était adressé aux participants du pèlerinage qui eut lieu du 9 au 23 juillet.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1189" title="Au mémorial de Vimy (de g. à d.) Jacqueline Thompson, Joyce Phillips, Patricia Duffy, Scott Briand, Jean-Pierre Asselin, vice-président national Tom Eagles, Bill Maxwell, George DeRabbie, Dorothy Butler, Connie Wilson, Sheila Donner et Aaron Bedard. [PHOTO : TOM MacGREGOR]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2011/11/RCLPILInset2.jpg" alt="Au mémorial de Vimy (de g. à d.) Jacqueline Thompson, Joyce Phillips, Patricia Duffy, Scott Briand, Jean-Pierre Asselin, vice-président national Tom Eagles, Bill Maxwell, George DeRabbie, Dorothy Butler, Connie Wilson, Sheila Donner et Aaron Bedard. [PHOTO : TOM MacGREGOR]" width="515" height="228" />
<div class="credit">PHOTO : TOM MacGREGOR</div>
<div class="caption">Au mémorial de Vimy (de g. à d.) Jacqueline Thompson, Joyce Phillips, Patricia Duffy, Scott Briand, Jean-Pierre Asselin, vice-président national Tom Eagles, Bill Maxwell, George DeRabbie, Dorothy Butler, Connie Wilson, Sheila Donner et Aaron Bedard. </div>
</div>
<p>Le groupe, dirigé par le vice-président national Tom Eagles de Plaster Rock, au Nouveau-Brunswick, qui était l’un des pèlerins en 1992 et qui est président actuel du Comité national du coquelicot et du souvenir, se composait de 10 représentants, un de chaque division, ainsi que de leurs conjoints et d’hôtes payants, et voyagea par autocar de Paris à Oosterbeek, dans les environs d’Arnhem, aux Pays-Bas. La troupe de pèlerins s’arrêta dans des champs, au bord de chemins ruraux, devant des mémoriaux et à des cimetières militaires du Commonwealth, pour se colleter avec les évènements de deux guerres mondiales qui avaient attiré tant de jeunes Canadiens.</p>
<p>Les visiteurs avaient pris l’avion à Toronto pour Paris, puis l’autocar jusqu’à Caen. Pendant le souper, Eagles et le coordonnateur du voyage, Bill Maxwell de la Direction nationale, avaient fait les présentations. Eagles a donné le ton en parlant des premières expériences qu’il a faites à ce genre de lieux en Europe. Il a ensuite pris un court instant pour remplir un devoir de la part du gouverneur général, David Johnston.</p>
<p>Ayant lu une introduction du gouverneur général, Eagles a remis au représentant de la Division de la Colombie-Britannique–Yukon, Aaron Bedard, une Mention élogieuse du commandant en chef à l’intention des unités. « Entre janvier et aout 2006, le groupement tactique du 1er Bataillon de la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (PPCLI) a livré un combat presque incessant avec une force d’insurgés bien préparée et décidée en Afghanistan, a lu Eagles. Pendant 29 opérations majeures, la souplesse et la cohésion remarquable dont ont fait preuve les membres du groupement tactique leur ont permis de surmonter nombre d’épreuves pour réprimer les activités des talibans, assurer la liberté de mouvement des forces de la coalition, et procurer une aide humanitaire partout au Kandahar. »</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1195" title="Scott Briand lit la prière navale à Dieppe. [PHOTO : TOM MacGREGOR]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2011/11/RCLPILInset31.jpg" alt="Scott Briand lit la prière navale à Dieppe. [PHOTO : TOM MacGREGOR]" width="515" height="361" />
<div class="credit">PHOTO : TOM MacGREGOR</div>
<div class="caption">Scott Briand lit la prière navale à Dieppe. </div>
</div>
<p>Bedard n’est plus militaire à cause d’une blessure à l’épine dorsale, mais il passe une grande partie de son temps à parler aux jeunes des expériences qu’il a eues en génie de combat et à la PPCLI.</p>
<p>Parmi les pèlerins se trouvaient aussi Sheila Donner de Medicine Hat, représentante de la Division de l’Alberta–Territoires du Nord-Ouest; Connie Wilson de Tisdale, en Saskatchewan; Dorothy Butler de Winnipeg; George DeRabbie d’Acton, en Ontario; Jean-Pierre Asselin de Chicoutimi, au Québec; Patricia Duffy de Bathurst, au Nouveau-Brunswick; Joyce Phillips de Breadalbane, à l’Île-du-Prince-Édouard; Scott Briand de Lower Sackville, en Nouvelle-Écosse; et Jacqueline Thompson de Grand Falls-Windsor, à Terre-Neuve.</p>
<p>Comme hôtes payants, il y avait Clayton et Cindy Saunders, président et secrétaire respectifs de la Division du Nouveau-Brunswick; Wayne Donner, mari de Sheila et premier vice-président de la Division de l’Alberta–Territoires du Nord-Ouest; et Jack Wilson, père de Connie. Joyce Phillips était accompagnée de son mari, Gord Phillips, et George et Estelle Dalton qui siègent au Lest We Forget Committee (comité Nous nous souviendrons d’eux, n. d. t.) de l’Île-du-Prince-Édouard réunissant anciens combattants et élèves. Alice DeRabbie et Silas Thompson étaient accompagnés de leurs conjoints. Ed Fewer de Grand Falls–Windsor, à Terre-Neuve, en était à son troisième pèlerinage de la Légion.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1198" title="Les pèlerins se promènent le long de la plage Juno. [PHOTO : TOM MacGREGOR]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2011/11/RCLPILInset4.jpg" alt="Les pèlerins se promènent le long de la plage Juno. [PHOTO : TOM MacGREGOR]" width="515" height="400" />
<div class="credit">PHOTO : TOM MacGREGOR</div>
<div class="caption">Les pèlerins se promènent le long de la plage Juno. </div>
</div>
<p>Les premiers jours comportèrent des thèmes triomphants alors que le groupe visitait la plage Juno, au nord de Caen, où quelque 14 500 Canadiens ont atterri le jour J, c’est-à-dire le 6 juin 1944. Bien qu’ils aient réussi à établir une tête de pont, il y eut 1 074 victimes parmi les Canadiens ce jour-là. Trois-cent-cinquante-neuf d’entre elles étant décédées.</p>
<p>Les pèlerins ont déambulé le long des plages près de Bernières-sur-Mer où ils ont observé la maison caractéristique qui a servi de jalon aux soldats prenant pied ferme. Aujourd’hui, elle sert à commémorer la bravoure des Queen’s Own Rifles of Canada.</p>
<p>À Courseulles-sur-Mer, le groupe est allé au Centre de la plage Juno où est racontée l’histoire de la participation canadienne à la Seconde Guerre mondiale.</p>
<p>L’humeur est devenue sombre en après-midi, à l’abbaye d’Ardenne, dans le jardin de laquelle un monument sert à rendre hommage aux 20 membres des North Nova Scotia Highlanders, du 27e Régiment blindé canadien et des Stormont, Dundas and Glengarry Highlanders qui furent faits prisonniers et exécutés par les Allemands peu après le jour J.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1201" title="La maison repère de la plage Juno rend hommage aux Queen’s Own Rifles of Canada. [PHOTO : TOM MacGREGOR]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2011/11/RCLPILInset51.jpg" alt="La maison repère de la plage Juno rend hommage aux Queen’s Own Rifles of Canada. [PHOTO : TOM MacGREGOR]" width="515" height="506" />
<div class="credit">PHOTO : TOM MacGREGOR</div>
<div class="caption">La maison repère de la plage Juno rend hommage aux Queen’s Own Rifles of Canada. </div>
</div>
<p>C’est là que le groupe célébra sa première cérémonie commémorative. La soirée précédente, il avait répété les règles des 13 cérémonies qu’il allait régler. Tous auraient l’occasion de remplir chacun des rôles cérémoniels. Il y aurait un sergent d’armes et une garde du drapeau pour porter l’unifolié, le Red Ensign, et l’Union Jack, ainsi que les drapeaux des Nations Unies, de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord et de la Légion. Au moins une couronne serait déposée à chaque service. Un enregistrement de l’O Canada, de la dernière sonnerie, du silence, de la complainte et de la diane serait joué et quelqu’un réciterait l’Acte du souvenir.</p>
<p>Le groupe s’est ensuite attardé au désastre de Dieppe de 1942. Le pèlerinage, partant de Caen, alla directement à Pourville et à Puys, les plages des deux côtés de Dieppe qui devaient être prises tôt le matin du 19 aout pour neutraliser les défenses des Allemands avant l’assaut à la plage principale. Malheureusement, les défenses ne furent pas neutralisées, ce qui rendit inéluctable le massacre de ceux qui atterrirent.</p>
<p>Il suffit de marcher le long de la plage caillouteuse de Dieppe et d’étudier les falaises imposantes où l’on peut encore voir les restes des bunkeurs en béton armé pour imaginer le feu pro­venant des armes sur ceux qui touchaient terre. Bedard a remarqué que « vu les feux croisés provenant de trois angles, c’était une parfaite zone de massacre ».</p>
<p>C’est à Dieppe que les pèlerins ont rendu hommage à ceux qui furent perdus en mer. Une cérémonie simple sur la jetée offrait une vue excellente de la plage et des promontoires. Butler, qui a servi dans le Service féminin de la Marine royale du Canada après la guerre, a lancé une couronne à la mer pendant le service. Les autres pèlerins ont ensuite lancé dans l’eau agitée des petites croix de bois faites et peintes par les élèves de l’école Aurora Charter d’Edmonton. Au début, la couronne et quelques-unes des croix qui semblaient vouloir l’encercler se sont dirigées vers la terre ferme, puis le tout est parti à la dérive dans la Manche.</p>
<p>Tôt le matin, Goheen a rejoint quelques membres du groupe sur la plage et, à 5 h 20, ils ont levé leur verre aux Canadiens qui atterrirent en 1942, à la même heure. Leur verre d’alcool tenu en haut alors que la lumière poignait à l’est, ils lancèrent « aux hommes de Dieppe ».</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1200" title="Le groupe prend la pose à côté d’un char Sherman à Oosterbeek. [PHOTO : TOM MacGREGOR]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2011/11/RCLPILInset6.jpg" alt="Le groupe prend la pose à côté d’un char Sherman à Oosterbeek. [PHOTO : TOM MacGREGOR]" width="515" height="425" />
<div class="credit">PHOTO : TOM MacGREGOR</div>
<div class="caption">Le groupe prend la pose à côté d’un char Sherman à Oosterbeek. </div>
</div>
<p>En partant de Dieppe, les pensées du groupe se sont tournées vers la Première Guerre mondiale et la bataille de la Somme qui eut lieu il y a 95 ans.</p>
<p>La tragédie de la Somme n’est nulle part rappelée plus solennellement qu’à Beaumont-Hamel. Le 1er juillet 1916, le premier jour de la bataille, le Newfoundland Regiment reçut l’ordre de se lancer à l’attaque d’un ennemi bien retranché en plein jour. Sur les 801 qui prirent part à l’attaque, 68 seulement pouvaient répondre à l’appel le lendemain. La plupart avaient été tués ou blessés durant le premier quart d’heure.</p>
<p>Ce champ de bataille est aujourd’hui un parc national canadien. Le paysage, aujourd’hui vert et luxuriant, a été laissé tel qu’il était : défoncé par les trous d’obus et les tranchées. Un caribou de bronze, symbole du régiment, domine le tout sur un tertre.</p>
<p>Les pèlerins ont été rejoints dans leur service commémoratif par Arlene King, conseillère de programme d’Anciens Combattants Canada pour les opérations européennes, et par un guide canadien. La garde du drapeau, augmentée pour cette unique occasion par Bedard portant le drapeau terre-neuvien, a suivi la tranchée préservée jusqu’à la base du monument. Après la lecture de l’Acte du souvenir, les pèlerins ont été surpris d’entendre King et le guide se mettre à chanter Ode To Newfoundland. « Cela a donné quelque chose de spécial au service », a affirmé Silas Thompson.</p>
<p>Le groupe a visité les attractions touristiques de la Somme pendant plusieurs jours, finissant au monument commémoratif du Canada à Vimy où eut lieu le pinacle cérémoniel du pèlerinage. Là, sous le monument de pierres blanches, le groupe a réglé une cérémonie solennelle. Les noms de 11 285 Canadiens morts au combat en France et dont le lieu de sépulture est inconnu sont inscrits sur le monument.</p>
<p>Les pèlerins ont été rejoints par la suite par le contingent militaire canadien de la marche de Nimègue. Chaque année, la Direction nationale verse un octroi aux Forces canadiennes afin que les Canadiens puissent aller au mémorial déposer une couronne. Les marcheurs étaient très heureux de se faire prendre en photo avec les pèlerins.</p>
<p>À Ypres, le groupe a assisté à une cérémonie sous la porte de Menin en commémoration des presque 55 000 morts des armées du Commonwealth tombés en Belgique et sans sépulture connue. Parmi eux, les Canadiens étaient au nombre de 6 940. Tous les jours, à la tombée de la nuit, la circulation à la porte est stoppée pendant que des clairons du service d’incendie jouent la dernière sonnerie et leur propre version du réveil. En cette occasion se sont assemblés plusieurs milliers de spectateurs, surtout des groupes d’écoliers britanniques.</p>
<p>La garde du drapeau de la Légion et le reste de la délégation ont défilé jusqu’au centre de la place et prirent leurs positions. Les clairons ont joué, puis Eagles s’est avancé pour lire l’Acte du souvenir, les mots solennels résonnant sous les grandes arches. La Légion déposa la première couronne, suivie des vagues d’élèves apportant des couronnes de la part de leur école.</p>
<p>Les pèlerins reprirent l’histoire de la Seconde Guerre mon­diale quand ils se sont dirigés vers les Pays-Bas, où ils ont réglé des cérémonies aux cimetières de Bergen-op-Zoom, de Holten et de Groesbeek. Au cimetière militaire canadien de Holten, Eagles et son épouse, Cheryl, firent une reproduction par frottement de la pierre tombale de Samuel Glazier Porter du Carleton and York Regiment. « C’était l’oncle de Cheryl, et ça a été une expérience très émouvante pour elle, quelque chose qu’elle n’oubliera jamais » dit Tom. Porter est mort le 15 avril 1945, quelques semaines à peine avant la fin de la guerre en Europe.</p>
<p>Au souper d’adieu, à Paris, Ed Fewer a déclaré : « Je sais ce que j’ai ressenti lors de mon premier pèlerinage. On rentre chez soi et, un jour, peu de temps après, on se demande “Qu’est-ce qui vient de m’arriver?” On a tellement appris, et pourtant il y a tellement plus à apprendre. »</p>
<img src="http://www.legionmagazine.com/fr/?ak_action=api_record_view&id=1178&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2011/11/tant-a-apprendre/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Hong Kong</title>
		<link>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2011/11/hong-kong/</link>
		<comments>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2011/11/hong-kong/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 01 Nov 2011 04:01:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>J.L. Granatstein</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.legionmagazine.com/fr/?p=1134</guid>
		<description><![CDATA[Comment cela avait-il commencé? Le bureau du chef d’état-major général à Ottawa n’était pas très somptueux en aout 1941, mais le major-général Crerar y reçut chaleureusement son collègue de l’Upper Canada College et du Royal Military College. Le major-général Arthur Grasett, commandant à Hong Kong depuis 1938, était en route pour la Grande-Bretagne où il servait dans les Royal Engineers depuis 1909. Les deux vieux amis évoquèrent des souvenirs et bavardèrent, et Grasett parla des défenses de Hong Kong, des façons de les renforcer et du moral de la colonie de la Couronne, remonté en y envoyant quelques bataillons. Tout le monde savait, dit Grasett, que les Japonais qui ravageaient la Chine ne pouvaient tout simplement pas se mesurer à des soldats blancs. « Ils se sont bien battus avec les Chinois de troisième ordre, dit-il, mais ils n’ont pas encore fait face à des soldats de première classe comme ceux de mes bataillons, qui leur donneront une bonne raclée. » ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L’histoire du rôle du Canada dans une garnison condamnée racontée par ceux qui y étaient</strong></p>
<p>Comment cela avait-il commencé? Le bureau du chef d’état-major général à Ottawa n’était pas très somptueux en aout 1941, mais le major-général Crerar y reçut chaleureusement son collègue de l’Upper Canada College et du Royal Military College. Le major-général Arthur Grasett, commandant à Hong Kong depuis 1938, était en route pour la Grande-Bretagne où il servait dans les Royal Engineers depuis 1909. Les deux vieux amis évoquèrent des souvenirs et bavardèrent, et Grasett parla des défenses de Hong Kong, des façons de les renforcer et du moral de la colonie de la Couronne, remonté en y envoyant quelques bataillons. Tout le monde savait, dit Grasett, que les Japonais qui ravageaient la Chine ne pouvaient tout simplement pas se mesurer à des soldats blancs. « Ils se sont bien battus avec les Chinois de troisième ordre, dit-il, mais ils n’ont pas encore fait face à des soldats de première classe comme ceux de mes bataillons, qui leur donneront une bonne raclée. »</p>
<p>Crerar a toujours nié qu’une telle suggestion eut été faite par Grasett, mais il n’y a aucun doute qu’il en arriva à croire que quelques milliers de soldats renforceraient suffisamment la garnison de Hong Kong pour qu’elle puisse repousser n’importe quelle attaque.</p>
<p>Nonobstant ce que la vieille clique en pensait, Crerar aurait dû savoir qu’il était impossible de défendre Hong Kong. Lors de ses études au Imperial Defence College, en 1934-1935, il avait étudié la situation militaire problématique de la colonie. Toutefois, quand une demande de soldats parvint de Londres, le 19 septembre, le chef d’état-major général (CÉMG), amadoué par Grasett, décida qu’il était en faveur du déploiement. Le gouvernement le fut aussi parce que persuadé par le CÉMG. Tout d’abord, il était possible, semblait-il, que le Japon ne se fut pas encore tout à fait engagé à faire la guerre. Renforcer Hong Kong, et renforcer en même temps les garnisons de Malaisie, montrerait à Tokyo que la Grande-Bretagne était sérieusement déterminée à défendre ses possessions d’Extrême-Orient. Cette raison psychologique était importante. Tout comme l’étaient les raisons politiques intérieures. Étant donné que les soldats n’étaient pas encore à l’étranger et que les conservateurs, à l’opposition, se préparaient à demander la conscription et à accuser implicitement le gouvernement Mackenzie King de ne pas vouloir combattre, refuser une demande directe d’envoyer des hommes était pratiquement impossible du point de vue politique. Dans ces circonstances, et sans opposition significative, le Cabinet de guerre approuva le déploiement et ordonna à Crerar de trouver deux bataillons d’infanterie pour Hong Kong. Les origines de la décision d’envoyer des soldats étaient donc militaires et politiques.</p>
<p>Fait révélateur, l’Armée canadienne n’avait pas de renseignement indépendant sur les intentions des Japonais en 1941 ni de force en Extrême-Orient. Crerar, comptant sur ce qu’il avait entendu de Grande-Bretagne, comme quoi il ne semblait pas y avoir de risque imminent de guerre, choisit ses deux bataillons parmi une liste d’unités qui n’étaient pas jugées prêtes au combat. Il choisit les Royal Rifles of Canada, un bataillon de Québec formé en grande partie de francophones, et les Winnipeg Grenadiers. Les deux unités étaient en garnison, l’une à Terre-Neuve et l’autre en Jamaïque, et l’état-major de l’Armée croyait que leur mission à Hong Kong ne serait pas bien différente. Aucun des deux régiments n’avait acquis la formation normale de 1941, ni n’avait d’effectifs complets, mais on pouvait pallier les insuffisances, remplir les rangs en leur envoyant des hommes du Canada, et leur formation pouvait se terminer à bord des navires ou sur le terrain à Hong Kong. C’est du moins ce que croyaient Crerar et son état-major. Le Cabinet de guerre demanda peu après à Ottawa de fournir un QG de brigade le plus rapidement possible, ce qu’Ottawa accepta de faire sans hésiter, déléguant la tâche au brigadier J.K. Lawson, officier de la force permanente compétent. La force « C », comme on la baptisa, était prête à partir.</p>
<p>Les erreurs commencèrent rapidement à se multiplier. Les renforts envoyés aux régiments comprenaient, comme l’écrivit âprement le major Kenneth Baird des Grenadiers dans un journal qu’il cachait au camp de prisonniers, « certaines des ordures les plus trouillardes qu’on [put] obliger une unité à endurer ». Les centres de formation « nous ont envoyé leurs balayures, [ils] ne valent pas la poudre avec laquelle on les enverrait en enfer ».</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1156" title="Les soldats canadiens à l’inspection à Hong Kong, peu après leur arrivée, en novembre 1941. [PHOTO : BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA—C049745]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2011/11/HongKongInset11.jpg" alt="Les soldats canadiens à l’inspection à Hong Kong, peu après leur arrivée, en novembre 1941. [PHOTO : BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA—C049745]" width="515" height="363" />
<div class="credit">PHOTO : BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA—C049745</div>
<div class="caption">Les soldats canadiens à l’inspection à Hong Kong, peu après leur arrivée, en novembre 1941. </div>
</div>
<p>Une grande partie des 436 soldats absorbés par les Grenadiers n’avaient pas beaucoup de formation sur les armes légères ou sur les tactiques, et aucun des deux régiments n’avait participé à des exercices à l’échelle du bataillon, leurs fonctions précédentes en garnison n’ayant été que monter la garde. Il ne faisait aucun doute que les deux unités n’avaient jamais eu l’occasion de faire des exercices ensemble. En outre, selon les écrits du lieutenant Leonard Corrigan, les 15 officiers subalternes affectés aux Winnipeg Grenadiers se firent mal recevoir par les vieux routiers, dont un bon nombre avaient pris part à la Grande guerre et avaient servi ensemble longtemps dans la milice en temps de paix. Cela ne semblait pas prometteur. Et pire encore, le quartier général de l’Armée, inefficace, n’envoya pas à temps les véhicules de la force « C » à la côte du Pacifique pour qu’on en charge le plus possible à bord de l’Awatea, le bâtiment de transport des soldats. Les véhicules partirent une semaine après, à bord du Don Jose, un navire américain qui arriva à Manille après le début de la guerre du Pacifique; les forces américaines, on ne s’en étonnera pas, se les approprièrent et aucun ne fut remis aux bataillons canadiens. Cela ne serait pas sans importance.</p>
<p>La force canadienne de 96 officiers, dont deux infirmières, et de 1 877 hommes débarqua le 16 novembre à Hong Kong, où elle rejoignit une garnison formée de quelque 14 000 soldats britanniques et indiens et de volontaires de Hong Kong. Après s’être installés, les nouveaux se rendirent aux lieux de plaisir. Comme l’écrivit par la suite un Winnipeg Grenadier, Don MacPherson, ses copains et lui visitèrent une piste de quilles à l’extérieur de laquelle « il y avait une bonne dizaine de belles prostituées chinoises ». Elles approchaient les soldats et leur disaient « Un dollar, on s’amuse? ». Il ajouta, avec un peu de vague à l’âme : « Et dire qu’on allait quand même jouer aux quilles! ».</p>
<p>Les soldats canadiens, quand ils étaient en devoir, allaient en reconnaissance et écoutaient les instructions. Il n’y avait que 5 000 soldats japonais dans les environs, qui étaient mal équipés, n’avaient pas suffisamment d’artillerie, et n’étaient pas habitués au combat de nuit, et leurs avions dépassés, peu nombreux, étaient pilotés par des myopes; c’est du moins ce que disait à ses officiers le major-général C.M. Maltby, le commandant de Hong Kong. Ce genre de point de vue ethnocentrique, pour ne pas dire raciste, était courant dans les milieux militaires occidentaux, la plupart des observateurs n’étant guère intimidés par les aptitudes au combat montrées par les soldats japonais qui se mesuraient aux nationalistes chinois de Thang Kaï-chek; et les soldats japonais avaient été encore moins impressionnants quand ils s’étaient facilement fait malmener par les soldats soviétiques, en 1938 et 1939, lors de grandes « escarmouches » frontalières. Cette attitude affecta la plupart des Canadiens qui venaient d’arriver. « Je réalisais que si les Japonais nous attaquaient, ils nous anéantiraient », se souvint l’un d’entre eux. « On n’a pas d’aviation. Pas de marine, pas d’endroit où aller », dit-il. « Nous n’avons rien à craindre, Wilf », lui répondaient ses camarades. « Ce sont eux qui vont s’enfuir. »</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1165" title="Le camp du North Point. [PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE-19770323-019]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2011/11/HongKongInset21.jpg" alt="Le camp du North Point. [PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE-19770323-019]" width="515" height="402" />
<div class="credit">PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE-19770323-019</div>
<div class="caption">Le camp du North Point. </div>
</div>
<p>Hong Kong, dont la population actuelle est très dense (sept millions d’habitants), est un centre manufacturier, mais en 1941, elle était encore inexploitée et ne comptait guère plus de 1,5 million d’habitants. Les gens des Nouveaux Territoires, sur le continent, s’aggloméraient autour de Kowloon, alors que la Gin Drinkers’ Line (ligne des buveurs de gin, n. d. t.) sur les collines du nord n’était pas encore terminée et ne comptait que peu de défenseurs : une situation d’imprudence étant donné que les réservoirs d’eau de la colonie se trouvaient tous sur le continent. La plus grande partie de la population relativement faible de l’ile de Hong Kong se trouvait à Victoria, à la côte nord, en face de Kowloon.</p>
<p>D’après le plan défensif des Britanniques dressé par Maltby, le successeur de Grasett, la ligne des buveurs de gin devait être défendue par trois bataillons qui devaient tenir pendant au moins une semaine. Les autres soldats, un bataillon de mitrailleurs britanniques travaillant dans des casemates et les deux bataillons canadiens, défendraient les côtes de l’ile de Hong Kong en cas d’attaque venant de la mer. La force de Maltby était donc très dispersée et faible partout. La 38e Division japonaise, bien entrainée et bien commandée, ayant attaqué le 8 décembre et ayant battu les défenses du continent, les défenseurs qui restaient se mirent à évacuer leurs positions le soir du 10 décembre, le dernier d’entre eux partant le 13. La débâcle sur le continent écrasa le moral du personnel britannique et les Japonais remportaient tous les combats, mais Maltby refusa quand même de leur abandonner la colonie. Là, les Canadiens et leurs camarades britanniques et indiens allaient trinquer.</p>
<p>D’après le plan de défense nouvellement improvisé par Maltby, l’ile se divisait en deux et il y avait un bataillon de Canadiens dans chacune de ses deux brigades. Les Royal Rifles se trouvèrent dans la brigade de l’Est, commandée par C. Wallis, un lieutenant-colonel de l’armée indienne qui avait le grade local de brigadier; les Winnipeg Grenadiers servaient dans la brigade de l’Ouest commandée par Lawson. Il fut écrit dans le journal de guerre des Rifles, le 11 décembre, que même avant que les Japonais ne lancent leur assaut à travers le port, le 18 décembre, les membres du nouvel état-major de brigade de Wallis « étaient dans un état très nerveux et semblaient très fatigués », probablement un euphémisme de dire que les officiers étaient souls. Pratiquement la même chose avait été écrite dans le journal de Baird : « les puissants du jour […] tellement ineptes. C’était vraiment pitoyable, le chaos qu’il y avait à l’état-major pendant la bataille [...]. »</p>
<p>La semaine suivante fut sanglante. Après son débarquement amphibie, l’infanterie japonaise sépara rapidement la défense de l’île en deux pendant que son artillerie pilonnait les défenseurs et que les aéronefs volaient librement au-dessus. Une cinquième colonne sabotait tout ce qu’elle pouvait. L’eau se mettait à manquer. « Ce n’était partout que confusion désor­ganisée, se rappela un Winnipeg Grenadier. Personne n’était prêt à ça. Il n’y avait pas de communication. Il n’y avait pas de transport. On portait tout sur le dos. » Les véhicules laissés au Canada leur manquaient énormément, l’ennemi ayant la supériorité aérienne; ils ne savaient pas combien de temps ils pourraient durer.</p>
<p>Les deux bataillons canadiens avaient perdu d’avance. Les hommes de Lawson essayèrent de tenir le col de Wong-Nei-Chong au centre de l’ile, et son quartier général fut séparé de sa brigade le 19 décembre. Dans son dernier message radio à Maltby, Lawson dit qu’il allait « sortir [se] battre » avec un pistolet dans chaque main. Il tomba peu après et son courage fut reconnu par les Japonais qui l’enterrèrent de manière cérémonieuse « sur le champ de bataille où il était mort si héroïquement », comme le remarqua un colonel japonais.</p>
<p>Les Grenadiers se battirent pendant trois jours dans la région du col de Wong-Nei-Chong où il y eut 800 morts et blessés japonais. Le lieutenant-colonel J.L.R. Sutcliffe, commandant du bataillon, avait organisé sa compagnie d’état-major en trois « colonnes volantes » et ces sous-unités essayèrent de venir en aide aux hommes assiégés sur un terrain surélevé surnommé Jardine’s Lookout (belvédère de Jardine, n. d. t.). Ils échouèrent, et la Compagnie A des Grenadiers, amenée au nord pour renforcer cette poussée et pour prendre le mont Butler, fut détruite par un bataillon japonais. « Tous les officiers, sous-officiers et simples soldats furent tués, blessés ou fait prisonniers », et en essayant de ramener les quelques survivants au col de Wong-Nei-Chong, le sergent-major de compagnie J.R. Osborn renvoya des grenades de l’ennemi, puis se jeta sur l’une d’elles pour sauver cinq ou six hommes. Ceux qui survécurent furent fait pri­sonniers peu après, et la Croix de Victoria fut décernée à Osborn de manière posthume après la défaite des Japonais.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1168" title="Les marins envahissent les ponts du NCSM Prince Robert après son arrivée à Hong Kong, en aout 1945. [PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE-2002 0045-2772]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2011/11/HongKongInset3.jpg" alt="Les marins envahissent les ponts du NCSM Prince Robert après son arrivée à Hong Kong, en aout 1945. [PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE-2002 0045-2772]" width="515" height="486" />
<div class="credit">PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE-2002 0045-2772</div>
<div class="caption">Les marins envahissent les ponts du NCSM Prince Robert après son arrivée à Hong Kong, en aout 1945. </div>
</div>
<p>D’autres batailles désespérées suivirent au centre de l’ile. Le 20 décembre, la Compagnie B des Grenadiers lança une contrattaque en direction de Wong-Nei-Chong, mais elle tomba sur un bataillon japonais au mont Nicholson. Après qu’elle eut perdu deux officiers et 20 simples soldats, la compagnie se replia, puis s’avança de nouveau aux premières lueurs de l’aube du 21. Elle fut déchiquetée par les Japonais de nouveau : tous ses officiers, son sergent-major, six sous-officiers et 29 simples soldats sur les 98 qui étaient passés à l’attaque furent tués, blessés ou capturés. Les Grenadiers concentrèrent alors les ressources qu’il leur restait au mont Cameron avoisinant et tinrent leurs positions sous un feu d’artillerie féroce pendant plus d’une journée, puis finirent par se faire repousser par un bataillon de Japonais. Le 23 décembre, alors que les combats se poursui­vaient dans le secteur des Grenadiers, un message à Ottawa et à Londres annonça clairement qu’il ne restait plus de défense organisée : « Le reste des combats seront incontrôlés et limités à des centres de résistance […]. Manque d’eau et tous les hommes épuisés après plusieurs journées de combats incessants. Feu de mortiers très intense et bombardement en piqué […]. » Sutcliffe avait annoncé à Ottawa par radio, le 22, que Lawson et le colonel Pat Hennessy, son second, avaient été tués. « Situation critique. Soldats canadiens prisonniers en partie et reste au combat; lourdes pertes […]. Soldats ont été magnifiques, esprit de travail excellent. »</p>
<p>En même temps que les Winnipeg Grenadiers tentaient de sauver leur vie, les Royal Rifles aussi livraient de féroces combats à l’est de l’ile. Ayant découvert qu’une cinquième colonne (où des soldats japonais habillés en « chapeaux pointus » chinois) s’étaient emparés du fort de Sai Wan, une vieille redoute, la Compagnie C du régiment, commandée par la major W.A. Bishop, organisa, pour reprendre la position, une contrattaque de deux pelotons, qui échoua malgré des efforts extraordinaires. En milieu de matinée, le 19 décembre, Wallis avait donné l’ordre de se replier vers le sud et les Royal Rifles avaient pris de nouvelles positions avant de lancer des contrattaques inutiles contre l’ennemi qui avançait. Il y eut des succès, caractérisés par un courage extraordinaire, à certains endroits. Mais les Canadiens et les hommes du Hong Kong Volunteer Defence Corps allaient manquer de munitions, surtout d’obus pour les mortiers, l’artillerie avait été pratiquement éliminée, et les Japonais les surpassaient en nombre partout.</p>
<p>Le 24 décembre, il était sûrement clair, comme ce l’avait été depuis au moins trois jours, que la reddition était inévitable. Le lieutenant-colonel W.J. Home, commandant des Royal Rifles, « demandait avec insistance que le bataillon soit remplacé, sinon il ne répondait de rien », car ses hommes étaient en mauvais état. La plupart des Rifles se replièrent donc au fort Stanley, mais la journée de Noël, l’état-major de Wallis ordonna à la Compagnie D de mener une attaque inutile, suicidaire, contre les positions japonaises du village de Stanley. Les ordres concernant cette « dernière charge glorieuse » furent reçus par les soldats dans le silence. « Aucun d’entre eux n’arrivait à croire qu’on eut donné un ordre si absurde, écrivait le sergent George MacDonnel longtemps après, mais il dit à ses hommes qu’au moins c’était mieux que d’attendre l’inévitable ». Leur attaque à la baïonnette réussit, fait incroyable et ils saisirent la position, mais les pertes de la Compagnie D s’étaient élevées à 26 morts et 75 blessés. Wallis et les Royal Rifles apprirent peu après que Maltby s’était rendu.</p>
<p>Les Canadiens, soldats mal entrainés, avec des armes inadéquates, sans transport et sans avoir eu le temps de s’adapter au climat de Hong Kong, s’étaient très bien battus, ce que l’ennemi reconnut dans ses rapports. Ils avaient infligé d’importantes pertes aux Japonais, principalement au col de Wong-Nei-Chong, et leurs contrattaques sauvages avaient causé du retard à l’ennemi. Les Japonais avaient tué 293 hommes de l’état-major de la brigade, des Grenadiers et des Royal Rifles pendant les combats et par la suite, et ils en avaient blessé 493. C’était un taux de pertes de 40 p. 100, une proportion extraordinairement élevée en une semaine de combats féroces.</p>
<p>L’armée japonaise qui avait eu des pertes s’élevant, de son propre aveu, à 2 096 morts et blessés, s’était battue avec beaucoup de courage et d’habileté, mais après la reddition, sa discipline s’effondra complètement et les soldats se livrèrent à une orgie de viols et de meurtres. Dans un hôpital au St. Stephen College, des soldats donnèrent des coups de baïonnette aux patients alités, violèrent les infirmières et les aides bénévoles, et en tuèrent un certain nombre. Des soldats capturés furent exécutés ou mutilés, la langue coupée. « Ils se sont saisis de nous, écrivait un simple soldat canadien par la suite, nous ont arraché l’insigne, nous ont enlevé les souliers, la ceinture, les photos et les bracelets-montres […]. Ils ont fait sortir DesLaurier et deux ou trois autres gars et s’en sont servi pour s’exercer à la baïonnette toute la nuit. On les entendait. » Mais à un autre hôpital, rapporta un autre, « le commandant japonais faisait tout en son pouvoir pour que les traitements soient les plus attentionnés et les plus courtois ». Tout dépendait, semble-t-il, de la nature du commandant.</p>
<p>Les prisonniers de guerre de Hong Kong allaient apprendre que tout dépendait des Japonais. Ces derniers n’avaient pas ratifié la Convention de Genève de 1929 qui prescrivait le traitement des prisonniers et ils croyaient que les soldats qui se rendaient étaient des couards. Un « prisonnier de guerre n’est pas un invité », écrivait un intellectuel japonais en 1942, et les Canadiens internés au camp du North Point ou à celui de Samshuipo, à Hong Kong, n’ont jamais été traités comme s’ils l’étaient. Les rations étaient invariablement maigres et on peut lire dans le journal secret que tenait Baird des Grenadiers une histoire de famine lente; en fait, c’est un compte-rendu de nourriture mangée ou rêvée. « Nous semblons tous penser, rêver et parler de nourriture », écrivait-il 20 jours après sa capture, et il allait encore y passer plus de trois ans et demi. Le fusilier D.L. Welsh des Royal Rifles aussi tenait un journal et y inscrivait ses rations quotidiennes : « Le 1er mai 1942 : Déjeuner — riz, cassonade, petit pain et thé noir. Diner — deux petits pains et thé noir. Souper — riz, aubergine et eau froide ». Pour des hommes aux travaux forcés, allongeant les pistes d’atterrissage de l’aéroport de Hong Kong au début, transportant le gravier dans des paniers, c’était complètement insuffisant relativement aux facteurs calorique et vitaminique. Welsh mourut le 5 octobre 1942. Ses camarades étaient tous en mauvaise santé, sans presque aucun médicament pour leurs maladies; beaucoup moururent de la diphtérie.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1171" title="Les prisonniers libérés se rassemblent pour en fumer une. [PHOTO : OM JACK HAWES, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA—PA151738]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2011/11/HongKongInset4.jpg" alt="Les prisonniers libérés se rassemblent pour en fumer une. [PHOTO : OM JACK HAWES, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA—PA151738]" width="515" height="346" />
<div class="credit">PHOTO : OM JACK HAWES, BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA—PA151738</div>
<div class="caption">Les prisonniers libérés se rassemblent pour en fumer une. </div>
</div>
<p>Empirant la misère des Canadiens, il y avait Kanao Inouye, « caporal honoraire » et interprète pour la Kempeitaï, la police secrète japonaise, qui rôdait dans le camp de prisonniers. Inouye, né à Kamloops, en Colombie-Britannique et sur­nommé le Kamloops Kid, se vengeait sur les prisonniers de la discrimination dont il avait été victime pendant son enfance. Trois moururent à la suite de ses attentions spéciales, d’autres reçurent de grosses raclées et un soldat se rappela qu’il était « sadique, c’est sûr ». Il y eut des châtiments après la défaite du Japon : Inouye comparut en justice et il fut jugé et pendu. Les officiers responsables de la torture et de l’exécution de quatre Winnipeg Grenadiers qui avaient essayé de s’échapper en aout 1942 furent aussi punis après la guerre.</p>
<p>En 1943, 1 184 prisonniers de guerre canadiens furent transportés par bateau au Japon et obligés de travailler dans des conditions répugnantes dans des mines et des chantiers navals. La nourriture, normalement à peu près 800 calories par jour et les médicaments étaient rares, et 136 prisonniers moururent dans les camps. Heureusement, les bombes atomiques à Hiroshima et Nagasaki mirent fin à la guerre et libérèrent les prisonniers après presque quatre ans d’emprisonnement, en aout 1945. MacPherson des Grenadiers se souvint qu’à Oeyama, le commandant du camp dit aux prisonniers « que la guerre était terminée et [qu’ils seraient] de nouveau tous amis. Il fit alors livrer un cochon à la porte et le laissa entrer librement dans l’enceinte. Je ne pense pas qu’il eut le temps de couiner avant d’aller au pot ». Quelques jours après, les B17 de la USAAF larguaient cent barils à huile pleins de nourriture aux prisonniers affamés. « J’ai mangé 32 grosses barres de chocolat Hershey, se rappela MacPherson, et 11 grosses boites de pêches en deux jours! Je ne faisais que manger et vomir, manger et vomir. » Comme beaucoup de prisonniers qui étaient sujets au béribéri, à la pellagre, aux « pieds électriques », et à d’autres maladies causées par la carence vitaminique, MacPherson avait déjà commencé à perdre la vue.</p>
<p>Quelques-uns des Canadiens capturés ont pardonné aux Japonais leurs mauvais traitements et la mort de 264 de leurs camarades dans les cages à prisonnier au Hong Kong et au Japon. La plupart des 1 418 Canadiens qui ont survécu à la guerre et sont revenus au pays ne le feraient jamais, et l’incapacité du Japon d’offrir réparation ou de présenter des excuses sincères n’a rien fait pour tempérer l’amertume de longue durée.</p>
<p>En 1998, j’ai obtenu le poste de directeur et chef de la direction du Musée canadien de la guerre. À ce moment-là, dans les locaux complètement inadéquats qui donnaient sur la promenade Sussex d’Ottawa, le musée avait une petite exposition sur la bataille de Hong Kong de décembre 1941, laquelle suggérait que la colonie de la couronne britannique et ses défenseurs, dont presque 2 000 Canadiens, avaient facilement succombé aux soldats japonais qui étaient mieux entrainés. L’exposition utilisait une grande partie de son espace pour dénoncer le trai­tement des prisonniers de guerre par le Japon, une exposition si insultante envers l’ambassade du Japon que le musée recevait des offres de donations de sociétés japonaises pour en adoucir le ton. Je n’ai rien changé à l’exposition.</p>
<p>Un jour, au milieu de mon mandat de deux ans, David Golden, fonctionnaire distingué à la retraite qui avait été sous-ministre de la production de défense puis de l’industrie et dirigeant de Télésat Canada, vint me voir. En 1941, à l’âge de 21 ans, il avait été officier des Winnipeg Grenadiers, me dit-il, et il avait survécu à la bataille et à quatre ans de détention. Il me demanda, exprimant l’avis de ses camarades, si le musée pouvait présenter la bataille de manière plus précise. Il y avait eu de nombreuses victimes canadiennes et japonaises lors des combats, ce qui indiquait clairement que les défenseurs de Hong Kong avaient résisté vigoureusement. Cela avait été une défaite, oui, mais les Canadiens s’étaient bien battus contre toute attente lors d’une lutte qui méritait d’être mieux reconnue. Golden avait tout à fait raison, au contraire du fonctionnaire de l’ambassade. Le Musée canadien de la guerre présente aujourd’hui la bataille de la force « C » d’une manière bien plus juste. Et j’espère que ce compte-rendu le fait aussi.</p>
<img src="http://www.legionmagazine.com/fr/?ak_action=api_record_view&id=1134&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2011/11/hong-kong/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>AFFECTATION AFGHANISTAN : L&#8217;HISTOIRE DE LA GUERRE IMPOSSIBLE</title>
		<link>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2011/09/affectation-afghanistan-lhistoire-de-la-guerre-impossible/</link>
		<comments>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2011/09/affectation-afghanistan-lhistoire-de-la-guerre-impossible/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 01 Sep 2011 05:01:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Adam Day</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.legionmagazine.com/fr/?p=1015</guid>
		<description><![CDATA[Le point de vue d’un journaliste sur la mission de combat canadienne au Kandahar, 2006-2011

En 2008, lors d’un après-midi fiévreux en Afghanistan, je pense avoir compris la guerre.

Mes souvenirs de Zangabad ne sont qu’un enchainement de moments confus et de contrariétés. Ce jour-là, en avril, le village presque désert n’était qu’un labyrinthe de murs en boue fauves, quelques fermiers louches et des EEI désastreux.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le point de vue d’un journaliste sur la mission de combat canadienne au Kandahar, 2006-2011</strong></p>
<p><strong>En 2008, lors d’un après-midi fiévreux en Afghanistan, je pense avoir compris la guerre.</strong></p>
<p>Mes souvenirs de Zangabad ne sont qu’un enchainement de moments confus et de contrariétés. Ce jour-là, en avril, le village presque désert n’était qu’un labyrinthe de murs en boue fauves, quelques fermiers louches et des EEI désastreux.</p>
<p>J’accompagnais une patrouille de fantassins. Ils avaient pour mission d’assurer la sécurité lors de la construction d’une nouvelle route passant par Haji et Zangabad jusqu’à Mushan.</p>
<p>La route devait apporter la paix et la prospérité au Panjwaii occidental, la partie la plus hostile du district le plus hostile du Kandahar, si ce n’est du pays.</p>
<p>Leur mission ne se passait pas très bien. La route était cons­tamment piquetée d’EEI. Les Canadiens et les Afghans mou­raient et le projet en entier était compromis.</p>
<p>Cette patrouille-là ne se passait pas très bien non plus. Elle avait pour but de recueillir des renseignements sur les activités des insurgés et de cibler de nouveaux projets à réaliser afin de commencer la reconstruction de la communauté. Mais il y avait un hic. Les gens de la place refusaient de parler. Chaque fois que le commandant de la patrouille — un capitaine — et l’agent de relations civiles-militaires essayaient d’engager la conversation avec eux, ils recevaient un déni.</p>
<p>Les villageois avaient peur. Ils refusaient de coopérer avec les Canadiens parce qu’ils avaient peur des talibans. Et les Canadiens ne pouvaient pas les protéger s’ils ne collaboraient pas en fournissant des renseignements.</p>
<p>C’était l’énigme classique. Et il fallait la résoudre pour que les Afghans locaux puissent penser à soutenir le gouvernement central de Kaboul, ce qui devait arriver afin que l’Afghanistan puisse se débarrasser de son statut d’État en déroute, et ce qui devait arriver afin que le Canada et d’autres pays n’aient plus à s’inquiéter du terrorisme exporté d’Afghanistan.</p>
<p>Le travail, qui semblait presque impossible, s’est révélé encore plus difficile.</p>
<p>La patrouille se trouvait au bord du village, près d’une école bombardée. En quelques minutes, plus un son n’en provenait. Un bavardage fut entonné à la radio : les insurgés avaient tendu une embuscade en avant.</p>
<p>Ce qu’il fallait faire n’était pas évident. En avançant, on risquait d’en arriver à un échange de coups de feu; en se repliant, la patrouille se soldait par un échec. Il y eut une dispute chez les Canadiens. Le capitaine commandant la patrouille ordonnait le repli, le sergent expert en relations civiles-militaires voulait continuer malgré les risques.</p>
<p>Les deux soldats m’ont expliqué leur façon de penser par la suite.</p>
<p>Le sergent voulait avancer; il lui fallait débarrasser le secteur d’insurgés pour pouvoir amorcer la reconstruction. Le capitaine le savait bien, mais il ne se croyait pas en position d’ordonner une avance vers un emplacement ennemi bien défini avec si peu de soldats et si peu de possibilités de renforts.</p>
<p>D’après les plans, le secteur aurait déjà dû être libre d’insurgés et ces soldats étaient venus construire. Toutefois, personne n’avait dit aux insurgés qu’ils avaient débarrassé le secteur. Ils étaient toujours là, et cela compliquait l’affaire parce qu’il n’y avait pas suffisamment de soldats pour s’en occuper.</p>
<p>Au cours de mes cinq années de reportages, de mes quatre voyages au Kandahar et de mes six semaines à l’extérieur des barbelés, la guerre s’était tellement compliquée que plus rien ne me semblait sensé. Mais, ce jour-là, à Zangabad, la lumière fut et je compris quelque chose : la mission à laquelle participaient les soldats ne pouvait que faire fiasco.</p>
<p>Quelques mois plus tard, la reconstruction de la route au Panjwaii de l’Ouest était abandonnée, les bases canadiennes étaient toutes démantelées et le secteur était abandonné à l’ennemi.</p>
<p><strong>L’odeur du paradis se répand</strong></p>
<p>Le martyre approche. Cette phrase avait été écrite par le bombardier du 11 septembre Ziad Jarrah dans ses notes personnelles avant l’attaque.</p>
<p>Pour le Canada, la guerre a commencé le 11 septembre 2001, quand al-Qaïda a attaqué les États-Unis et que l’OTAN a répondu en invoquant son pacte de défense mutuelle.</p>
<p>L’intervention militaire débuta quand les talibans refusèrent de livrer Oussama Ben Laden à la justice.</p>
<p>La mission avait pour but de détruire al-Qaïda et passer à l’offensive contre les militants islamistes.</p>
<p>Cependant, au-delà du 11 septembre et du terrorisme, la guerre, de bien des façons, concernait le progrès, c’est-à-dire ce que le progrès signifie et qui peut définir les règles de base du fonctionnement de la société et du monde.</p>
<p>Pour Ben Laden, al-Qaïda et les talibans, le progrès signifiait un recul à pleins gaz par rapport au monde moderne. Ils voulaient créer un État islamiste parfait, un royaume sauvage où règneraient la charia et la piété sans limites. Un tel endroit n’a jamais vraiment existé que dans un livre — le Coran — et la mauvaise interprétation de ce texte par les militants islamistes leur a donné un but qui n’est qu’une fantaisie religieuse pro­venant d’un Âge sombre.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1039" title="Une evasan après l’explosion d’un EEI. [PHOTO : ADAM DAY]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2011/09/AfghanInset21.jpg" alt="Une evasan après l’explosion d’un EEI. [PHOTO : ADAM DAY]" width="515" height="409" />
<div class="credit">PHOTO : ADAM DAY</div>
<div class="caption">Une evasan après l’explosion d’un EEI. </div>
</div>
<p>Voilà pourquoi ils étaient nos ennemis : ils voulaient nous détruire et transformer le monde en un paradis totalitaire comme ils l’imaginent, où les femmes sont des esclaves, les hommes sont purs et Dieu est roi. C’est un monde dont on peut voir l’atrocité dans les gestes posés par les talibans eux-mêmes : ils frappent les femmes à coups de barres de métal dans les rues, ils aspergent d’acide les jeunes filles qui veulent apprendre à lire, ils assassinent tous ceux qui s’opposent à eux.</p>
<p>Bien entendu, ces extrémistes ont tort; ce sont d’éternels perdants qui ne peuvent pas résister à l’attrait d’une confrérie dans un culte de la mort et dont la seule réponse aux défis implacables et aux difficultés d’un monde moderne qu’ils sont incapables de comprendre est d’essayer de le détruire, cherchant le paradis en le créant ici bas, jusqu’à la mort.</p>
<p>Il n’y a pas de doute qu’il fallait les combattre. Les Canadiens se sont toujours opposés à ce qu’un groupe impose ses idées aux autres au détriment de leur liberté. On appelle cela le fascisme et tout groupe d’hommes assez stupides pour en mena­cer le monde devrait s’attendre à encourir la colère de ce dernier.</p>
<p>Mais c’est là où les choses se compliquent.</p>
<p>Cet ennemi mérite d’être combattu, c’est sûr, mais ce n’est pas toujours lui que nous combattions en Afghanistan.</p>
<p><strong>L’embrouillement de la guerre</strong></p>
<p>En juin, j’ai rencontré un soldat dans un bar au Canada central. Nous avions passé quelques semaines ensemble au Panjwaii, une fois. Je lui ai dit que j’écrivais cet article-ci, que j’essayais d’écrire une courte histoire de la guerre du Canada au Kandahar. Je lui ai dit que j’avais l’intention de dire la vérité à ce sujet.</p>
<p>Le bar était sombre et la musique plutôt forte. Il secoua la tête, ses lèvres dessinant un sourire comme celui qu’on a quand la personne à qui l’on parle est trop bête. « Bonne chance », me dit-il.</p>
<p>Qu’entendait-il exactement? Eh bien, c’est difficile à dire. Mais permettez-moi d’essayer.</p>
<p>Il sait qu’il n’y a vraiment qu’une seule histoire importante que je puisse raconter. C’est l’histoire des soldats, l’histoire des Canadiens envoyés à une terre lointaine pour combattre, suivre les ordres, essayer l’impossible et s’efforcer de ne pas mourir ni de perdre les jambes. Ce n’est pas exactement une histoire de triomphe après le tumulte. C’est une histoire complexe et étrange, celle d’une guerre que l’on a peu de chances de gagner. C’est une histoire, il le sait, que personne ne veut fort probablement entendre.</p>
<p>Les Forces canadiennes sont allées au Kandahar en 2006 afin d’établir l’ordre et la civilité dans toute la province. Au début, le groupement tactique devait assurer la sécurité de l’équipe de reconstruction provinciale qui devait mener à bien toutes sortes de projets.</p>
<p>Cela n’a pas eu lieu.</p>
<p>Depuis le début, la guerre était plutôt tumultueuse, agitée, mouvementée : un état d’urgence constant dans lequel le groupement tactique traversait tout le Kandahar, et même jusqu’à la province d’Helmand, écrasant toute activité des insurgés où qu’ils les trouvassent.</p>
<p>Au fil du temps, à mesure que l’opposition se manifestait, le secteur des opérations des Canadiens — toute la province au début — rapetissa jusqu’à n’être plus que quelques districts autour de Kandahar et même, pour finir, plus que la moitié du district de Panjwaii.</p>
<p>Dans le bar, au Manitoba, je dis au soldat que j’essayais d’expliquer ce rétrécissement.</p>
<p>« Dites donc cet échec », me répondit-il.</p>
<p>Peut-être. Mais ce qui a eu lieu ne se résume pas qu’à un échec.</p>
<p><strong>Une nouvelle génération d’anciens combattants</strong></p>
<p>Il y a comme un secret ignoble à propos des Canadiens en guerre. Les soldats de cette génération ont adhéré à une fraternité historique : les gens qui ont été témoins de ce qui est en deçà de la civilité, bien au-delà des discours des politiciens, ceux qui ont été témoins de ce qu’il y a de brutal en dessous du vernis.</p>
<p>Les inconvénients de cette expérience sont graves. Patrouiller parmi les bombes, c’est comme une grande loterie inverse où les plus malchanceux perdent tout d’un seul coup.</p>
<p>En outre, quand vous passez assez de temps là-bas, il faut bien que votre tour arrive.</p>
<p>La mission au Kandahar a couté la vie à plus de 150 Canadiens. Beaucoup de centaines d’entre eux ont perdu des jambes ou des bras et ont été blessés de diverses façons.</p>
<p>Mais ce n’est pas tout.</p>
<p>Les survivants, des dizaines de milliers d’entre eux, prenaient des risques qu’il est difficile d’imaginer, vraiment difficile à comprendre.</p>
<p>À moins d’avoir marché au Panjwaii occidental, de la base de patrouille Sperwan Ghar au sous-poste de la police Zangabad; à moins de s’être attaché dans un Geländewagon non blindé et d’être allé au cœur de la violente opération Méduse; à moins d’avoir assisté à une explosion dans un Bison sur la route Hyena, dans un VAL ou dans un Nyala, et à moins d’avoir été pris pour cible dans un Griffon, un Blackhawk ou un Chinook, il vous sera difficile de comprendre ce que les soldats canadiens de cette génération ont enduré. Vous ne pourrez jamais comprendre non plus l’étendue de leur sacrifice.</p>
<p>En voici un aspect : quand vous ne savez pas combien de temps il vous reste à vivre, vous ne pensez plus particulièrement à l’avenir. Le spectre de la violence vous met temporairement dans un état d’intemporalité. C’est un problème, parce que quand on se met à ne pas tenir compte de l’avenir, il est difficile de se rappeler qu’on sait le faire. Lorsqu’on a éprouvé un tel détachement, quand ces liens ont été tranchés, il est ardu de les rattacher quand on rentre chez soi.</p>
<p>On finit par avoir l’impression qu’y retourner est la seule chose qui soit sensée. Quant au soldat au bar, la seule chose qui l’inquiétait vraiment, c’est que la guerre était terminée.</p>
<p><strong>Mission inexpliquée</strong></p>
<p>Bien sûr, la guerre n’est pas terminée. Mais le Canada quitte le champ de bataille. C’est la première fois de l’histoire que le Canada se retire d’un combat avant que la guerre ne soit gagnée.</p>
<p>Pourquoi est-ce arrivé? Hélas, ce n’est pas simple.</p>
<p>En 2006, j’ai eu un entretien avec le colonel Fred Lewis qui était alors commandant adjoint de la force opérationnelle canadienne au Kandahar.</p>
<p>Au terrain d’aviation de Kandahar, un document très important était épinglé au mur de Lewis : c’était plus ou moins le plan de campagne canadien, un diagramme de ce qui devait avoir lieu pour établir un État afghan qui fonctionne. Et l’élément clé de la campagne, c’était, chose intéressante, le public canadien.</p>
<p>Voici ce que Lewis disait à propos du plan.</p>
<p>« La volonté du peuple canadien est notre centre de gravité. Alors, disons que le centre de gravité est notre puissance. Si notre puissance vient à manquer, nous perdons. »</p>
<p>Je trouvais cela extraordinaire, alors je lui demandai : « Comment une force militaire peut-elle soutenir ou maintenir la volonté du peuple canadien? »</p>
<p>« Ouais, répliqua-t-il. Vous savez, c’est là la question capitale. C’est ça qui est difficile à faire. »</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1036" title="L’infanterie à Salavat. [PHOTO : ADAM DAY]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2011/09/AfghanInset4.jpg" alt="L’infanterie à Salavat. [PHOTO : ADAM DAY]" width="515" height="388" />
<div class="credit">PHOTO : ADAM DAY</div>
<div class="caption">L’infanterie à Salavat. </div>
</div>
<p>En plus du fait que l’armée n’est pas équipée pour influencer l’opinion du public canadien et qu’elle n’a pas la permission de le faire (cette tâche incombe aux politiciens), les grandes lignes de la mission seraient toujours difficiles à vendre. Et les questions sont valables : est-ce que le long combat avec les insurgés est la meilleure manière de lutter contre les extrémistes islamiques en Afghanistan? Comment exactement en est-on arrivé à ce que de jeunes hommes et femmes du Canada aillent à un pays en développement de l’autre côté de la planète se battre avec des agriculteurs afghans xénophobes et des fanatiques religieux irréductibles pour défendre New York, Washington et Ottawa?</p>
<p>Bien que la mission était sensée en ce qui concerne la stratégie — al-Qaïda devait être détruite, les talibans, vaincus et l’Afghanistan, transformé en un endroit stable où les terroristes ne puissent plus se réfugier et s’entrainer pour nous attaquer — dans l’opinion publique, tout cela dépassait la mesure.</p>
<p>Les sondages expliquent tout : les Canadiens n’ont jamais vraiment cru en la mission. Les données sont vraiment catégoriques. Dans au moins 30 sondages sur l’opinion pu­bli­que menés entre le début de 2006 et la fin de 2010, plus de 50 p. 100 des Canadiens indiquaient qu’ils s’opposaient à la mission en Afghanistan.</p>
<p>Quant au gouvernement Harper, il ne voulait pas vraiment justifier les fondations stratégiques de la guerre.</p>
<p>Il a plutôt cherché un moyen de rendre la guerre plus accep­table pour les indécis. En 2006, le gouvernement organisait une série de groupes de discussion dans sept centres du pays afin de découvrir les messages les plus agréables pour la guerre.</p>
<p>« Cet exercice a été entièrement documenté dans l’article Losing Heart: Declining Support and the Political Marketing of the Afghanistan Mission » paru dans la Revue canadienne de science politique en 2009.</p>
<p>« Le rapport annonçait que […] le soutien pourrait être renforcé chez les “partisans modérés” de la mission et ceux qui hésitaient entre le soutien et l’opposition. Ils devraient tous être la cible d’une “campagne d’information” agressive insistant “sur des exemples concrets du progrès (concentrés surtout sur les femmes et les enfants), sur l’engagement de l’ONU et de l’OTAN, et sur la clarté concernant le besoin de sécurité et de stabilité afin de procurer de l’aide et d’entreprendre la diplomatie”. »</p>
<p>On ne sera pas surpris qu’il existât un désir politique de mener une campagne de relations publiques pour présenter la guerre sous un certain angle.</p>
<p>La guerre est-elle arrivée vraiment au stade de la reconstruction? Voilà la vraie question.</p>
<p>Le talon d’Achilles de la mission, c’était l’incapacité de débarrasser le Kandahar d’insurgés. Aucune théorie de contre-insurrection ni de campagne de relations publiques, si soigneusement échafaudées soient-elles, ne pouvaient suffire à compenser le manque de bottes sur le terrain.</p>
<p><strong>Mieux et pire en même temps</strong></p>
<p>Alors qu’avons-nous accompli? En 2006, Bazaar-e-Panjwaii était une ville fantôme où se trouvaient les insurgés; l’école était une base militaire. En 2010, j’ai été en mission à partir de Masum Ghar; nous avons traversé Bazaar-e-Panjwaii à pied, l’école avait des centaines d’élèves, et les marchés prospéraient. Et puis la patrouille a échangé des coups de feu dans la ville, à la vue des Canadiens qui se trouvaient derrière les barbelés de Masum Ghar.</p>
<p>Les insurgés étaient encore dans la ville.</p>
<p>Alors, bien que la situation se soit améliorée de bien des manières, elle est quand même aussi violente et incontrôlée que jamais.</p>
<p>En 2009, étant revenu au pays, je perdais mon temps à l’ordinateur en jouant avec le tout nouveau moteur de recherche à la pointe de la technologie appelé Wolfram Alpha qui, dit-on, peut répondre à n’importe quelle question, si difficile soit-elle. Alors je l’ai testé avec la question la plus difficile que j’ai pu : « quel est le problème en Afghanistan? »</p>
<p>Tout ce que j’ai obtenu, c’était la fiche technique d’un pays. C’était décevant au début, mais je me suis mis à lire les renseignements. L’Afghanistan a une frontière de 2 430 kilomètres avec le Pakistan et une de 936 kilomètres avec l’Iran, l’espérance de vie est de 44,6 années (217e au monde), l’âge moyen est de 17,6 ans (204e au monde), il y a quatre ethnies principales qui parlent principalement cinq langues, le taux d’alphabétisation est de 28,1 p. 100, le PIB est de 217,79 $ par personne (233e au monde) et le taux de chômage est de 40 p. 100 (14e au monde).</p>
<p>Ainsi, le pays équivaut à un groupe de jeunes analphabètes pauvres qui vivent dans un mauvais quartier et qui n’ont pas vraiment d’espoir d’avenir. Oui, c’est ça le problème.</p>
<p>La paix est difficile à imaginer pour l’Afghanistan. Les tensions et les rivalités entre les ethnies, la corruption répandue, le manque d’éducation, la présence d’armes, et le voisin officieux, pour ne pas dire carrément déstabilisateur, qu’est le Pakistan. Des fois, on dirait que l’Afghanistan est un pays fait pour la guerre civile. En 2006, le Canada y entrait en plein milieu; en 2011, il quittait le Kandahar. Comment avons-nous modifié la vie des Afghans et l’histoire moderne du pays? Rien de tout cela n’est clair.</p>
<p>La mission n’a pas manqué de succès, petits et grands, mais le public canadien a encore beaucoup de doutes à propos de la guerre. Il n’y a pas longtemps, quelqu’un m’a demandé si elle avait valu la peine, si ce que la mission a donné au Canada valait ce que nous y avons perdu. J’ai réfléchi pendant quelques secondes, mais tout ce que je pouvais dire c’est que ce n’était pas la bonne question à poser. Il ne s’agissait pas d’un combat que qui que ce soit eut pu désirer. On ne pouvait certainement pas laisser al-Qaïda bien installée et protégée par les talibans en Afghanistan. Il y a des choses qui méritent qu’on se batte pour elles, et c’en est une. Les talibans sont éparpillés et Oussama Ben Laden est mort. Ce sont là des résultats.</p>
<p>Le prix a été élevé. Par exemple, l’armée canadienne a été profondément modifiée. Au début, en 2006, il s’agissait surtout d’une armée de gens faisant carrière; les caporaux-chefs d’une trentaine d’années étaient nombreux et ils étaient très compétents, faisant ce qu’ils aimaient faire. Ces deux ou trois dernières années, les fantassins sont devenus plus jeunes, des gars qui se sont engagés pour aller à la guerre, une armée de gars qui n’avaient pas l’intention de porter l’uniforme toute leur vie. Il y a eu des conséquences. Je parlais à une simple soldate de 19 ans à Salavat, en 2009, et je lui ai demandé pourquoi elle s’était engagée. Elle avait une réponse toute prête. « Je pensais qu’aller à la guerre, ce serait bon pour mon CV. »</p>
<p>Peut-être qu’au moins nous avons acquis l’humilité que l’on a quand on réalise que notre vision a dépassé nos capacités, que notre capacité d’imaginer un résultat dépasse parfois notre capacité de l’atteindre.</p>
<p><strong>La victoire est un état d’âme</strong></p>
<p>La route du Panjwaii de l’Ouest a été complétée au printemps 2011. Il a fallu une vraie légion de soldats américains pour assurer la sécurité pendant la construction, mais les soldats canadiens étaient aussi là pour le voir.</p>
<p>Peut-être que tout le monde va finir par oublier la route de Mushan, mais nombreux sont les Canadiens qui sont morts pour elle.</p>
<p>Peu après l’ouverture de la route, le premier ministre Stephen Harper est allé au Panjwaii une dernière fois y prononcer un dernier discours.</p>
<p>« Le régime brutal des talibans matraquait ses propres citoyens et abritait les pires tueurs du monde : des hommes baignant dans leur propre mal au point où ils croyaient que leurs ambitions épouvantables n’étaient rien de moins que la volonté de Dieu. »</p>
<p>« Le monde est venu en Afghanistan parce que c’était un endroit si brutal qu’il était devenu un danger pour le monde entier, disait Harper aux journalistes. Quels que soient les problèmes et les défis qu’il reste, l’Afghanistan ne représente plus un danger pour le monde. »</p>
<p>Ce n’était ni plus ni moins qu’une déclaration de victoire. Bien que ce fut audacieux — l’Afghanistan n’est pas encore tout à fait libre de terroristes — l’histoire décidera si en gros Harper avait raison.</p>
<p>Permettez-moi de vous proposer une manière de le savoir : si Mushan, Zangabad et le Panjwaii deviennent un jour assez paisibles et hospitaliers pour que les Canadiens puissent y bâtir des monuments à leurs morts militaires et qu’ils puissent y aller en visite quand ils voudront, peut-être pourra-t-on alors crier victoire.</p>
<img src="http://www.legionmagazine.com/fr/?ak_action=api_record_view&id=1015&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2011/09/affectation-afghanistan-lhistoire-de-la-guerre-impossible/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>OÙ TERRE-NEUVE SE SOUVIENT</title>
		<link>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2011/09/ou-terre-neuve-se-souvient/</link>
		<comments>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2011/09/ou-terre-neuve-se-souvient/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 01 Sep 2011 04:10:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.legionmagazine.com/fr/?p=1045</guid>
		<description><![CDATA[Il n’y a plus de survivant de ce qu’IL s’est passé le 1er juillet 1916 À Beaumont-Hamel, en France, le jour où 801 membres du Newfoundland Regiment ont avancé sous un déluge de balles. Les faits et les chiffres sont consignés dans les livres d’histoire : il ne fallut qu’une demi-heure pour décimer le régiment; seulement 68 de ses membres répondirent à l’appel le lendemain.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Il n’y a plus de survivant de ce qu’IL s’est passé le 1er juillet 1916 À Beaumont-Hamel, en France, le jour où 801 membres du Newfoundland Regiment ont avancé sous un déluge de balles. Les faits et les chiffres sont consignés dans les livres d’histoire : il ne fallut qu’une demi-heure pour décimer le régiment; seulement 68 de ses membres répondirent à l’appel le lendemain.</strong></p>
<p>outefois, certains ont l’intention de compléter les faits, d’empêcher que ne s’estompent les souvenirs des Terre-Neuviens des villes et des côtes, des frères, des oncles, des pères et des fils; les hommes et garçons qui se sont portés volontaires pour se battre à la Grande Guerre, comme Leonard True Rendell qui avait 25 ans quand il s’est engagé le 2 septembre 1914.</p>
<p>« Si je suis ici aujourd’hui, avec vous, c’est en partie grâce à mon arrière-grand-père Rendell et à bien d’autres encore qui se sont battus à la Première Guerre mondiale », dit Andrew Redmond, âgé de 17 ans, de Middle Cove (T.-N.). Lors du 95e anniversaire de la bataille où ont été établies les bases de la formidable réputation du Newfoundland Regiment, qui a obtenu l’appellation Royal en 1917, Redmond a rendu hommage à son aïeul au Mémorial terre-neuvien de Beaumont-Hamel, en France. « C’est grâce à leurs sacrifices que nous vivons dans un pays libre. »</p>
<p>En compagnie d’autres fiers Terre-Neuviens, dont le colonel Maurice Hynes, ancien commandant du 2e Bataillon du Royal Newfoundlant Regt. à la retraite, le clairon sergent James Prowse du Royal Newfoundland Regt. Band et la sergente de la GRC Sue Efford de Foxtrap (T.-N.), Redmond faisait partie d’une délégation d’Anciens Combattants Canada rendant hommage aux soldats qui ont combattu à la Somme, et qui ne sont plus. Le ministre des Anciens Combattants, Steven Blaney, était à la tête de la délégation composée aussi de la sous-ministre Suzanne Tining et d’autres employés du ministère. La Légion royale canadienne était représentée par sa présidente nationale, Pat Varga. Eugene Heesaker du Conseil national des associations d’anciens combattants, Neil McKinnon de l’Association des anciens combattants de l’armée, de la marine et des forces aériennes du Canada, Jarrott Holtzhauer de l’Organisation canadienne des vétérans de l’OTAN et Allan Glass de l’Association du Canada des anciens combattants de la guerre du Golfe, les députés Brian Jean, Peter Stoffer et Sean Casey et les sénateurs Donald Plett et Joan Fraser faisaient également partie du groupe, en plus de représentants de la jeunesse, du régiment et du ministère de la Défense nationale.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1054" title="La présidente nationale de la Légion, Pat Varga, dépose une couronne au monument de Courcelette. [PHOTO : SHARON ADAMS]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2011/09/BeaumontInset1.jpg" alt="La présidente nationale de la Légion, Pat Varga, dépose une couronne au monument de Courcelette. [PHOTO : SHARON ADAMS]" width="515" height="369" />
<div class="credit">PHOTO : SHARON ADAMS</div>
<div class="caption">La présidente nationale de la Légion, Pat Varga, dépose une couronne au monument de Courcelette. </div>
</div>
<p>« C’est un honneur de représenter le Royal Newfoundland Regiment », dit Prowse, qui a joué à une demi-douzaine de cérémonies pour des délégations aux monuments et cimetières de la Somme. « Les divers liens au régiment que nous avons tous remontent à quelques générations. Je suis très fier d’être ici et de porter l’insigne de coiffure » arborant un myosotis que portent les membres du régiment chaque année le jour du Souvenir de Terre-Neuve, le 1er juillet.</p>
<p>La bataille de Beaumont-Hamel eut lieu le premier jour de la bataille de la Somme : le « grand coup » qui devait en finir avec l’impasse de la guerre des tranchées de la Première Guerre mondiale. Les troupes britanniques et françaises se lancèrent à l’attaque à 7 h 30, en plein jour, ce qui entraina les pires pertes de l’histoire de l’armée britannique « Massacre à la Somme », juillet-aout 2011).</p>
<p>Le champ de bataille était près de la partie nord du front de 45 kilomètres. L’artillerie avait pilonné les lignes allemandes pendant cinq jours avant l’attaque, dans l’intention de détruire les fils de fer barbelés de la zone neutre et de tuer ou démoraliser les soldats allemands. Mais ces derniers étaient retranchés bien profondément sous terre et les bombes n’affectèrent guère les barbelés. À 7 h 20, la détonation d’une mine avertit les Allemands et, 10 minutes après, les premières vagues d’attaquants furent reçues par le feu inattendu des mitrailleuses et des fusils.</p>
<p>Le 1st Newfoundlant Regt. attendait dans une tranchée qui était invisible du champ de bataille. Les hommes, mesurant en moyenne 5 pieds 2 pouces, étaient chargés de sacs à dos pesant 27 kilogrammes car pleins de nourriture, d’eau, de provisions et d’outils. Leur objectif était de prendre et d’occuper la deuxième position des Allemands, à environ deux kilomètres. Ils portaient aussi des échelles qui devaient leur servir à traverser les tranchées. Mais quand ils quittèrent leur tranchée de soutien — sur­nommée la route de St. John’s — à 9 h 15, les tranchées devant eux étaient pleines de morts et de blessés, les obligeant à avancer à découvert, sans protection. Dans la zone neutre, leur silhouette se détachait sur la crête, et ils étaient des cibles faciles pour les mitrailleurs et les fusiliers qui se tenaient dans leurs tranchées à 500 mètres en bas de la pente.</p>
<p>Rendell fut blessé au bras et à l’épaule, types de blessures probablement répandues à cause de la manière dont les Terre-Neuviens se lançaient à l’attaque, le menton contre la poitrine, comme contre un vent fort. « Les balles volaient tout autour d’eux, dit Prowse. À Terre-Neuve, il est habituel de lever le bras pour se protéger le visage du vent froid hivernal, et c’était aussi leur réaction quand ils affrontaient les balles. »</p>
<p>Les survivants avançaient malgré la grêle d’acier. « Je suis toujours ébahi quand je pense à leur courage, dit Hynes, qui représentait l’association du Royal Newfoundland Regt. Ils ont peut-être peur de s’arrêter, mais ils ont été entrainés à ne pas abandonner […] quand les choses arrivent tout d’un coup, l’entrainement revient, c’est ce qu’on appelle la Black Spot [tache noire, n. d. t.]. On est concentré, on a une poussée d’adrénaline. On a aussi le sentiment que “ce sera pas moi”; quand on a 18, 19 ou 20 ans, [on pense] qu’on est invincible. » Malgré les camarades qui tombaient autour d’eux, les Terre-Neuviens continuaient vers la ligne allemande tant qu’ils pouvaient encore marcher, certains s’abritant derrière l’Arbre du danger à mi-chemin de la côte, lequel attirait un feu nourri. Au bout du compte, il ne restait plus personne debout.</p>
<p>Un triangle en métal brillant avait été fixé à leur sac à dos afin que les commandants puissent suivre leur progrès au moyen de jumelles. « Bien entendu, au bout d’un quart d’heure, dit Hynes, ils avaient été presque entièrement exterminés. » Hynes raconte des histoires dont lui a fait part Walter Tobin, dernier survivant du Newfoundland Regt. à Beaumont-Hamel, mort en 1995, à l’âge de 97 ans. On ne pouvait pas ramasser les blessés pendant la journée à cause du feu dévastateur, et Tobin se souvenait de soldats adolescents qui appelaient leur mère. Beaucoup de blessés furent ramenés, dit Hynes, « mais ils ont dû attendre que la nuit tombe » et il y en avait tant que cela dura plusieurs jours, pendant lesquels beaucoup d’entre eux moururent. Ce jour-là, il y eut 255 morts, 386 blessés et 91 disparus; il fallut des mois au régiment pour se reformer.</p>
<p>Terre-Neuve, qui était alors un dominion de la Grande-Bretagne, avait répondu à l’appel immédiatement quand la guerre fut déclarée. « C’était une vocation supérieure, quelque chose de plus important que soi-même, dit Hynes. Les gens ressentaient le devoir de servir Dieu, le roi et la patrie, ainsi que la famille ». Étant donné qu’ils venaient de collectivités isolées, « ils pensaient aussi qu’ils avaient le devoir de répondre aux appels à l’aide », y compris celui de la Grande-Bretagne quand elle déclara la guerre.</p>
<p>Pour certains, la guerre était un gage d’aventure. « Beaucoup étaient des pêcheurs qui n’avaient jamais voyagé plus loin que là où leur bateau les avait emmenés, dit la guide de Beaumont-Hamel, Allison Stentaford de Manuels (T.-N.). Ils n’avaient même pas voyagé au Canada. » D’autres s’enrôlaient pour obtenir un revenu stable car la plupart des Terre-Neuviens gagnaient leur vie de façon précaire en pêchant la morue, en chassant les phoques ou en coupant des arbres.</p>
<p>Le régiment fut formé et équipé si rapidement qu’il fallut emprunter le tissu des bandes molletières à la réserve navale; c’est ainsi que les 500 premiers qui s’enrôlèrent furent surnommés The Blue Puttees (les bandes molletières bleues, n. d. t.). Pères et fils, oncles, neveux et cousins s’enrôlèrent ensemble. « Ils se connaissaient tous, dit Hynes. C’était un régiment familial. » Il n’y eut donc que peu de familles qui ne furent pas affectées par les pertes. Les recrues du Newfoundland Regt. venaient de 800 des 1 200 collectivités de l’ile. En 1918, l’archevêque Edward Patrick Roche dit qu’il n’y avait que peu de districts où l’on ne pleurait pas des fils. « La guerre est [...] comme un cauchemar effroyable dont on ne peut s’affranchir. » L’impact causé par la perte de tant de fils à la Grande Guerre est encore ressenti aujourd’hui, dit Hynes de Stephenville (T.-N.).</p>
<p>Dans le Newfoundland Book of Remembrance [livre du souvenir de Terre-Neuve n.d.t.] , 1867-1949, il est écrit :</p>
<p>Où un homme est mort bravement</p>
<p>En accord avec sa destinée, cette terre est sienne.</p>
<p>Que se souvienne son village.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1057" title="Le sergent James Prowse tient des myosotis délicatement. [PHOTO : SHARON ADAMS]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2011/09/BeaumontInset21.jpg" alt="Le sergent James Prowse tient des myosotis délicatement. [PHOTO : SHARON ADAMS]" width="515" height="778" />
<div class="credit">PHOTO : SHARON ADAMS</div>
<div class="caption">Le sergent James Prowse tient des myosotis délicatement. </div>
</div>
<p>Bien que les sentiments soient vifs, 95 longues années ont permis aux souvenirs de s’estomper. Le programme de commémoration d’Anciens Combattants Canada sert à maintenir la vitalité des souvenirs. Hynes s’est renseigné sur son grand-oncle George Emberly de Fortune Bay (T.-N), tué le 8 octobre 1917, en consultant le Mémorial virtuel de guerre du Canada, à http://www.veterans.gc.ca/fra/sub.cfm?source=collections/monumentvirtuel. Pendant le voyage, la présidente nationale a visité le cimetière Drummond qui est entretenu par la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth. Il est situé sur la route Arras-Cambrai près de Raillencourt, en France, et entouré par des champs paisibles où poussent des coquelicots sauvages. L’arrière-grand-père de Varga, le sergent suppléant Patrick Rudden des 2nd Canadian Mounted Rifles, est enterré « en compagnie de 87 autres […] qui furent tous tués le 29 septembre 1918. »</p>
<p>La cérémonie réglée en l’honneur du 95e anniversaire de la bataille eut lieu au Mémorial terre-neuvien de Beaumont-Hamel, à neuf kilomètres à peu près au nord d’Albert, en France. Il y a, sur un tertre, un grand caribou en bronze, emblème du Royal Newfoundland Regiment, qui défie l’ennemi. À la base du tertre, le nom des 820 membres du Newfoundland Regt., de la Newfoundland Royal Naval Reserve et des marins marchands morts, dont la sépulture est inconnue, est inscrit sur trois tablettes en bronze. William Jones de Pilley’s Island, qui s’est enrôlé dans la Naval Reserve à 23 ans et qui a disparu en mer lors d’une tentative de sauvetage en décembre 1915, est l’un d’entre eux. Son arrière-arrière-petite-fille, la guide de Beaumont-Hamel âgée de 21 ans, Shaundel Leamon de Little Rapids (T.-N.), a raconté son histoire à l’occasion de la cérémonie.</p>
<p>Des couronnes ont été déposées par Blaney, ainsi que par la première ministre de Terre-Neuve-et-Labrador Kathy Dunderdale, les représentants d’organisations d’anciens combattants et les représentants de la jeunesse Redmond et Sydnie D’Aoust de London (Ont.). « C’était une perte ressentie dans tous les coins de Terre-Neuve; on ne peut que s’imaginer à quel point ce jour-là était sombre partout dans l’ile », dit Blaney à la foule. Le 1er juillet est célébré par les autres Canadiens, mais « à Terre-Neuve, les cérémonies sont marquées par la joie ainsi que par la tristesse. Nous nous réjouissons de la nationalité canadienne, mais dans notre cœur il y a aussi le souvenir des jeunes garçons perdus […] à la guerre ».</p>
<p>« Nous revenons ici pour rendre hommage à ces braves jeunes hommes qui ont donné leur avenir pour les générations futures. L’histoire de Beaumont-Hamel ne survivra que si nous rappelons l’évènement et écrivons à son sujet. »</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-1061" title="Les Terre-Neuviens Maurice Hynes et Andrew Redmond au pied du Mémorial de Beaumont-Hamel. [PHOTO : SHARON ADAMS]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2011/09/BeaumontInset4.jpg" alt="Les Terre-Neuviens Maurice Hynes et Andrew Redmond au pied du Mémorial de Beaumont-Hamel. [PHOTO : SHARON ADAMS]" width="515" height="601" />
<div class="credit">PHOTO : SHARON ADAMS</div>
<div class="caption">Les Terre-Neuviens Maurice Hynes et Andrew Redmond au pied du Mémorial de Beaumont-Hamel. </div>
</div>
<p>Dunderdale a remercié ceux qui ont payé un prix démesuré pour mettre fin à la tyrannie, ceux qui se sont battus avec détermination et courage, et les centaines de familles qui ont payé le prix en entendant « la nouvelle bouleversante que leur fils ne reviendrait jamais ».</p>
<p>Le voyage de commémoration commença, le 30 juin, par une cérémonie au cimetière du Cabaret rouge, près de la crête de Vimy. Une tombe y marque le lieu de repos du Soldat inconnu du Canada dont les restes ont été rapatriés en 2000 et transportés à Ottawa, où ils gisent dans un sarcophage devant le Monument commémoratif de guerre du Canada. Plusieurs pèlerins allumèrent des cierges en mémoire des presque 40 000 Français enterrés au cimetière militaire français de Notre-Dame-de-Lorette. La première journée se termina par une cérémonie de dépôt de couronnes au Monument commémoratif du Canada à Vimy, où, en 1917, les quatre divisions canadiennes se sont battues ensemble pour la première fois.</p>
<p>Le 2 juillet, les délégués et les invités des collectivités environnantes prirent part à des cérémonies au mémorial de Courcelette et au Monument aux morts de Courcelette. La bataille de Flers-Courcelette préludait à la dernière grande tentative entreprise dans le but de faire une brèche dans les lignes ennemies. Le 15 septembre 1916, les 2e et 3e divisions canadiennes se lançaient à l’assaut aux côtés de neuf divisions britanniques. Suivant un barrage rampant sur un front de deux kilomètres et appuyés par des chars d’assaut, les 22e (Canadien français) et 25e (Nova Scotia) bataillons reprirent Courcelette. Le commandant du 22e, le lieutenant-colonel Thomas Tremblay, dit ceci sur les féroces combats de Courcelette : « Si l’enfer est aussi terrible que ce que j’ai vu à Courcelette, je ne voudrais pas que mon pire ennemi y aille. » Plus de 300 soldats du 22e furent tués ou blessés. « C’est là que la renommée du 22e a débuté », dit Mario Forest, représentant de l’Association du 22e. « Ils repoussèrent 13 contrattaques. »</p>
<p>Après Flers-Courcelette, les combats passèrent à la tranchée Regina, la tranchée allemande la plus longue du front occidental, où plusieurs vagues d’attaquants canadiens furent décimées l’une après l’autre. La tranchée finit par tomber en novembre 1916. En quatre mois et demi de combats, à la Somme, le front n’avait avancé que d’à peu près 10 kilomètres, au prix de plus de 620 000 victimes alliées, dont plus de 24 000 canadiennes.</p>
<p>Les restes des Canadiens dans les champs de bataille et les petits cimetières près de Courcelette furent transportés au Cimetière militaire d’Adanac après la signature de l’armistice. Ici, après la cérémonie commémorative du 3 juillet, la représentante de la jeunesse D’Aoust a raconté l’histoire de James Cleland Richardson : un cornemuseur âgé de 20 ans du 16th Scottish Battalion (canadien) à qui fut décernée la Croix de Victoria pour actes insignes de bravoure à la bataille de l’Ancre. Il jouait quand ses camarades se lancèrent à l’attaque pour la première fois, le 9 octobre. Les lourdes pertes, y compris la mort de leur commandant, démora­-li­sèrent les attaquants. Richardson se porta donc volontaire pour jouer à nouveau, marchant calmement à l’extérieur des barbelés, inspirant ses camarades à attaquer de nouveau.</p>
<p>Le cornemuseur de la délégation, le sergent William MacDougall des Queen’s Own Cameron Highlanders d’Ottawa, joua les airs choisis par Richardson en ce jour fatidique. « Comme c’est inspirant de se trouver sur le même sol que les hommes de notre régiment […] c’est la dernière chose que certains d’entre eux ont vue », dit MacDougall.</p>
<p>Le dernier service du voyage fut celui au Mémorial terre-neuvien de Gueudecourt, lieu de la bataille de Transloy et de la capture de la tranchée allemande Hilt, le 12 octobre 1916, au cout de 239 victimes.</p>
<p>Le régiment se rebâtit après Beaumont-Hamel et, dit Prowse, « c’était la bataille suivante du régiment : une victoire. Il y retournait en octobre, c’est une des rares unités qui ont atteint leur objectif ce jour-là. » Prowse voudrait que davantage de Canadiens le sachent. « Il y a tellement d’histoires de bravoure et de victoire qui concernent le Royal Newfoundland Regt., mais celle qu’on entend surtout, c’est que 68 soldats ont répondu à l’appel après Beaumont-Hamel. Le régiment s’est toutefois battu jusqu’à la toute fin de la guerre. »</p>
<p>« Je croyais que je savais ce qu’était la commémoration […] jusqu’à ce que je vienne ici pour la première fois, dit Varga, que je me promène dans les cimetières, et que j’entende les histoires. Je pense qu’on ne voit plus ça de la même manière après. Quand on associe des visages aux gens, ce ne sont plus seulement que des chiffres, des statistiques et des dates. »</p>
<img src="http://www.legionmagazine.com/fr/?ak_action=api_record_view&id=1045&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2011/09/ou-terre-neuve-se-souvient/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>MASSACRE À LA SOMME</title>
		<link>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2011/07/massacre-a-la-somme/</link>
		<comments>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2011/07/massacre-a-la-somme/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 04 Jul 2011 04:10:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>John Boileau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.legionmagazine.com/fr/?p=980</guid>
		<description><![CDATA[Le 1er juillet 1916, une armée britannique composée surtout de volontaires attaqua une force allemande bien entrainée et retranchée. Ce fut le jour le plus sombre de l’histoire militaire britannique. À la fin, il y avait eu plus de victimes que n’importe quel autre jour avant ou après : 30 000 pendant la première heure et 28 000 autres avant la tombée de la nuit. L’expression toute simple « le premier jour à la Somme » est depuis une expression représentant les horreurs de la Première Guerre mondiale.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le 1er juillet 1916, une armée britannique composée surtout de volontaires attaqua une force allemande bien entrainée et retranchée. Ce fut le jour le plus sombre de l’histoire militaire britannique. À la fin, il y avait eu plus de victimes que n’importe quel autre jour avant ou après : 30 000 pendant la première heure et 28 000 autres avant la tombée de la nuit. L’expression toute simple « le premier jour à la Somme » est depuis une expression représentant les horreurs de la Première Guerre mondiale.</strong></p>
<p>La vallée de la Somme était l’endroit par excellence où ne pas lancer d’attaque pour les armées britannique et française. Depuis la source au nord-est de St-Quentin, en passant par Péronne et Amiens, et jusqu’à la mer, la vallée, étonnamment, n’avait guère d’importance sur le plan militaire. Il ne s’y trouvait ni centre de communications ni ressources cruciales. La seule chose d’importance, pratiquement, était la présence de soldats ennemis; il y en avait des milliers.</p>
<p>Les Allemands avaient occupé la région depuis 1914 et les mois qui suivirent leur avaient procuré bien du temps pour préparer de puissantes défenses en profondeur sur un terrain élevé. Leurs positions pratiquement inexpugnables consistaient en trois lignes de tranchées bien situées et contenant des abris bien creusés, des bunkeurs profonds contre les obus et des villages fortifiés. Toutes les positions se trouvaient derrière des enchevêtrements de fils de fer barbelés et étaient reliées par un réseau de tranchées communicantes. Les soldats de la deuxième armée du général Fritz von Below pouvaient y lancer un feu nourri sur les attaquants. Malgré les nombreux facteurs jouant contre les attaques, la Somme fut choisie pour la simple raison que c’est là que les armées britannique et française se rencontrèrent.</p>
<p>À une conférence tenue en décembre 1915, la décision d’une nouvelle offensive au front de l’ouest avait été prise conjointement par le général Joseph Joffre, commandant en chef français, et par son homologue britannique, le général sir John French (remplacé le 19 décembre par le général sir Douglas Haig). Ce devait avoir lieu dans le cadre d’une offensive stratégique plus grande où les alliés attaqueraient en même temps sur plusieurs fronts pour que les Allemands ne puissent pas permuter leurs ressources. L’ennemi mit un bâton dans les roues du plan des alliés en attaquant la grande forteresse française de Verdun en février 1916.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img title="SommeInset1" src="../../en/wp-content/uploads/2011/06/SommeInset1.jpg" alt="Les chars d’assaut furent utilisés pour la première fois à la fin 1916, à la Somme. [PHOTO : ARCHIVES DE LA REVUE LÉGION]" width="515" height="274" />
<div class="credit">PHOTO : ARCHIVES DE LA REVUE LÉGION</div>
<div class="caption">Les chars d’assaut furent utilisés pour la première fois à la fin 1916, à la Somme. </div>
</div>
<p>Les Français avaient besoin d’une diversion pour attirer les Allemands ailleurs, et Joffre demanda qu’on lance l’offensive conjointe prévue. Haig aurait préféré une attaque en Flandre, mais il accéda aux désirs des Français. Plutôt que le coup décisif que l’on avait envisagé de porter à l’origine, l’intention fut alors simplement de réduire la pression sur les Français. Bien que Haig n’eut pas encore concentré les hommes et le matériel qu’il voulait, il acquiesça. La nouvelle date du lancement de l’offensive serait le 25 juin.</p>
<p>L’attaque principale serait lancée par le lieutenant-général sir Henry Rawlinson de la 4e armée, et elle serait flanquée par les attaques de soutien de la 3e armée au nord et des Français au sud. Mais Rawlinson n’avait pas confiance en ses bataillons de la prétendue nouvelle armée, des hommes sans expérience qui s’étaient engagés au début de la guerre. Il pensait qu’ils seraient incontrôlables lors de l’attaque des tranchées allemandes, et il ordonna un barrage d’artillerie intense pendant cinq jours pour détruire l’ennemi. Cela aurait permis à ses soldats de traverser simplement le champ de bataille en formation serrée, à la vitesse prescrite de 91 mètres la minute et à une minute d’intervalle entre les bataillons, réduisant les noyaux de résistance qui auraient survécu.</p>
<p>Les soldats furent assemblés, les munitions, livrées, les installations médicales, aménagées pour les victimes — qu’on évaluait à 10 000 par jour — et les cibles, désignées à l’artillerie. Ces préparatifs ne passèrent pas inaperçus. L’ennemi savait qu’une attaque serait lancée incessamment, mais il ne savait pas quand ni où elle aurait lieu. Quand le bombardement de l’artillerie commença, le 24 juin, il savait que ce serait bientôt.</p>
<p>L’artillerie était déterminante. Elle avait deux tâches : détrui-re les tranchées allemandes et couper les barbelés. Malgré un million et demi d’obus, ni l’une ni l’autre de ces tâches ne fut accomplie. Un grand nombre d’amorces d’obus tirés par les plus petits canons explosaient trop tôt ou trop tard pour couper les fils de fer, plusieurs canons furent usés et 30 p. 100 des obus n’explosèrent pas. En outre, comme l’on n’était pas au courant des bunkeurs profonds des Allemands, ils ne furent pas pris pour cible. De plus, l’attaque prévue au calendrier fut retardée par les fortes pluies des 26 et 27 juin.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="SommeInset2" src="../../en/wp-content/uploads/2011/06/SommeInset2.jpg" alt="Une vue aérienne du paysage criblé de trous d’obus autour des tranchées Regina et Kenora à la Somme, en automne 1916. [PHOTO : BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA—C-014151]" width="515" height="412" />
<div class="credit">PHOTO : BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA—C-014151</div>
<div class="caption">Une vue aérienne du paysage criblé de trous d’obus autour des tranchées Regina et Kenora à la Somme, en automne 1916. </div>
</div>
<p>L’infanterie de 14 divisions britanniques, chaque homme portant 32 kilogrammes, prit le chemin de  l’aire de rassemblement avant l’aube du 1er juillet. La charge typique consistait en un fusil, une baïonnette, 220 balles, des rations, de l’eau, un masque à gaz avec casque, des pansements, deux grenades, des fusées éclairantes, une pelle et deux sacs à sable. Certains étaient encore plus chargés : on portait aussi des munitions pour les mitrailleuses, des obus à mortier, des piquets à barbelés et le matériel de signalisation. Au sud, 12 divisions françaises faisaient des préparatifs semblables. L’avance était axée sur la vieille voie romaine allant en ligne droite d’Albert à Bapaume, à 19 kilomètres au nord-est.</p>
<p>L’assaut fut lancé à 7 h 30, quand il faisait assez jour pour vérifier la précision du bombardement final. Pendant les quelques dernières minutes avant l’heure H, les Britanniques firent détoner 17 mines. Le Newfoundland Regiment, qui n’était revenu de la campagne des Dardanelles que trois mois auparavant, prit part à l’assaut.</p>
<p>Dans le secteur nord, l’assaut principal eut lieu près du petit village de Beaumont-Hamel. Vers le milieu de la matinée, le major-général Beauvoir de Lisle, commandant de la 29e Division, interpréta mal une fusée de signalisation allemande et ordonna l’avance de la 88e Brigade dont faisaient partie les Terre-Neuviens.</p>
<p>Ces derniers tombèrent sur les tranchées de communication dirigées vers l’avant qui étaient bloquées par les morts et les mourants du premier assaut. On leur donna l’ordre de sortir des tranchées alors qu’ils étaient encore à 200 mètres de leur ligne de départ et d’avancer à découvert. Ce fut un massacre. Les pires pertes eurent lieu quand les soldats serrèrent les rangs pour passer par les trouées traversant les barbelés des Britanniques. Ils furent fauchés par les Allemands, sauf un très petit nombre d’entre eux qui réussirent à atteindre la zone neutre. Incroyablement, quelques Terre-Neuviens atteignirent les barbelés des Allemands, lesquels étaient demeurés pratiquement intacts, avant que l’attaque ne s’enlise.</p>
<p>En quelques minutes, le Newfoundland Regiment avait pratiquement cessé d’exister. Sur les quelque 800 hommes qui prirent part à l’attaque en ce jour fatidique, seulement 68 étaient assez bien portants pour répondre à l’appel. Selon le général de Lisle, ce fut « un magnifique déploiement de bravoure entrainée et disciplinée, et son assaut n’a[vait] échoué que parce que les morts ne peuvent pas continuer d’avancer ».</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="SommeInset3" src="../../en/wp-content/uploads/2011/06/SommeInset3.jpg" alt="Des soldats parmi les ruines de Beaumont-Hamel après sa capture. [PHOTO : LES SALLES, DIVISION DES ARCHIVES PROVINCIALES DE TERRE-NEUVE-ET-LABRADOR—VA36-38.2]" width="515" height="394" />
<div class="credit">PHOTO : LES SALLES, DIVISION DES ARCHIVES PROVINCIALES DE TERRE-NEUVE-ET-LABRADOR—VA36-38.2</div>
<div class="caption">Des soldats parmi les ruines de Beaumont-Hamel après sa capture. </div>
</div>
<p>Nulle part ailleurs les Britanniques n’atteignirent-ils leurs objectifs, mais les Français atteignirent les leurs rapidement. Malgré les pertes énormes du premier jour — 20 p. 100 des combattants — Haig demeurait confiant et résolu. Il nota même dans son journal que ces pertes « ne [pouvaient pas] être considérées graves par rapport au nombre livré au combat et à la longueur du front attaqué ». Une série de poussées s’ensuivirent, qui coutèrent 25 000 victimes de plus jusqu’à la mi-juillet, quand la 2e ligne allemande fut franchie aux alentours de la crête de Bazentin.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="SommeInset4" src="../../en/wp-content/uploads/2011/06/SommeInset4.jpg" alt="Le mémorial (terre-neuvien) de Beaumont-Hamel. [PHOTO : SHARON ADAMS]" width="515" height="591" />
<div class="credit">PHOTO : SHARON ADAMS</div>
<div class="caption">Le mémorial (terre-neuvien) de Beaumont-Hamel. </div>
</div>
<p>Haig, comme il le ferait si souvent par la suite, appela le Corps canadien à l’aide. Les trois divisions du Corps quittèrent la région d’Ypres et arrivèrent à la Somme vers la fin aout. À ce moment-là, la 2e ligne allemande avait été capturée, mais la 3e était encore intacte. Après une période d’acclimatation, les Canadiens prendraient part à la prochaine grande offensive de Haig, qui devait avoir lieu le 15 septembre. Les attaques limitées des Britanniques continuèrent jusqu’au 14 septembre, quand la 4e armée subit 82 000 pertes de plus en s’avançant d’environ 900 mètres, un résultat net encore pire que celui du 1er juillet.</p>
<p>Le début du dernier grand effort entrepris dans le but de traverser les lignes des Allemands fut la bataille de Flers-Courcelette, dont on se souvient surtout comme étant l’exorde du char d’assaut. Les premiers chars étaient peu fiables, des monstres lourdauds dont la vitesse maximale n’était que de 3,2 kilomètres à l’heure. Ils étaient conçus principalement pour écraser les barbelés et traverser les tranchées tout en protégeant leur équipage contre le feu des armes légères. Sur les 49 chars qu’on avait avant l’assaut, 32 se rendirent à la ligne d’assaut, et 21 seulement engagèrent le combat.</p>
<p>C’est aussi à Flers-Courcelette qu’eut lieu la première opération offensive des Canadiens. À 6 h 20, le 15 septembre, les 2e et 3e Divisions attaquèrent aux côtés de neuf divisions britanniques. La 2e Division visait le village de Courcelette. Ses 4e et 6e Brigades s’avancèrent derrière un barrage roulant des deux côtés de la route Albert-Bapaume vers leurs objectifs, Sugar et Candy, qui marquaient un grand X traversant la route à 800 mètres devant le village. À 7 h 30, les deux tranchées avaient été prises et les soldats s’y étaient retranchés.</p>
<p>À gauche de la 2e Division, la 3e Division envoya ses 7e et 8e Brigades à l’assaut de la ligne de tranchées Fabeck Graben. À la droite, des unités de la 8e Brigade capturèrent la partie nord de la tranchée Sugar. Des unités de la 7e Brigade la traversèrent et, à la nuit tombée, elles avaient capturé toute la tranchée sauf une partie de 250 mètres.</p>
<p>À 18 h, la 5e Brigade reprit l’assaut à Courcelette. Au bout d’un combat au corps à corps, les 22e (Canadiens français) et 25e (Nouvelle-Écosse) Bataillons, appuyés par deux chars, réussirent à capturer le village, alors que le 26e (Nouveau-Brunswick) s’occupait des Allemands qu’il restait dans les ruines. Comme le voulaient leurs tactiques habituelles, les Allemands lancèrent des contrattaques, qui furent repoussées. Le lieutenant-colonel T.L. Tremblay écrivit dans son journal : « Si l’enfer est aussi affreux que ce que j’ai vu à Courcelette, je n’y enverrais même pas mon pire ennemi. » Courcelette est le premier des villages et des villes, qui se chiffrent à plus de 250, que les Canadiens ont capturés pendant la guerre.</p>
<p>Le lendemain, c’était le tour de la 1re Division de prendre la tête, et elle se porta à l’attaque des hauteurs au-delà de Courcelette, mais sans grand succès. Pendant ce temps, la 3e Division poursuivait son attaque contre la ligne sui­vante, Zollern Graben, à peu près à 1 000 mètres au nord de Fabeck Graben. L’attaque fut repoussée, mais des unités de la 7e Brigade capturèrent la dernière section de Fabeck Graben. D’autres attaques pendant les journées qui suivirent échouèrent, les Allemands ayant renforcé leurs positions. Cette phase de la bataille se termina le 22 septembre, Zollern Graben fermement entre les mains des Allemands.</p>
<p>Quatre jours après, les Canadiens étaient à l’œuvre à la crête de Thiepval dans le secteur gauche du Corps. Zollern Graben était à nouveau un objectif, comme l’étaient les tranchées Hessian et Regina plus en arrière, ainsi que la tranchée Kenora, une saillie de la tranchée Regina. L’attaque, après trois jours de bombardements, fut lancée un peu avant midi, le 26 septembre par des unités de la 1re Division, leur attaque étant étayée à leur droite par la 6e Brigade de la 2e Division.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="SommeInset6" src="../../en/wp-content/uploads/2011/06/SommeInset6.jpg" alt="Des soldats écrivant un message de Noël sur une pièce d’artillerie, en novembre 1916. [PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE—19920085-025]" width="515" height="437" />
<div class="credit">PHOTO : MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE—19920085-025</div>
<div class="caption">Des soldats écrivant un message de Noël sur une pièce d’artillerie, en novembre 1916. </div>
</div>
<p>À la droite de la 1re Division, les 14e (Royal Montreal Regt.) et 15e (48th Highlanders) Bataillons de la 3e Brigade tombèrent immédiatement sur le feu nourri provenant de nids de mitrailleuses et de l’artillerie, mais ils continuèrent quand même d’avancer. Au milieu de l’après-midi, des soldats du 14e atteignirent leur objectif au bout est de la tranchée Kenora, mais le 15e avait été retardé. Les Allemands lancèrent des contrattaques immé­diatement contre le 14e qui, renforcé par deux compagnies du 16e Bataillon (Canadian Scottish), tint jusqu’au soir du lendemain.</p>
<p>À gauche de la 1re Division, des unités de la 2e Brigade réussirent à traverser Zollern Graben en direction de la tranchée Hessian, et quelques soldats pénétrèrent même au-delà, jusqu’à Regina. Au cours des contrattaques qui suivirent, les Canadiens maintinrent leur tête de pont précaire, et les combats continuèrent sporadiquement jusqu’à ce que la 3e Division essaie de s’avancer, le 28 septembre, vers la tranchée Regina, mais elle fut stoppée brusquement par le feu de mitrailleuses et des barbelés intacts.</p>
<p>Hessian assurée le 29 septembre, le Corps renouvela son assaut à la ligne Regina, une des positions les mieux défendues de la Somme. Elle était située au-delà d’une corniche que l’artillerie n’arrivait guère à atteindre. Au milieu de l’après-midi du 1er octobre, sous la bruine, des unités des 4e, 5e et 8e Brigades lancèrent la première attaque. Elles essuyèrent un sérieux revers quand des Canadiens furent touchés par leur propre artillerie.</p>
<p>À l’arrivée des soldats de l’autre côté de la zone neutre où les attendaient les barbelés, des compagnies entières furent éliminées. Ceux qui réussirent à descendre dans la tranchée Regina — ils étaient peu nombreux — furent surmontés ou repoussés par les contrattaques allemandes. À la fin de la journée, plus de la moitié des attaquants faisaient partie des victimes et la tranchée Regina était encore fermement aux mains de l’ennemi.</p>
<p>Une forte pluie empêcha les attaques jusqu’au 8 octobre avant l’aube, quand plusieurs unités des 1re et 3e Divisions s’avancèrent à nouveau. Étant donné leur état de faiblesse — des compagnies n’étant guère plus qu’un peloton — on lança deux fois plus de bataillons que lors des attaques précédentes. Certains atteignirent à nouveau la tranchée Regina, mais manquant de munitions, ils ne purent pas tenir.</p>
<p>Il s’agissait de la dernière attaque du Corps à la Somme, mais pas la dernière à laquelle prirent part des Canadiens. Quand le Corps partit vers le nord à la réserve, le 17 octobre, le corps d’artillerie au complet restait derrière. En outre, la 4e Division nouvellement formée, qui avait atterri en France à la mi-aout pour se familiariser avec le milieu et s’entrainer, arrivait à la Somme.</p>
<p>Elle lança son premier assaut le 21 octobre, au cours duquel les 87e (Grenadier Guards) et 102e (North British Columbian) Bataillons suivirent un barrage rampant. Elle captura une section de 600 mètres de la tranchée Regina moins de 15 minutes après l’heure H, surtout parce que le feu de l’artillerie avait finalement brisé les barbelés et tué bon nombre d’ennemis. Cette fois-là, le soutien de l’artillerie permit aussi aux Canadiens de repousser les contrattaques.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="SommeInset7" src="../../en/wp-content/uploads/2011/06/SommeInset7.jpg" alt="Des fantassins canadiens ajustent leur baïonnette avant de passer à l’assaut. [PHOTO :  MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE—19920044-775]" width="515" height="371" />
<div class="credit">PHOTO :  MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE—19920044-775</div>
<div class="caption">Des fantassins canadiens ajustent leur baïonnette avant de passer à l’assaut. </div>
</div>
<p>Le 25 octobre, peut-être ayant mal interprété le succès de l’attaque du 21, la 4e Division n’envoya qu’un seul bataillon à l’attaque : le 44e (Winnipeg). Vu aussi le soutien inadéquat de l’artillerie, pas un seul soldat n’atteignit la tranchée Regina : une leçon tragique pour la nouvelle division. La troisième et dernière attaque de la division eut lieu après minuit le 11 novembre, cette fois-là comprenant suffisamment de soldats et un soutien par l’artillerie adéquat avant et pendant l’assaut. En à peine plus de deux heures, la tranchée Regina était prise.</p>
<p>Il ne restait qu’une dernière attaque, contre deux tranchées nouvellement construites, Desire et Desire Support, à 600 mètres au nord de la tranchée Regina. À 6 h 10, le 18 novembre, cinq bataillons de la 4e Division s’avancèrent. À 8 h, elle avait atteint la plupart de ses objectifs et ses soldats se retranchaient au-delà de la tranchée Desire Support. Les fortes pluies commencèrent le lendemain, empêchant d’autres attaques cette année-là. Le massacre à la Somme était enfin terminé.</p>
<p>Il s’agissait de la première grande offensive menée par les Britanniques. À la fin de la bataille de 18 semaines, les forces britanniques et françaises n’avaient pénétré le territoire tenu par les Allemands que sur 12 kilomètres, lors d’une des opérations militaires les plus sanglantes de l’histoire. Les Britanniques n’atteignirent même pas leurs objectifs du premier jour. La bataille continua longtemps après qu’elle eut atteint son but limité, qui devait être de retirer des forces allemandes à Verdun.</p>
<p>Alors pourquoi Haig persista-t-il malgré des pertes si importantes? Les dénigreurs de Haig, et ils sont nombreux, l’accusent d’avoir été un commandant sans imagination pour qui les couteuses batailles d’usure étaient la seule façon de faire la guerre. Une de ses propres justifications pour la Somme : la force de l’ennemi avait été grandement usée, une conclusion qui n’a été acceptée ni alors ni par la suite. Aujourd’hui, la Somme est généralement considérée comme un échec couteux.</p>
<p>La bataille valait-elle la peine? D’après une école de pensée, la Somme représente un pas en avant important à la guerre et c’est grâce à elle que l’Allemagne a finalement été défaite. Elle a marqué le début de la vraie coopération et de la coordination entre les armes, surtout l’infanterie et l’artillerie. En plus des raffinements du barrage roulant, l’artillerie conçut les méthodes du repérage par éclats et du repérage par le son pour localiser les canons ennemis, ainsi que la détermination des cibles pour provoquer la surprise.</p>
<p>Les Allemands aussi apprirent des leçons à la Somme, surtout en ce qui concerne les tactiques de défense. Plutôt que de tenir les lignes du front à n’importe quel prix, ils inventèrent la défense flexible en profondeur qui contra les améliorations des Britanniques en grande partie. La preuve fut faite en 1917, quand les deux armées engagèrent le combat à nouveau : il y eut des pertes énormes et très peu de gains. Ce gaspillage de main-d’œuvre lors des batailles d’usure ne pouvait pas continuer; il fallait trouver une façon de rétablir aux champs de bataille le principe des tir et mouvement qu’on semblait avoir oublié. Mais cela n’aurait pas lieu avant les derniers mois de la guerre.</p>
<p>Bien qu’il soit difficile d’obtenir les chiffres exacts, le nombre de victimes de toutes sortes à la Somme est estimé à au moins un million et quart d’hommes : peut-être 420 000 Britanniques, 195 000 Français et 650 000 Allemands. Les pertes chez les Canadiens s’élevèrent à 24 000, dont presque 8 000 morts. D’après le premier ministre britannique David Lloyd George, la bataille de la Somme a été la plus grande, tenace, sombre, futile et sanglante de l’histoire militaire.</p>
<img src="http://www.legionmagazine.com/fr/?ak_action=api_record_view&id=980&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2011/07/massacre-a-la-somme/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Logistique</title>
		<link>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2011/07/logistique/</link>
		<comments>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2011/07/logistique/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 01 Jul 2011 04:01:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sheena Bolton</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.legionmagazine.com/fr/?p=937</guid>
		<description><![CDATA[Activation de Théatre - Transport - Entretien - Communications - Services de Santé - Génie - Maintien de L'ordre

Les journées sont longues et parfois démentes, mais sans elles, les Forces canadiennes (FC) ne pourraient pas fonctionner outre-mer ni au pays. En règle générale, les hommes et les femmes qui font ce travail en coulisse pendant des jours — et des nuits — ne sont que rarement reconnus pour avoir accompli des tâches presque impossibles. Ils sont tous placés sous le Commandement du soutien opérationnel du Canada (COMSOCAN) et ils ont été extrêmement occupés à l’achèvement de la mission de combat canadienne de cinq ans en Afghanistan.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Activation de Théatre &#8211; Transport &#8211; Entretien &#8211; Communications &#8211; Services de Santé &#8211; Génie &#8211; Maintien de L&#8217;ordre</strong></p>
<p><strong>Les journées sont longues et parfois démentes, mais sans elles, les Forces canadiennes (FC) ne pourraient pas fonctionner outre-mer ni au pays. En règle générale, les hommes et les femmes qui font ce travail en coulisse pendant des jours — et des nuits — ne sont que rarement reconnus pour avoir accompli des tâches presque impossibles. Ils sont tous placés sous le Commandement du soutien opérationnel du Canada (COMSOCAN) et ils ont été extrêmement occupés à l’achèvement de la mission de combat canadienne de cinq ans en Afghanistan.</strong></p>
<p>Une grande partie de leur travail dans ce pays ravagé par la guerre consiste à rapatrier les soldats et leur équipement : une entreprise colossale qui a commencé il y a quelques mois, bien avant que soit prise la décision selon laquelle le rôle du Canada changerait d’une mission de combat, qui prendra fin en juillet, à une mission de formation. La présence militaire du Canada en Afghanistan s’étend sur pres-que 10 ans, une expérience soutenue par COMSOCAN commune à des milliers de militaires et relative à toutes sortes de choses : logistique opérationnelle, ingénierie, communications, entretien de l’équipement, santé et services de police militaire.</p>
<p>Le major-général Mark McQuillan, dont la responsabilité globale est de planifier et coordonner la logistique afférente à toutes les missions militaires du Canada, est la personne chargée de diriger ce qu’on a surnommé la mission de transition du COMSOCAN. Il nous disait au début de l’année que son personnel et lui ont travaillé longtemps à arrêter les détails de la transition de cette année. « La planification est en bonne voie, disait-il. Il n’y a pas de doute que nous allons être extrêmement occupés cet été, ainsi que cet automne. Nous allons transporter plusieurs centaines de véhicules et des milliers de conteneurs maritimes pleins d’équipement soit au nord à Kaboul pour servir à la mission formative, soit au Canada. »</p>
<p>Le COMSOCAN travaille régulièrement avec le Commandement Canada qui s’occupe des opérations intérieures et avec le Commandement de la Force expéditionnaire du Canada (COMFEC) qui est responsable des opérations internationales, dont celle d’Afghanistan. Le Commandement doit être prêt à œuvrer dans divers environnements, avec l’objectif fondamental de faire en sorte que les commandants d’unité puissent se concentrer sur leurs stratégies sans s’inquiéter de la logistique. « Ces derniers temps, nous nous sommes concentrés sur […] la transition pendant laquelle nous emportons tout le matériel de Kandahar et le rapportons au Canada », dit McQuillan.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-953" title="Un technicien des transmissions. [PHOTO : LE SGT FRANK HUDEC, CAMÉRA DE COMBAT DES FORCES CANADIENNES]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2011/07/CONOSCOMInset32.jpg" alt="Un technicien des transmissions. [PHOTO : LE SGT FRANK HUDEC, CAMÉRA DE COMBAT DES FORCES CANADIENNES]" width="515" height="357" />
<div class="credit">PHOTO : LE SGT FRANK HUDEC, CAMÉRA DE COMBAT DES FORCES CANADIENNES</div>
<div class="caption">Un technicien des transmissions. </div>
</div>
<p>Chaque article [qui est là-bas] sera examiné pour détermi-ner s’il convient de le rapporter, si c’est rentable. Quand ce sera fait, notre personnel se concentrera sur le moyen de transport le plus économique. McQuillan et son équipe rapportent de tout : des véhicules blindés aux systèmes d’arme, en passant par les autres grosses pièces d’équipement dont les Forces auront probablement besoin dans leurs opérations à venir. S’il y a lieu, le COMSOCAN se débarrassera, sur place, du matériel qu’il n’est pas rentable de rapporter au pays. « Si ça coute 10 000 $ de le transporter jusqu’au Canada et que ça couterait 2 000 $ de l’acheter, ce sera vendu sur place, nous explique-t-il.  »</p>
<p>« On forme notre personnel pour qu’il soit toujours prêt à rapporter à l’intérieur des barbelés tout le matériel qui se trouve à l’extérieur de ces derniers, à compter le matériel de fond en comble, à y apposer un code à barres, à l’emballer convenablement et à l’envoyer au Canada », nous disait l’adjudant-chef Serge Froment en février. Il remarquait qu’au besoin le personnel réparerait le matériel avant de le rapporter. « On pourrait simplement rapporter tout le matériel au Canada et tout réparer ici, mais je ne pense pas que ce serait aussi efficace. »</p>
<p>Quand il est prêt à partir, le matériel peut être envoyé directement de Kandahar au Canada par avion ou, plus lentement, par voie terrestre ou marine en passant par les plaques tournantes du transport des FC au Pakistan et à Spangdahlem, en Allemagne. « On va mener essentiellement ce qu’on pourrait appeler une aire de rassemblement intermédiaire à un autre endroit pour y faire la répartition de la charge de travail avant de le rapporter au Canada, nous explique McQuillan. On a l’intention de transporter une bonne partie de notre matériel en avion [comme les systèmes d’arme] et plus vite on peut atterrir et répartir les cargaisons, plus c’est rentable. »</p>
<p>La fermeture soudaine du Camp Mirage en Asie du Sud-Ouest, en novembre dernier, a occasionné un pépin. « On avait de très bonnes relations avec les Émirats arabes unis (ÉAU)[...], alors quand on déménage d’un endroit idéal sur le plan géographique, où l’on a de très bonnes relations, c’est sûr qu’il y a un certain impact, mais en même temps on a pu faire face », dit McQuillan.</p>
<p>Pendant presque 10 ans, le mystérieux Camp Mirage a abrité l’élément de soutien des FC en Afghanistan. Quand les FC ont reçu la consigne de mettre un terme à leurs activités aux ÉAU dans les 30 jours, elles ont fait le point sur tout le matériel, avec le concours de l’équipe de fermeture du COMSOCAN, l’ont transféré, s’en sont débarrassé ou l’ont emballé. « En un mois à peu près, on est partis de Mirage et on a repositionné nos activités à Chypre, puis à Spangdahlem », déclare McQuillan. La fermeture signifiait le déménagement de 244 personnes, l’emballage et l’envoi de 54 conteneurs maritimes et de près de 80 palettes de fret aérien, et le transport de 19 véhicules.</p>
<p>Dans l’ensemble, les responsabilités du COMSOCAN concernent le soutien de l’activation dans le théâtre, ainsi que du maintien en puissance de la mission et de son achèvement. Ses fonctions sont les services de soutien afférents au combat, dont les actions du génie militaire, les services de santé, la police militaire, la logistique et l’entretien du matériel terrestre, ainsi que le soutien du personnel, la gestion des ressources et des communications, et les systèmes d’information.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img class="alignnone size-full wp-image-957" title="Des véhicules logistiques. [PHOTO : LE CPL SHILO ADAMSON, CAMÉRA DE COMBAT DES FORCES CANADIENNES]" src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2011/07/CONOSCOMInset2.jpg" alt="Des véhicules logistiques. [PHOTO : LE CPL SHILO ADAMSON, CAMÉRA DE COMBAT DES FORCES CANADIENNES]" width="515" height="700" />
<div class="credit">PHOTO : LE CPL SHILO ADAMSON, CAMÉRA DE COMBAT DES FORCES CANADIENNES</div>
<div class="caption">Des véhicules logistiques. </div>
</div>
<p>Avant la création, en 2006, du COMSOCAN, chaque arme des FC était responsable de son propre soutien opérationnel. Cela a souvent donné lieu à des inefficacités lors d’opérations conjointes. Aujourd’hui, le commandement emploie quelque 2 000 personnes, dont 700 civils. « [Cette division] est essentielle pour nos opérations; les civils procurent un certain degré de continuité à l’organisation, car ils sont extrêmement bien formés et compétents, et les soldats, en ce qui concerne la majorité de nos unités, doivent être prêts au déploiement dans des délais très brefs, non seulement parce qu’on appuie des opérations comme celles en Afghanistan, mais aussi parce qu’on répond aux opérations d’urgence [ailleurs] », ajoute Froment.</p>
<p>McQuillan dit que le COMSOCAN sert principalement au maintien en puissance. « C’est donc l’approvisionnement en matériel, dont les piliers sont les dépôts de matériel, et les systèmes d’infrastructure et de distribution au Canada, mais c’est sûr qu’on passe une grande partie de notre temps à gérer la circulation du matériel depuis le Canada jusqu’aux endroits où se déroulent nos opérations ».</p>
<p>Le commandement, dont le budget annuel s’élève à 91 millions de dollars, a plusieurs dépôts et 19 unités au Canada, dont le Groupe de soutien en matériel du Canada qui est responsable de la gestion du matériel au pays. Il a un dépôt à Montréal, un autre à Edmonton et quatre dépôts de munitions : un à Rocky Point, sur l’ile de Vancouver, un à Dundurn, en Saskatchewan, un à Angus, en Ontario, et un à Bedford, en Nouvelle-Écosse.</p>
<p>Le Régiment des transmissions interarmées des FC et le Groupe de soutien interarmées des FC qui fournissent les systèmes de communication et d’information et qui s’occupent du transport, de l’approvisionnement, des contrats et des services postaux, sont aussi sous l’égide du COMSOCAN. Quant au génie, McQuillan a une unité d’ingénieurs spécialisés à Moncton (N.-B.) dont les professionnels appuient souvent l’activation dans le théâtre et sont vraiment experts quand il s’agit de fournir une gestion de projet « sur le terrain ». Le Groupe des services de la Police militaire qui s’occupe du maintien de l’ordre et de la sécurité des opérations partout dans le monde est aussi de la compétence du commandement. La partie santé du COMSOCAN a eu un rôle essentiel dans la mission en Afghanistan, car le commandement est chargé de diriger l’endroit de détente des troupes, à Chypre. Les militaires canadiens sont tenus d’y passer un certain temps après leur mission. « On fait les exposés concernant le soutien psychologique et on leur permet de consacrer un certain temps aux loisirs, dit McQuillan. C’est une occasion pour nos gens de récupérer quand ils sortent d’un environnement de combat à haute intensité pour rentrer dans un environnement familial. »</p>
<p>Froment dit que le commandement a muri et qu’il est reconnu partout dans le monde comme étant une organisation efficace, tout en faisant remarquer qu’il apprend et s’améliore à chaque mission. « D’autres pays nous demandent souvent comment [...] on s’organise, peut-être pour copier notre organisation. » Au début de 2011, Froment a assisté à une conférence de l’OTAN où des représentants de trois pays lui ont dit qu’ils observaient la façon dont le Canada quittait l’Afghanistan et qu’ils espéraient en apprendre quelque chose.</p>
<p>Le colonel Martin Girard, chef d’état-major du COMSOCAN et premier conseiller du commandant, nous dit que l’organisation a été structurée pour réagir rapidement. Tout de suite après le tremblement de terre de 2010 en Haïti, le COMSOCAN et le COMFEC ont examiné les besoins canadiens et une équipe de reconnaissance des FC se trouvait sur place, avec son soutien médical, moins de 12 heures après le séisme. L’assistance de la marine canadienne aussi était cruciale et l’équipe a déployé des troupes en moins de deux semaines pour l’opération Hestia. Le COMSOCAN était particulièrement occupé, car il fournissait le personnel et l’équipement pour l’opération Podium aux Jeux olympiques d’hiver à Vancouver. Il a déployé 400 personnes pour cette opération. Elles ont commencé l’ouverture du théâtre en novembre et se sont chargées de la composante médicale de 120 personnes, qui servait de minihôpital. Elles s’occupaient du soutien logistique, du transport, des communications, de l’information, du génie, de l’infrastructure, de l’environnement et de la police militaire. « Il y a eu un tremblement de terre quelques semaines avant le début des Olympiques, alors c’était la frénésie pour nous, ici, dit Girard. On offrait notre soutien à l’occasion d’une nouvelle crise et, en même temps, on devait appuyer les Olympiques, alors on était vraiment occupés. »</p>
<p>« Heureusement que la planification de l’opération Podium était terminée et au stade du maintien en puissance quand il a fallu s’occuper de l’évènement en Haïti; on a alors pu se concentrer sur ce dernier, affirme Girard. L’opération Hestia était incroyable parce que c’était un tremblement de terre. J’ai expérimenté quatre ouragans en Haïti, mais eux, on les voit venir, alors que ce n’est pas le cas pour les tremblements de terre. On a travaillé dur, de longues journées pendant le premier mois pour planifier et apporter le matériel nécessaire au théâtre : les véhicules, les hôpitaux de campagne, les services de recherche et sauvetage et de recherche et sauvetage urbains, l’épuration de l’eau. C’était vraiment fou, mais en fin de compte ç’a été une histoire couronnée de succès en ce qui nous concerne. »</p>
<p>Pendant Hestia, le COMSOCAN a établi une base de rassemblement à Barahona, en République dominicaine, pour transporter les véhicules et autres fournitures jusqu’en Haïti. Le transport aérien tout seul aurait été trop cher; on a donc apporté les véhicules, le matériel et les conteneurs maritimes à Barahona dans deux transports maritimes stratégiques », déclare Girard.</p>
<p>Le COMSOCAN a commandé environ 174 vols militaires et nolisés dans l’opération Hestia où plus de 1,8 million de kilogrammes de cargaison militaire et 545 000 kilogrammes de cargaison en aide humanitaire ont été transportés par avion. En outre, plus de 4,2 millions de kilogrammes ont été transportés par bateau.</p>
<p>Girard dit que la principale différence entre la planification des opérations internationales et celle des opérations intérieures, c’est la fiabilité des ressources. Aux endroits comme l’Afghanistan et Haïti, le COMSOCAN doit être complètement autosuffisant, mais lors des opérations intérieures, les ressources sont déjà en place. La seule région intérieure qui ne fasse pas partie de cette catégorie est celle du Nord, où le COMSOCAN doit aller du 6 au 26 aout 2011, dans le cadre de l’opération Nanook. « On va appuyer le Com Canada pour cette opération. »</p>
<p>La vitesse du travail change, mais le commandement demeurera occupé pendant la fermeture de Kandahar et l’ouverture d’un théâtre dans un rôle de formation à Kaboul. De plus, le commandement doit travailler en Lybie. « On ne sait jamais ce qui va arriver, dit Girard, mais on doit être prêts. Tout le monde compte sur nous […] et on répond aux attentes. »</p>
<p>Girard aime son travail et les gens avec qui il travaille. « C’est sûr qu’on n’a pas assez de ressources, personne n’en a assez, mais en tant qu’équipe, on s’arrange. [...] on fait ce qui soutient vraiment nos soldats et c’est très satisfaisant. J’estime que c’est une organisation très jeune, remarquable. Il faut qu’on améliore nos processus internes et externes, mais il y a toujours place à l’amélioration. »</p>
<img src="http://www.legionmagazine.com/fr/?ak_action=api_record_view&id=937&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2011/07/logistique/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le Gardien</title>
		<link>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2011/07/le-gardien/</link>
		<comments>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2011/07/le-gardien/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 01 Jul 2011 04:01:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sharon Adams</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.legionmagazine.com/fr/?p=969</guid>
		<description><![CDATA[Les premiers mots qui nous viennent à l’esprit pour décrire l’ombudsman des vétérans, Guy Parent, sont « énergie contrôlée ». Bien qu’il s’exprime avec la diplomatie et la sérénité auxquelles on s’attend de quelqu’un qui a conseillé des chefs militaires du plus haut grade, ses yeux brillent souvent d’excitation. Grâce aux années passées en recherche et sauvetage militaires, il a une présence et un aspect terre-à-terre qui vous mettraient en confiance si vous étiez blessé, car il prendrait les choses en main instantanément et vous donnerait les premiers sECOURS avec les fournitures de bureau qu’il a sous la main. On sent, au-delà des atours de sa fonction, qu’il s’agit d’un homme capable d’agir rapidement et efficacement.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les premiers mots qui nous viennent à l’esprit pour décrire l’ombudsman des vétérans, Guy Parent, sont « énergie contrôlée ». Bien qu’il s’exprime avec la diplomatie et la sérénité auxquelles on s’attend de quelqu’un qui a conseillé des chefs militaires du plus haut grade, ses yeux brillent souvent d’excitation. Grâce aux années passées en recherche et sauvetage militaires, il a une présence et un aspect terre-à-terre qui vous mettraient en confiance si vous étiez blessé, car il prendrait les choses en main instantanément et vous donnerait les premiers sECOURS avec les fournitures de bureau qu’il a sous la main. On sent, au-delà des atours de sa fonction, qu’il s’agit d’un homme capable d’agir rapidement et efficacement.</strong></p>
<p>Ce sont des qualités utiles pour quelqu’un qui doit ai-der et représenter les anciens combattants en plus de scruter le ministère qui constitue leur soutien principal. L’approche diplomatique de Parent l’amène à « régler les différends plutôt qu’à engendrer des conflits », affirme Steward Hyson, professeur de l’Université du Nouveau-Brunswick et expert sur les ombudsmans, bien que, ajoute-t-il, certains anciens combattants préfèreraient une attitude plus combattive dans les échanges avec Anciens Combattants Canada (ACC).</p>
<p>L’ombudsman qui se rapporte au ministre des Anciens Combattants a pour mandat de s’occuper des plaintes de particuliers concernant les avantages et les services offerts aux anciens combattants et aux personnes à leur charge, de cerner les problèmes systémiques qui entravent l’obtention de ces services et de formuler des recommandations pour les régler. Près de 10 000 personnes ont communiqué avec le Bureau de l’ombudsman des vétérans (BOV) en 2010. La plupart des appels ont donné lieu à des références ou à la fourniture d’information sur les programmes et les avantages d’ACC, mais quelques milliers d’entre eux ont mené à une aide directe du BOV, surtout à la médiation pour des problèmes entre les anciens combattants et ACC ou quelque autre fournisseur de service. Ces plaintes, dit Parent, sont « au cœur de nos activités. Elles nous fournissent les données brutes qui nous servent à cerner les problèmes systémiques ».</p>
<p>Parent est conscient des critiques qu’il peut essuyer. « Je sais qu’il y a des gens qui disent que je ne devrais pas parler à ACC, dit-il. Mais sans les gens d’ACC, je ne pourrais pas m’occuper de ces 2 000 plaintes annuelles. Notre mandat ne nous permet pas d’ordonner à quelqu’un de faire ceci ou cela. On règle les choses avec leur coopération; ça ne fonctionnerait pas si les fonctionnaires d’ACC nous prenaient pour des détracteurs. Je ne pourrais pas œuvrer en tant qu’ombudsman si je ne jouissais pas d’une crédibilité aux yeux des deux parties. »</p>
<p>Cela ne veut pas pour autant dire qu’il ne critique jamais. À son avis, de nombreux changements sont nécessaires, y compris aux critères d’admissibilité afférents aux avantages et à la pape­rasserie qui en résulte. La première fois qu’il s’est présenté devant le Comité permanent des anciens combattants de la Chambre des communes, en février, Parent a dit que les gens qui portent l’uniforme ne remettent pas en cause l’endroit ni le moment de leur service, alors c’est « injuste au plus haut point » qu’ACC et la GRC basent le degré de leur soutien sur des détails comme ceux-là. « Il n’y a pas de différence entre les anciens combattants », nous dit-il, et il ajoute que les processus seraient simplifiés si l’on observait le principe de « l’indifférenciation des anciens combattants » à ACC, parmi les organisations d’anciens combattants et dans la recherche, et que les couts seraient moins élevés et les services aux anciens combattants, améliorés.</p>
<p>Il a l’intention d’observer ACC de près lors de la transition du service aux anciens combattants traditionnels à celui aux anciens combattants modernes. En même temps, la population d’anciens combattants augmente de plus de 4 000 par année. « Une grande partie d’entre eux sont libérés pour raison médicale », déclare Parent, et leurs besoins changeront aussi au fil du temps. Il s’inquiète du manque de stratégie liée aux soins de longue durée pour les anciens combattants modernes et pour les anciens combattants sans abri.</p>
<p>Les modifications à la nouvelle Charte des anciens combattants constituent un premier pas non négligeable vers un meilleur soutien aux 30 000 anciens combattants modernes qu’elle sert, et l’ajout d’une disposition exigeant une révision dans les deux ans en fera aussi un document vivant, dit-il. Il a l’intention de surveiller la mise en application des modifications en suivant le nombre d’anciens combattants qui obtiennent des avantages et en cherchant des lacunes qui perdurent dans les services. Il a déjà avisé ACC qu’il faudrait clarifier pour les anciens combattants et leur famille les critères d’admissibilité aux allocations pour déficience permanente et pour incapacité exceptionnelle, ainsi qu’aux nouveaux suppléments mensuels afin de contrer les renseignements imprécis qui circulent dans les médias.</p>
<p>Il a aussi l’intention de faire pression pour que les réservistes obtiennent un meilleur accès aux avantages. « J’ai rencontré des réservistes qui ont un emploi mieux rémunéré que leur travail de réserviste, mais ils se portent volontaires dans les Forces canadiennes (FC) parce qu’ils sont engagés et dévoués. Alors si quelque chose leur arrive au travail qui leur rapporte 3 000 $ par mois, ils perdent aussi un emploi [civil] où ils ga­gnent 7 000 $ par mois », mais ils ont droit à un soutien financier inférieur à celui de leurs confrères des forces régulières. Cela était peut-être logique dans le temps où la milice était formée strictement pour la réserve, dit-il, mais « maintenant, 22 p. 100 des forces que nous déployons sont des réservistes [...]. Le concept de responsabilité illimitée s’applique tout autant aux réservistes qu’aux réguliers, alors pourquoi traiterait-on les réservistes blessés différemment? » Parent s’inquiète aussi des dispositions pour les réservistes de la GRC et des polices municipales dont la blessure ne se manifeste que plusieurs années après leur service militaire.</p>
<p>Toutefois, ce n’est là que le début de la longue liste de ses préoccupations. Il s’inquiète aussi du fait qu’ACC ne répond pas toujours en temps opportun aux anciens combattants en détresse pour lesquels la paperasserie est un obstacle particulièrement difficile à contourner. Il nous donne des exemples : un double amputé qui doit remplir trois demandes distinctes pour blessure reliée au même incident, et des gens souffrant du syndrome de stress post-traumatique dont la détresse s’aggrave pendant que leur demande est en cours de traitement. Il est aussi en faveur d’un plus grand soutien pour les familles, de meilleurs avantages liés aux funérailles et aux enterrements, et d’un meilleur accès aux cliniques de traitement des traumatismes liés au stress opérationnel.</p>
<p>Comme Pat Stogran avant lui, Parent croit qu’il devrait y avoir un mandat législatif rendant le bureau plus indépendant et influent. À l’heure actuelle, l’ombudsman rend des comptes au ministre des Anciens Combattants, qui établit le budget du bureau et dépose son rapport annuel au Parlement. « Ce serait un atout, dit Parent, mais je suis d’avis qu’on doit utiliser les outils qu’on nous a donnés. » Sa capacité de faire rapport sur les problèmes systémiques est l’un de ces outils. Il prévoit produire trois de ces rapports par année pendant son mandat, laissant comme legs une recherche sur 15 problèmes importants et des recommandations pour les régler. « Nos critères concernent la détermination du nombre de personnes affectées et le degré. » Il considère, entre autres, la santé financière, l’impact sur la famille et le cout de ne rien faire. D’abord, il y a les dépenses d’enterrement et de funérailles et le Programme d’autonomie des anciens combattants. « J’ai cinq ans et une bonne équipe [d’une trentaine de personnes à Ottawa et à Charlottetown], dit Parent. Je vais les tenir occupés. »</p>
<p>Si ce programme ressemble un peu à un plan de campagne, c’est peut-être en raison de la longue expérience militaire de Parent. Il est entré dans l’Aviation en 1964, tout de suite après l’école secondaire, quand il avait 17 ans, et il y a été formé en tant que technicien de systèmes de sécurité. « C’était un travail intéressant, mais pas très enrichissant », dit-il. Recherchant plus de défis, il fut admis en 1972 dans l’équipe élitaire de sauvetage paras des Forces canadiennes, qu’on appelle ces jours-ci les techniciens en recherche et en sauvetage (tech SAR), où on lui conféra les qualités d’ambulancier paramédical, de maitre parachutiste, de maitre plongeur, et d’instructeur d’alpinisme et de survie.</p>
<p>Chaque année, les techs SAR sauvent des centaines de Canadiens militaires et civils; ils doivent avoir un bon esprit d’équipe, mais ils doivent aussi pouvoir réfléchir de manière indépendante. Parent est laconique à propos des trois décennies qu’il a passées à porter, au besoin, un parachute, un scaphandre autonome ou des crampons d’escalade pour sauver des gens en difficulté ou sinistrés dans tous les environnements canadiens. « J’ai trouvé très enrichissant d’aider les gens, dit-il. J’ai eu de bonnes expériences. »</p>
<p>Les techs SAR « n’hésitent pas à sauter d’un avion en parachute au-dessus de l’océan dans des vents de 40 milles à l’heure », dit le général et chef d’état-major de la défense des FC à la retraite Maurice Baril. « Guy risquait sa vie au jour le jour […], mais il le faisait comme métier, pas lors d’opérations. On ne peut douter de son courage physique. »</p>
<p>Parent a grimpé les échelons jusqu’à celui d’adjudant, puis en 1989 à la base de Summerside, en Î.-P.-É, celui d’adjudant-chef (adjuc). Les adjudants représentent le personnel non officier et ils sont responsables du moral des soldats. Quand ils obtiennent le grade de chef, ils sont un intermédiaire clé entre les commandants et les soldats et leur famille. Étant donné qu’ils ont un pied à la caserne et l’autre à l’état-major, leurs conseils sont aussi bien reçus chez les officiers que leur sagesse l’est chez les simples soldats. Parent dit que peu avant qu’il délaisse l’aide directe aux gens pour se consacrer à leur représentation, il s’est « aperçu que les représenter, c’est les aider ». En 1991, il a été nommé adjuc du Commandement aérien et, en 1995, adjuc des Forces canadiennes, représentant 47 000 sous-officiers et simples soldats, et il a été conseiller auprès de plusieurs chefs d’état-major.</p>
<p>« Guy était l’adjuc des Forces à un moment très important, alors qu’il y avait des changements sans précédent et que l’on devait accélérer le rythme opérationnel dans un contexte de réductions budgétaires considérables et de restructuration », dit le vice-amiral à la retraite Larry Murray qui était chef d’état-major de la défense intérimaire en 1996 et 1997. Il attribue à Parent le mérite de s’être fait le champion du perfectionnement professionnel des militaires et de s’être battu pour que l’on écoute leur famille davantage.</p>
<p>Parent a participé à la conception de plans de restructuration sous Murray, et à leur mise en œuvre sous Baril. « Je n’aurais jamais pris de décision concernant les troupes […] sans lui en parler avant », dit Baril. Parent accompagnait les CEMD partout : visites des troupes, témoignages devant les comités parlementaires et sénatoriaux, voyages à l’étranger.</p>
<p>Ses deux anciens patrons disent de lui qu’il est compatissant et calme, efficace mais tranquille, et ils louent sa manière d’utiliser son influence pour obtenir des résultats. Baril nous en donne un exemple. À l’occasion de plusieurs voyages vers la fin des années 1990, des gens de sociétés plus stratifiées que la nôtre ont essayé de dissuader Baril de se faire accompagner par son adjuc parce que « le personnel non officier n’a aucun prestige dans le réseau social de leurs forces pour autant qu’on sache ». Mais Baril a insisté et Parent, par l’exemple, a convaincu des officiers militaires supérieurs de l’utilité d’un partenariat entre officier et personnel non officier. Un grade équivalant à celui de l’adjuc a été créé par la suite dans plusieurs de ces pays et Baril en attribue le mérite à Parent. « Il leur a vendu l’idée en douce. »</p>
<p>En 1999, Parent a été posté en Égypte où il dit qu’il a « acquis la capacité de comprendre les problèmes, de les analyser et de se pencher sur les solutions diplomatiques de longue durée ». Quand il était sergent-major, il a dû désamorcer des conflits entre les militaires de 14 pays qui défendaient le Sinaï conformément aux accords de Camp David.</p>
<p>Il s’est retiré des Forces en 2001 et s’est fait engager au Bureau de l’ombudsman de la Défense nationale et des Forces canadiennes, où il a été enquêteur, directeur des enquêtes et, finalement, directeur de l’Équipe d’intervention spéciale de l’ombudsman. Il a été recruté par le BOV en 2008 en tant que directeur des recherches et des enquêtes.</p>
<p>Hyson dit que Parent a plusieurs avantages par rapport à son prédécesseur. Tout d’abord, le mandat de cinq ans de Parent est « une période plus longue pour établir de bonnes relations de travail avec les anciens combattants et le gouvernement ». Il a aussi pris les rênes d’une opération établie; il n’a donc pas été obligé de recruter, d’organiser et de former le personnel, ni d’installer les bureaux.</p>
<p>Étant donné toutes ces expériences, Murray est d’avis que Parent saura bien servir en tant qu’ombudsman. « Il comprend les blessures, le danger et […] les répercussions sur les familles. » Parent et son épouse, Helena Morris, ont élevé trois fils pendant qu’il était militaire. « Il parle aux puissants et utilise les moyens nécessaires, et il le fait d’habitude dans la tranquillité et avec efficacité, et à l’occasion dans les coulisses. »</p>
<p>Son travail tranquille dans les coulisses a été couronné de succès peu après sa nomination. À la suite d’une offre de services gratuits provenant d’une société d’avocats, il a écrit aux associations d’avocats provinciales et fédérales pour leur exposer le besoin qu’ont les anciens combattants de services juridiques gratuits lors des requêtes en révision judiciaire en Cour fédérale. Bien que les anciens combattants qui n’obtiennent pas gain de cause devant le Tribunal des anciens combattants (révisions et appels) puissent demander un contrôle judi­ciaire, peu nombreux sont ceux qui le font, surtout à cause des dépenses que cela représente.</p>
<p>En décembre 2010, l’Ontario Trial Lawyers Association a annoncé l’institution d’un programme de services juridiques gratuits pour les anciens combattants ontariens demandant des avantages fédéraux liés à une invalidité. On s’attend à ce que d’autres associations lui emboitent le pas. Il s’agit là d’une réussite tranquille, le résultat de son énergie contrôlée et de l’utilisation calme de s</p>
<img src="http://www.legionmagazine.com/fr/?ak_action=api_record_view&id=969&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2011/07/le-gardien/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

