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	<title>La revue Légion</title>
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		<title>Affectation Afghanistan: Le combat pour salavat &#8211; Partie 1</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Mar 2010 08:03:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Adam Day</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>

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		<description><![CDATA[Le peloton était tendu les quelques premiers jours. Tant de choses étaient inconnues. La guerre était nouvelle pour l’unité, mais ses membres en connaissaient la réputation de sauvagerie.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le peloton était tendu les quelques premiers jours. Tant de choses étaient inconnues. La guerre était nouvelle pour l’unité, mais ses membres en connaissaient la réputation de sauvagerie.</strong></p>
<p>Quand chaque patrouille quittait la petite école fortifiée, les premiers jours, les soldats qui y restaient faisaient semblant de s’en moquer lors des adieux. Ou bien s’en moquaient-ils vraiment. Il y avait toujours des moments sombres quand les gars levaient le pouce ou le poing en partant. Quelqu’un criait « amusez-vous à la guerre, les soldats » d’une voix de fausset. Ou bien un autre criait, d’un air cucul, « attention aux IED » les gars.</p>
<p>Personne n’a jamais vraiment voulu la faire, cette guerre. Les ennemis sont des fantômes et leurs suppor­teurs se dissimulent en plein jour. Ils sont partout et nulle part. Tout est sens devant derrière.</p>
<p>La violence est obscure et déconcertante. Les ennemis ont compris qu’ils ne peuvent pas survivre en se battant à découvert, alors ils ont maitrisé l’art de la sournoiserie; ils se dissimulent, se confondent dans les parages.</p>
<p>Aux yeux des Canadiens déployés à Kandahar à l’automne 2009, aux yeux des hommes du 1er Peloton, de la Compagnie Alpha (1re) du 1er Bataillon de la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry du 1er Groupe-brigade mécanisé du Canada — le fer de lance — le don qu’a l’ennemi de s’escamoter est déconcertant, pour ne pas dire plus.</p>
<p>L’ennemi est ici, partout, mais il s’agit de planteurs de bombes qui tirent au jugé, pas des soldats. On dirait que les fantassins se battent avec le terrain plutôt qu’avec des terroristes fanatiques. Les arbres leur tirent dessus. Le sol leur tire dessus. Ils répondent en tirant sur les arbres et la terre. Ils ont peur que le sol explose sous leurs pieds, et il arrive que le sol explose et qu’ils y perdent les jambes, les bras, la figure. Ce genre de guerre est non seulement frustrant, mais cruel. C’est comme de développer un cancer quand on cherche à se battre à coups de poings. Il s’agit bien d’une lutte, mais pas comme celle qu’ils voulaient.</p>
<p>Le 1er Peloton est venu à Salavat, pratiquement au milieu du district de Panjwai — le centre du cancer — vivre parmi les villageois et leur montrer, sans ambages, que l’OTAN est venue les aider. Pendant un certain temps, il va essayer d’obtenir la confiance et le soutien des citoyens de Salavat. Il formera une combinaison de force militaire, de force humanitaire et de force policière. Il sera la police de combat du village. Il n’a pas vraiment été formé pour ce genre de travail, et ce n’est pas une guerre comme beaucoup d’entre eux la voulaient, mais c’est son devoir et il fera de son mieux.</p>
<p>Nul ne sait s’il peut gagner. Et nul ne sait exactement ce que gagner veut dire. Nous avons accompagné le peloton pendant les premières semaines de sa nouvelle guerre, pour l’observer pendant qu’il s’efforce de venir aux prises avec un ennemi invisible, la méfiance des gens de la place qui semble sans bornes, les fonctionnaires corrompus et un groupe d’alliés afghans qui sont, au mieux, inconstants et, au pire, traitres. Bien qu’il y ait eu beaucoup de mauvais passages pendant ces quelques semaines — se faire rejeter par quelques villageois, être obligé de poster des sentinelles au poste de commandement (PC) après une confrontation avec le commandant de l’armée nationale afghane (ANA), s’achopper sans cesse à des problèmes de communication, combattre un système de réapprovisionnement irrégulier et être éprouvé par l’atrocité et l’incertitude de la situation — il y a aussi eu nombre de petits triomphes et une issue formidable quand les habitants de Salavat se sont assemblés pour voter une fois pour toutes à savoir s’ils allaient rester et coopérer avec les Canadiens ou s’enfuir.</p>
<p><strong>L’engouffrement dans les ténèbres</strong></p>
<p>Salavat est une agglomération de plusieurs milliers d’habitants. C’est un assemblage hétéroclite d’enceintes et de cabanes en terre séchée blotti au pied de Salavat Ghar. La progression temporelle semble y avoir cessé vers 850 après Jésus-Christ. L’électricité ne provient que d’un ou deux générateurs. Les rigoles, d’une profondeur de plus de six pieds, creusées au fil du temps par les eaux usées sont une indication de l’âge de cette collectivité désertique.</p>
<p>Les Canadiens y vont de temps à autre depuis quelques années; la dernière fois fut en été 2009. Ils ont dû se battre pour entrer dans le village et il leur a fallu se servir du canon principal d’un char Leopard pour pénétrer dans leur nouvelle base, l’enceinte d’une école tout juste au nord de l’agglomération.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="Des villageois curieux recevaient chaque petite patrouille. [PHOTO : ADAM DAY]" src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2010/03/AfghanistanInset9.jpg" alt="Des villageois curieux recevaient chaque petite patrouille. [PHOTO : ADAM DAY]" width="515" height="425" />
<div class="credit">PHOTO : ADAM DAY</div>
<div class="caption">Des villageois curieux recevaient chaque petite patrouille. </div>
</div>
<p>Il y a de ces écoles partout dans le Panjwai, construites avec des fonds de l’UNICEF en 2005. Les écoles ont principalement été désaffectées, endommagées ou même, dans certains cas, détruites. En 2006, l’une d’elles a été le fameux point central de l’opération Méduse, qui avait pour objectif de débarrasser la région Panjwai-Zhari des éléments talibans.</p>
<p>Les Canadiens l’appellent « maison du peloton ». On ne sait pas comment les habitants de Salavat l’appellent, mais ce n’est probablement pas la même chose.</p>
<p>Dans l’enceinte, début octobre, s’était établi un petit village d’étrangers venus refaire le monde afghan. La maison du peloton est quelque chose de désespéré. Les embrasures sans fenêtre sont remplies de sacs de sable et deux tours de contrôle mal dégrossies servent à la garde. Il y a des filets de camouflage et les douches sont deux gros tonneaux d’eau qu’on chauffe au kérosène. Ça sent la poussière, le carburant et la merde. Les lance-roquettes, les mitrailleuses et les quelques systèmes de missile sont une indication de la précarité du fort. L’un des pires dangers, quand on laisse des petits groupes de soldats tout seuls, c’est qu’à l’occasion, l’ennemi les attaque et que, de temps à autre, il réussit à envahir le camp.</p>
<p>Pendant trois semaines avant l’arrivée du 1er Peloton, il y avait des membres du 22e ici, venus construire la base à la fin de leur affectation. Le transfert du commandement a eu lieu le dimanche 11 octobre. Ce fut une scène poussiéreuse, presque chaotique, en prévision de laquelle les membres du 22e et du Patricia s’étaient rassemblés, en sécurité dans l’enceinte de l’école, autour de leurs véhicules. La grande différence entre leurs cultures était évidente. Le 22e a un style extravagant. Beaucoup de ses soldats portent un bandeau, une coiffure compliquée et des pantalons qu’on dirait faits sur mesure et qui donnent l’impression d’une insouciance toute française. Quant au 1er Peloton, ses membres préfèrent un look plus décontracté, dans le genre surfeurs des neiges en guerre, mais avec des gros bras et des moustaches ironiques.</p>
<p>Le premier jour, on ne savait pas exactement comment les soldats du 1er Peloton allaient conquérir le cœur des gens de Salavat. Le soir du 11 octobre, le capitaine Bryce Talsma, commandant du peloton, a réuni ses commandants de section pour établir un plan.</p>
<p>En tout cas, c’est sûr que les mots ne suffiront pas. Ils savent que les Afghans, à ce moment-ci de leur histoire — dans une interminable guerre qui a commencé il y a 30 ans — sont bien plus que sceptiques, bien plus que méfiants en ce qui a trait aux bonnes intentions des étrangers.</p>
<p>Mais au-delà de ces considérations, il y a bien d’autres préoccupations pratiques. Par exemple, personne ne sait vraiment ce qui s’est passé à Salavat, mais il s’y est créé une sorte d’impasse au cours des quelques derniers jours, car l’unité de l’ANA, cantonnée avec les Canadiens à la base de Salavat, refuse de patrouiller la ville tant qu’on n’aura pas établi de poste d’observation qui puisse servir au tir de protection en cas d’embuscade.</p>
<p>Le site logique pour ce poste était le « PO russe », une petite montagne que les Russes ont édifiée quand ils occupaient Salavat, dans les années 1980. Bien qu’il n’y ait que quelques centaines de mètres entre elle et la base canadienne, les difficultés sont nombreuses si l’on veut s’y rendre et, la dernière fois que des Canadiens ont essayé — c’étaient les gars du 22e, quelques semaines avant — ils ont été harcelés par des explosions. Bien qu’ils avaient escaladé la colline en faisant autant attention que possible, ils s’étaient fait prendre par un chapelet d’explosifs de circonstance qui avaient explosé sous leurs pieds et fait plusieurs blessés.</p>
<p>Talsma et ses sergents, assis à l’extérieur du poste de commandement (PC), discutent de leurs options tard dans la nuit. Il fait froid, mais, excités par les défis qu’ils vont devoir relever, ils continuent de parler.</p>
<p>Quelqu’un sort de l’ombre et se joint à eux. C’est un autre officier canadien, le lieutenant de 24 ans Andrew Stocker, qui fait partie de l’Équipe de liaison et de mentorat opérationnel (ELMO) et qui habite aussi à la base, venu assister le lieutenant Saed, le commandant de l’ANA. Stocker, qui est ici depuis quelques semaines, fournit des renseignements sur la situation au 1er Peloton qui vient d’arriver. Personne ne sait ce qui se passe et en qui on peut avoir confiance. Il est pratiquement sûr que l’attaque au mortier lancée récemment provenait de la cour du chef du village, Hajji Pir Mohammed.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="Des gamins de la place. [PHOTO : ADAM DAY]" src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2010/03/AfghanistanInset7.jpg" alt="Des gamins de la place. [PHOTO : ADAM DAY]" width="515" height="374" />
<div class="credit">PHOTO : ADAM DAY</div>
<div class="caption">Des gamins de la place. </div>
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<p>Il s’agit d’un homme qui, selon ce que le commandement de Talsma lui a dit, est probablement un allié, et un allié important.</p>
<p>Talsma, après l’exposé de Stocker, se tourne vers ses sergents qui étaient excités auparavant, mais qui sont quelque peu déconfits en considérant la complexité de la situation. Talsma s’aperçoit qu’il faut leur remonter le moral sans tarder et il dit pour rire, avec sarcasme, qu’on va gagner catégoriquement et rentrer chez soi avant Noël, et que les gens chanteront dans les rues. La guerre est telle que l’on comprend très bien à quel point l’idée est ridicule et tous se mettent à rire.</p>
<p><strong>Et d’entrer le pape </strong></p>
<p>Avant l’arrivée du général Stanley McChrystal, les efforts militaires étaient dispersés, pour ne pas dire plus. Il n’y avait pas vraiment de contrôle venant d’en haut. Bien que la situation militaire en Afghanistan en soit une de contrinsurrection depuis au moins 2006, cela ne veut pas dire que les pays de l’OTAN qui y participent avaient une stratégie ou des tactiques appropriées. Il y avait beaucoup d’improvisation; beaucoup de grandes bases furent construites et bien trop de bombes larguées, chaque groupement tactique fonçant à sa manière; on aurait dit que chacun d’entre eux se représentait différemment comment il fallait procéder. Chacun faisait sa propre évaluation, sa propre conjecture. Dans le Sud, c’était une collection d’armées du monde entier se livrant à leurs propres conjectures toutes en même temps. On ne s’étonnera pas que les choses allaient de mal en pis.</p>
<p>McChrystal est un général américain, un vieux de la communauté des forces d’opérations spéciales, d’une intensité, d’une concentration, légendaires — qui ne dormait que quelques heures par nuit et ne mangeait que rarement, disait-on — et qu’on a surnommé le pape il y a longtemps. Selon ce qu’on raconte, c’est quelqu’un qui accomplit sa mission à tout prix, mais qui ne se demande pas si la mission en vaut la peine.</p>
<p>Son plan ou plutôt sa philosophie, c’était d’arrêter de larguer des bombes et de tirer sur les méchants, et puis de protéger les civils et construire des écoles. Les soldats sortiraient des grandes bases et habiteraient parmi les gens du peuple. On évi­terait les victimes civiles même au prix élevé de victimes alliées. Ces idées n’étaient pas nouvelles, mais, la différence, c’est que McChrystal était responsable de toute l’affaire, et il donnait une consigne très claire à tout le monde. Il n’y avait donc pas de doute que le pape acceptait tout au moins de diriger.</p>
<p>Bien entendu, un bon plan ne vaut pas grand-chose s’il n’est pas mis en pratique. McChrystal ne combattait pas seulement la bande de Pashtouns fanatiques qu’on appelle les talibans, son plan allait aussi à l’encontre de la culture et de la formation des forces militaires qu’il commandait.</p>
<p>La nature de l’armée, c’est la violence. La nuit, les officiers de l’infanterie rêvent de combats décisifs, de trouver et tuer suffisamment d’ennemis pour que les choses changent. Alors, le danger, c’est qu’au réveil, ils partent à la chasse aux fantômes, qu’ils créent la violence quand ce n’est pas nécessaire.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="Le caporal John Little (à g.) et un autre membre du 1er Peloton attendent le début de la patrouille. [PHOTO : ADAM DAY]" src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2010/03/AfghanistanInset1.jpg" alt="Le caporal John Little (à g.) et un autre membre du 1er Peloton attendent le début de la patrouille. [PHOTO : ADAM DAY]" width="515" height="396" />
<div class="credit">PHOTO : ADAM DAY</div>
<div class="caption">Le caporal John Little (à g.) et un autre membre du 1er Peloton attendent le début de la patrouille. </div>
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<p>Les soldats ne racontent habituellement pas d’histoires sur l’obtention de l’allégeance d’un commerçant lors d’une affectation passée, ils ne se vantent pas de leurs compétences en pacification de village. Ce sont des hommes armés, des tireurs.</p>
<p>Il ne s’agit pas d’une critique, ce n’est pas un défaut. Après tout, ce sont des soldats.</p>
<p>Talsma et le 1er Peloton étaient quand même prêts. Beaucoup d’entre eux avaient lu McChrystal. Ils étaient au courant du plan. Ils ne savaient pas s’ils réussiraient, si ça allait marcher, mais la séduction de Salavat allait commencer.</p>
<p><strong>Ier jour — le début de la nouvelle guerre</strong></p>
<p>La nuit est froide. Étonnamment froide. Lecteur pensant voyager au Panjwai du Sud en octobre, prenez garde : un sac de couchage d’été ne vous suffira pas. Loin de là. Et il ne faut pas se faire jouer par l’intensité de la chaleur pendant la journée; les nuits sont tout aussi intensément froides. Il faut aussi être prêt à mourir lorsqu’on est confronté à des serpents, araignées ou scorpions venimeux. La première nuit du Patricia à Salavat — et les 14 qui allaient suivre, en fait — les embrasures de la petite école blanche n’avaient pas de porte, alors lundi matin, en se levant très tôt, gelés, nous avons tous vu des scorpions et des araignées solifuges courir autour de nos lits et de nos bottes. Les soldats les plus braves se sont lancés à l’attaque, mais la plupart sont restés blottis dans leur lit.</p>
<p>Bref, les quelque 40 gars du 1er Peloton ont survécu à la première nuit et, immédiatement après le déjeuner, ils se sont mis à reconstruire rapidement les positions de défense du camp. Ce n’est pas que les gars du 22e ont mal bâti les bunkers et les pas de tir, c’est juste que les Patricia veulent faire mieux. Pendant que les soldats démontent les structures bâties trois semaines auparavant, Talsma, lui, planifie la journée — comment monter au PO russe — et, en plus, il parle un peu de sa stratégie d’urgence pour la conquête de Salavat par son peloton.</p>
<p>« L’armée a tendance à être agressive, ce qui est excellent pour une armée traditionnelle, dit-il. Mais maintenant […] “être lent, c’est être régulier, être régulier, c’est être rapide. Il faut marcher au combat”, dit Talsma. Les Canadiens sont des troupes de choc depuis toujours — on veut se précipiter, on veut attaquer — je pense que c’est inhérent à la psyché nationale que de vouloir bruler le pavé, monter à l’assaut. Mais il faut faire les choses autrement dans ce conflit. On a gagné […] le combat, mais il faut dorénavant gagner la paix. »</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="L’adjudant Dan Eisan au patio devant le poste de commandement établi dans l’école. [PHOTO : ADAM DAY]" src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2010/03/AfghanistanInset11.jpg" alt="L’adjudant Dan Eisan au patio devant le poste de commandement établi dans l’école. [PHOTO : ADAM DAY]" width="515" height="333" />
<div class="credit">PHOTO : ADAM DAY</div>
<div class="caption">L’adjudant Dan Eisan au patio devant le poste de commandement établi dans l’école. </div>
</div>
<p>Talsma s’appelle lui-même un « garçon de l’Alberta » et, s’il parle avec le calme affable d’un athlète, il peut aussi tirer des rafales de pensées soutenues qui surprennent. Enclin à l’autodénigrement et pourvu d’un sens de l’humour un peu incen­diaire qui est divertissant lors des séances d’information mais qui semble lui avoir créé des ennuis chez ses supérieurs, Talsma est très respecté par ses subalternes au moins à la manière réticente et non conciliante qu’ont les hommes de troupes du Patricia même envers les officiers qu’ils estiment.</p>
<p>« On essaie d’équilibrer la contrinsurrection avec le maintien de notre force de manœuvre », poursuit Talsma, assis dans une chaise pliable de la Légion à côté du poste de commandement. « Et il y a encore l’héritage de 2006, où tout le monde veut être un colonel Ian Hope ou un colonel Omer Lavoie et asséner une raclée à tout le monde ici et leur montrer qui est le manitou. Je ne sais pas si, en tant que groupement tactique, on s’est résignés à cette nouvelle mission et, pour ne pas vous donner le change, je ne sais pas si je m’y suis résigné moi-même. »</p>
<p>En quelques phrases, Talsma réussit, conformément à son processus mental, à résumer clairement le problème auquel sont confrontés le peloton, la compagnie et le groupement tactique et, peut-être, les nombreuses armées en Afghanistan. La nouvelle mission n’en est pas une où il faut trouver, ajuster et tuer, ni rechercher et détruire, ni chasser, ni même tirer. La nouvelle mission est tout en douceur. La nouvelle mission, c’est de se faire des amis, de cultiver des alliés et d’essayer de s’immiscer entre l’ennemi et la population. Il s’agit de bâtir un pays.</p>
<p>Et avant même de penser à le faire, le 1er Peloton et toutes les autres armées doivent accepter la nature misérable, échelonnée du travail. Il faudra avancer à petits pas dans un terrain miné d’un bout à l’autre. Et le premier de ces petits pas, c’est de monter au PO russe.</p>
<p>« La priorité absolue, c’est de mettre le poste d’observation en place parce que ça résoudrait pratiquement tous les pro­blèmes de sécurité à Salavat », dit Talsma en promenant son regard sur la ville, au sud.</p>
<p>Toutefois, c’est son travail avec les Afghans qui sera le plus pénible pour lui. Ce n’est pas seulement la langue qui sépare les alliés, mais les nombreuses petites et grandes différences culturelles. Lundi, deux Afghans se promènent autour du poste de commandement à la recherche du « médecin », mais en vain. Talsma part à sa recherche et trouve l’infirmière, le caporal Becky Hudson de la 1re Ambulance de campagne, une grande femme en pleine forme.</p>
<p>« Vous vouliez l’infirmière? » demande Talsma au soldat afghan du camp à l’air le plus méchant. « La voici », dit-il en indiquant Hudson.</p>
<p>« Elle? » demande l’Afghan, comme s’il n’arrive pas à y croire. « Vraiment? »</p>
<p>Talsma fait oui de la tête. L’Afghan hausse les épaules, et, malgré lui, il fait signe vers l’infirmerie et ils s’en vont.</p>
<p>« Ils sont fous ces Canadiens », dit Talsma en parodiant la réaction du soldat afghan et puis il part voir où en sont les défenses du camp.</p>
<p>Tout juste après 15 h, lundi, une patrouille d’une douzaine de soldats du 1er Peloton et d’ingénieurs du 1er Régiment du génie de combat partent en reconnaissance au PO russe. C’est la première fois qu’ils sortent des barbelés.</p>
<p>Au sud de la base, alors que la patrouille s’est arrêtée pour décider par où passer pour aller à la base du PO russe, deux garçons afghans qui suivaient la route en poussant une brouette pleine de marijuana veulent passer. Le caporal Jesse Evansham appelle le chef de patrouille, le sergent C.J. Flach, à la radio, qui répond de les laisser passer, mais qu’il faut les fouiller et leur faire « mettre leurs esties de mains eux-mêmes dans leur brouette ». Evansham demande aux garçons cinq fois, de manières différentes, de soulever la marijuana pour qu’il puisse regarder, mais sans se faire comprendre. Il se sent un peu frustré. Il leur dit lentement, d’une voix fâchée, « soulevez la maudite végétation ». Là, ils ont compris, comme par magie. C’est la première des nombreuses interactions difficiles que le 1er Peloton va avoir avec les villageois au cours des semaines à venir.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="Le soldat Brian Makela en patrouille. [PHOTO : ADAM DAY]" src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2010/03/AfghanistanInset2.jpg" alt="Le soldat Brian Makela en patrouille. [PHOTO : ADAM DAY]" width="515" height="238" />
<div class="credit">PHOTO : ADAM DAY</div>
<div class="caption">Le soldat Brian Makela en patrouille. </div>
</div>
<p>Quant au PO russe, les nouvelles ne sont pas bonnes. Ce ne sera pas facile de monter jusqu’en haut, et pas seulement à cause des éventuels IED en chapelet : il y a aussi un cimetière d’un côté et les gens du coin font sécher les raisins au sommet, deux facteurs exigeant des négociations avant que les Canadiens s’emparent de la colline. De plus, les ingénieurs ne sont pas sûrs de pouvoir vraiment déminer l’endroit, à moins qu’on leur affecte plus de main-d’œuvre.</p>
<p>Quand Flach a réfléchi à toute cette information, il bousille complètement le projet. « Et si, quand on arrive en haut, ce n’est qu’un nouvel angle mort? » demande-t-il à haute voix.</p>
<p>Il faut dire qu’il y a déjà eu des désaccords sous-entendus à propos du PO russe. Plusieurs hommes de troupe plus âgés du peloton n’aiment pas l’idée de Saed; ils n’aiment pas penser que l’hésitation de l’ANA pourrait restreindre leurs mouvements à Salavat. Nous ne savons pas si Talsma est d’accord avec ce point de vue.</p>
<p>Toutefois, ce qu’on sait parfaitement, c’est que l’ennemi est dans les environs, qu’il conspire, qu’il faut conquérir les cœurs et les esprits des villageois et que le PO russe est au centre des deux affaires. Peu de temps après, nous essayons de changer le nom de la colline, de « PO russe » à quelque chose de plus neutre, comme « la crête crève-cœur », mais ça ne marche pas.</p>
<p>À 16 h 48, lundi, il y a la troisième grosse explosion inexpliquée du jour. Ce n’est pas facile de savoir à quelle distance elle est arrivée, peut-être à plus de 1 500 mètres, mais elle a l’effet déconcertant qu’ont les explosifs puissants sur le corps humain, même de loin. La première indication est ressentie plutôt qu’entendue, quand l’onde de choc frappe les yeux et les oreilles et qu’elle aspire l’air des poumons. Les soldats ont un manque de curiosité bizarre par rapport à ces explosions. Enfin, ce n’est peut-être pas qu’ils ne sont pas curieux, mais plutôt qu’ils savent que, de toute façon, ils ne sauront jamais ce qui est arrivé, alors pourquoi perdre son temps à enquêter.</p>
<p>C’est là quelque chose de singulier dans une zone de guerre : les informations semblent avoir un flux négatif. Au sol, sur le sable, les choses qu’on apprend ne servent pas vraiment à bâtir les connaissances, mais plutôt à miner les choses qu’on pense savoir. À chaque explosion, par exemple, on est moins certain de ce qui se passe dans le quartier. Ainsi, à chaque moment qui passe, on en sait un tout petit peu moins qu’à l’instant d’avant.</p>
<p>C’est peut-être pour cela que les rumeurs ont tant d’importance parmi les troupiers et qu’on les échange avec tant de persistance. Par exemple, une histoire fait le tour du camp comme quoi, hier, un policier national afghan (PNA) a fumé un peu trop de hachisch et tiré quelques fois dans le mur de la cuisine du camp. Bien qu’on n’ait pas pu trouver de trous de balle (récents) dans le mur, l’histoire se poursuit, ce qui indique que, même si elle ne contient aucun fait véridique, elle a quand même une certaine signification : on ne fait pas très confiance à la PNA.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="Le soldat Makela. [PHOTO : ADAM DAY]" src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2010/03/AfghanistanInset4.jpg" alt="Le soldat Makela. [PHOTO : ADAM DAY]" width="515" height="269" />
<div class="credit">PHOTO : ADAM DAY</div>
<div class="caption">Le soldat Makela. </div>
</div>
<p>De toute façon, malgré ses dommages possibles, la cuisine a réussi à contenter les soldats à la fin d’une longue journée de construction et de remplissage de sacs de sable, car une planque de saucisses de Francfort et de poulets congelés ont été trouvés pendant les travaux de nettoyage de la base. Alors le diner ce soir-là est une boulette de poulet, deux tranches de fromage fondu et assaisonnement cajun en poudre, une autre boulette de poulet par-dessus, le tout servi avec de l’eau arabe tiède et un paquet de ce qui a l’air d’une contrefaçon de biscuits Oreo. Non seulement la police de caractères et l’infographie du paquet d’Oreo sont évidemment fausses, les biscuits ont un gout de craie rassie.</p>
<p>Lundi soir, la discussion porte longtemps aussi sur la manière dont le peloton va faire sa première approche de la périphérie de Salavat. Hier, les vingt-deux avaient dit que ce qu’ils avaient fait n’était qu’une entrée de jeu, ils ne s’étaient pas introduits profondément à Salavat. Ils avaient tout fait, avaient-ils dit, sauf la vraie chose elle-même.</p>
<p>Les troupiers se mirent presque immédiatement à parler en termes sexuels de la première patrouille qui pénétrerait dans Salavat, appelant la patrouille de reconnaissance la patrouille du bout. C’est « rien que le bout, juste pour un instant, juste pour savoir comment on se sent, disaient-ils en riant. Ce n’est rien. On sera toujours des copains demain matin. Et si elle referme les jambes fermement dessus, il n’y aura pas de violence, on va pas se fâcher, c’est qu’elle est pas prête, évidemment. Il faut simplement la caresser un peu plus. »</p>
<p>Mais, d’abord, il y a l’impasse tactique que représente le PO russe. « Les ennemis savent avant chaque avancée à Salavat que nous occupons cette colline pour avoir une vue supérieure, alors ils ont mis des IED; il va donc falloir la nettoyer en premier. Mais il faut du temps pour le déminage, alors on ne va pas le faire tant qu’on sera pas prêts à y laisser une force », dit Talsma.</p>
<p>Tout de suite après l’extinction des lumières, Talsma tient une réunion pour préparer le plan de patrouilles de demain autour de la base. Étant donné que la 1re section n’est pas encore arrivée, la main-d’œuvre est insuffisante. Il y a quelque 30 Canadiens dans la base, mais pas tous des fantassins. En fin de compte, s’étant enquis (sans oublier le sarcasme) si les reporters pouvaient porter une arme en patrouille, Talsma réussit à brasser l’horaire de la garde afin de trouver le minimum nécessaire à la patrouille.</p>
<p><strong>IIe jour — la première patrouille à Salavat</strong></p>
<p>La nuit a de nouveau été froide, d’un froid désertique, mais, à l’aube, peu après 6 h, les oiseaux pépient, les soldats ronflent et le soleil s’introduit entre les sacs de sable pour illuminer notre baraquement en béton par ailleurs sombre et un peu humide.</p>
<p>Les chambres sentent la vieille chaussette et, étonnamment, l’équipement de hockey : une odeur d’équipement trempé de sueur qu’on a laissé sécher et réutilisé nombre de fois.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="Un vieil Afghan. [PHOTO : ADAM DAY]" src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2010/03/AfghanistanInset10.jpg" alt="Un vieil Afghan. [PHOTO : ADAM DAY]" width="515" height="895" />
<div class="credit">PHOTO : ADAM DAY</div>
<div class="caption">Un vieil Afghan. </div>
</div>
<p>À partir du tout début, non seulement l’ennemi était-il un problème, non seulement la guerre était-elle un problème, mais les préoccupations ménagères nous causaient aussi des  tracas, surtout à l’adjudant Dan Eisan, l’homme infatigable de 42 ans chargé de l’entretien de la petite base et du confort de tout le monde, malgré la nature fluctuante, pour ne pas dire détraquée, du système d’approvisionnement. Heureusement que les rations ne manquent pas, mais on est à court d’à peu près tout le reste, des outils de base jusqu’aux piles, en passant par l’hygiène et, à un moment donné, l’eau.</p>
<p>Comme cela allait devenir la routine pendant les semaines à venir, les soldats se rassemblent devant le PC pour discuter de la situation difficile. Aujourd’hui, les discussions portent sur la possibilité d’installer des tireurs d’élite (qui ne sont pas encore arrivés) au sommet de Salavat Ghar pour fournir des renseignements définitifs sur les mouvements éventuels de l’ennemi dans la région. Eisan, qui entend cette conversation par hasard, pousse un soupir et fait non de la tête : « Ouais, on a besoin de sacs à merde avant des tireurs d’élite », dit-il d’un air las.</p>
<p>Les soldats ne s’occupent guère des préoccupations domestiques d’Eisan et, quand il est parti, ils se mettent à discuter de ce qui pourrait devenir une urgence : la rumeur d’une infestation de vipères perses et autres serpents mortels dans la base.</p>
<p>« Si on n’a pas de chats, on va avoir des souris géantes et puis, après, des serpents géants », dit un soldat.</p>
<p>« Ouais, mais on va avoir besoin de chiens géants pour se débarrasser des chats géants », dit un autre.</p>
<p>En fait, l’infestation de serpents va fâcheusement se réaliser bientôt, et elle va aboutir à un combat au couteau entre Talsma et un serpent féroce alors que nous nous enfuyons en poussant des cris. Mais ça, c’est une autre histoire.</p>
<p>Les plans dressés soigneusement pour une patrouille vers l’est sont abandonnés avant midi, dans un embarras de refus de la part des soldats afghans qui ont prévu une fête pour aujourd’hui; ils n’ont pas tellement envie de faire la guerre. À la place, ils ont des chèvres à abattre.</p>
<p>Au PC, pendant qu’on règle la confusion en ce qui concerne l’ANA, deux hélicoptères Griffon canadiens appellent pour rapporter qu’ils sont « en service » et disponibles pour les besoins de Salavat, comme jeter un coup d’œil aux enceintes avoisinantes ou étudier les chemins à la recherche d’IED.</p>
<p>Talsma a réussi à convaincre Saed, on ne sait comment, de changer d’idée et la patrouille est à nouveau au programme. La relation entre Talsma, Stocker et Saed n’a rien de facile. Talsma a reçu la consigne de se faire le « partenaire » de l’ANA en général et de Saed en particulier, et Stocker, de faire ce qu’il peut pour que le partenariat marche bien. Quant à Saed, comme cela deviendra évident par la suite, il a ses propres intentions et ses propres idées en ce qui concerne Salavat, dont quelques-unes seulement sont conformes à celles de Talsma.</p>
<p>En fait, Saed a bien des problèmes à régler. Les membres de son unité n’ont pas eu de permission depuis fort longtemps. Ils sont très loin de leur famille et leur salaire n’est vraiment pas très gros. Ils ont aussi participé à bon nombre de combats intenses, parait-il. La désertion y est donc un problème majeur. Bien qu’en théorie il s’agisse d’une compagnie commandée par un officier de grade supérieur, le patron de Saed est lui-même absent sans permission et il n’a que 30 soldats sous ses ordres.</p>
<p>On ne sera pas surpris du fait que la discipline n’est pas la meilleure dans l’ANA, ou que Saed désire de plus en plus éviter les conflits avec les insurgés de la place. Le contraste entre les forces afghanes et canadiennes qui s’assemblent au milieu de l’enceinte pour aller en patrouille est flagrant. Les Canadiens ont l’air enthousiaste dans leur uniforme de combat, harnachés dans un équipement ultramoderne comme des sportifs se préparant à une partie de championnat. Les soldats de l’ANA ne sont pas du tout pareils. En les voyant là, dans leur uniforme mal ajusté, le casque de travers, l’air égaré, on ne peut faire autrement que penser qu’ils se sont perdus, comme venant de nulle part et allant nulle part : de pauvres malchanceux s’escrimant à gagner de l’argent facile de la manière la plus difficile qui soit.</p>
<p>La patrouille quitte la base avec beaucoup de retard et prend un chemin de gravier vers l’est, à travers une étendue de maquis désertique de plusieurs kilomètres de large. Elle prend ensuite au sud à travers les vignobles et tourne vers l’ouest pour entrer à Salavat, où elle est accueillie par des enfants au large sourire et des vieux lui offrant du thé. On boit le thé, comme il sied.</p>
<p>Bien qu’il n’ait fallu qu’un paragraphe pour le dire, il a fallu de longues heures pour le faire. Le mouvement a ralenti quand la patrouille s’est divisée en deux sections, et puis en trois, et les communications sont constamment interrompues car les radios que portent les soldats sont brisées ou ne conviennent pas au terrain, ou les deux. Il y a de la confusion et puis de l’ennui, et pour finir, les deux se mêlent et l’après-midi file doucement pendant que nous observons tour à tour la parfaite étrangeté du village.</p>
<p>Quel que soit l’ordre habituel de votre vie, celui des Afghans de Salavat n’est pas du tout le même. Ici, ils ont une chèvre sur le toit et les tout-petits commencent à travailler aussitôt qu’ils peuvent marcher, et on ne sait pas s’ils sont sincères quand ils sourient et agissent amicalement. Il arrive aussi qu’ils soient on ne peut plus méchants les uns envers les autres.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="Le sergent C.J. Flach (à d.) et le caporal-chef Paul Guilmane prennent le thé avec un villageois. [PHOTO : ADAM DAY]" src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2010/03/AfghanistanInset12.jpg" alt="Le sergent C.J. Flach (à d.) et le caporal-chef Paul Guilmane prennent le thé avec un villageois. [PHOTO : ADAM DAY]" width="515" height="350" />
<div class="credit">PHOTO : ADAM DAY</div>
<div class="caption">Le sergent C.J. Flach (à d.) et le caporal-chef Paul Guilmane prennent le thé avec un villageois. </div>
</div>
<p>Par exemple, le caporal John Little me donne le morceau de fondant afghan que lui a offert un commerçant avec qui il prenait le thé. Je le donne à mon tour à une petite Afghane malpropre qui rôde près de là. Elle est transportée de joie et un peu effrayée. Je comprends vite pourquoi, quand un groupe de jeunes garçons lui saute dessus. Elle n’essaie pas de s’enfuir, elle essaie simplement de mettre la friandise dans sa bouche le plus vite possible. Elle n’y réussit pas vraiment. Deux garçons se jettent sur elle, elle frappe le mur de la tête et s’écroule par terre; elle n’a plus le fondant. Elle se relève et me regarde avec des larmes aux yeux, l’expression apparemment universelle d’un enfant qui a été frappé et à qui on a volé un bonbon. Je n’ai rien d’autre à lui donner. Je me sens bien pire que si je ne lui avais pas du tout donné le fondant. Je ne crois pas qu’elle se sente mieux que moi, non plus.</p>
<p>Lors de leur première réunion avec les villageois, les soldats avaient espéré obtenir des renseignements sur la région et l’ennemi, et surtout, s’il y avait des IED et où ils étaient. Les villageois étaient amicaux mais ils n’avaient rien à dire, ce qui était frustrant. Cette frustration se manifeste d’étranges manières. « Tu veux jouer à la détection de mines? » C’est un soldat qui pose cette question à un petit Afghan lorsque nous sommes de retour dans le terrain hasardeux entourant la base. Le garçon le regarde d’un air interrogateur.</p>
<p>Après la patrouille, Bryce mène une séance de rétroaction pour distiller les observations du peloton. Le sergent Dwayne MacDougall parle en premier. Leader de la 1er Section, qui n’est pas encore arrivée, MacDougall est un ancien boxeur, trublion et en règle générale la cheville ouvrière du caractère du peloton. Il va bientôt être appelé « l’arme de pacification de village » par le commandant de la compagnie, le major Ryan Jurkowski, mais à ce moment-ci, il commence seulement à s’acclimater à la nouvelle mission. La préoccupation principale de MacDougall aujourd’hui concerne les nombreux puits découverts, incroyablement profonds, sur lesquels la patrouille est tombée. Ces puits ne sont pas insignifiants : un fantassin est déjà mort en tombant dans l’un d’eux. Non seulement MacDougall veut-il les enregistrer dans leurs unités GPS, il veut régler rapidement la situation de l’approvisionnement pour se procurer un équipement de sauvetage pour les puits. (Cependant, il faudra attendre très longtemps avant qu’il arrive.)</p>
<p>Talsma fait alors le tour de la salle à la recherche d’information. Un soldat a appris qu’il n’y a pas d’école à Salavat. Il y en a eu une autrefois, mais c’est là que les Canadiens habitent. Le même homme leur a appris qu’il y a quelques talibans dans la région de la base et qu’ils travaillaient dans les champs deux jours auparavant. Il dit aussi qu’il sait où il y a « un groupe » de talibans dans Salavat même. Ils apprennent qu’il existe un besoin de ballons de soccer, ainsi que de stylos, de crayons et de livres à colorier. Ils s’exhortent les uns les autres à rester calmes et amicaux, à s’enlever le casque et les lunettes quand ils sont invités à prendre le thé. « Est-ce que vous oubliez Trevor Greene? demande un ingénieur, à propos d’un incident survenu en 2006. Il s’est enlevé le casque et a reçu une hache dans la tête. »</p>
<p>Sa question est démolie immédiatement.</p>
<p>« C’est arrivé une fois », dit le peloton en chœur.</p>
<p>« On peut pas avoir toujours peur. Si quelque chose doit arriver, ça va arriver; on peut pas avoir peur durant toute l’affectation », dit Little.</p>
<p>La séance de rétroaction faillit tourner à la dispute à propos de la vitesse de la marche. Vu que la patrouille se divisait à peu près en trois sections, et que les communications étaient coupées, la première section perdait toujours le contact avec les deux autres. Le chef de la première section, MacDougall, dit qu’il ne tenait qu’aux autres de suivre. « Si on ralentit davantage, on est aussi ben de camper », dit-il. Talsma, lui, se résout à régler les communications avant de sortir des barbelés à nouveau.</p>
<p>Juste après le festin de midi de l’ANA, il reçoit un rapport à la radio sur les activités ennemies. Parmi les nombreuses choses mineures mais éventuellement importantes — l’ennemi a volé un camion de la PNA, numéro 29; un ainé a été vu dans cette région qui transportait un insurgé armé d’un AK-47 en moto; 100 insurgés sont partis du Pakistan à pied et se dirigent vers Kandahar; Masum Ghar a été attaquée avec des roquettes; les enfants font voler des cerfs-volants d’une certaine couleur pour signaler l’avance des convois; l’ennemi s’est mis à utili­ser des IED multiples dans une même enceinte avec deux fois plus d’explosifs — il y a quelque chose d’important qu’on ne savait pas : les insurgés se préparent à lancer une attaque majeure contre l’enceinte d’une école où se trouvent des forces de la coalition et de l’ANA, mais on ne sait pas laquelle.</p>
<p>On reçoit aussi la nouvelle inattendue que le poste de commandement de la compagnie commandée par Jurkowski, qu’on appelle 1-Niner Tac (état-major tactique), arrive demain avec 40 gars et qu’un autre peloton de la Compagnie Alpha va prendre une position rudimentaire devant le portail de l’école.</p>
<p>À Salavat, on n’est pas content de ces changements.</p>
<p>Étant donné que l’état-major et une autre section arrivent, MacDougall insiste qu’il faut une enceinte fortifiée plus près du centre de Salavat d’où ils pourront opérer comme ils veulent. « Quand ça arrive, ça restreint presque nos capacités d’imposer notre volonté, dit MacDougall en se promenant de long en large dans le petit patio devant le poste de commandement. Si le commandant de la compagnie est ici, il va finir par prendre les commandes, et nos interventions et notre efficacité en seront réduites. Je m’en suis aperçu à l’entrainement : quand on nous laisse tout seuls, on s’épanouit et on travaille en équipe. Et ça n’arrive que lorsqu’il nous dit ce qu’il veut qu’on fasse et qu’il nous laisse faire. »</p>
<p><strong>IIIe jour — le bout s’enfonce davantage, le major arrive</strong></p>
<p>La journée débute par une discussion sur des rumeurs, dans la cuisine. On discute souvent de l’éventualité d’une attaque majeure contre la base et tous se mettent à penser plus précisément au genre de protection qu’ils auraient si les obus et les roquettes se mettaient à pleuvoir dans l’enceinte.</p>
<p>Dans le cas d’une attaque au mortier, l’école ne serait pas sécuritaire parce que le toit n’est pas fortifié et les obus tomberaient probablement dans la salle, qui deviendrait alors un abattoir.</p>
<p>Talsma ordonne de stationner un des VAL à l’intérieur de l’enceinte, à côté du poste de commandement. C’est notre nouveau bunker.</p>
<p>À propos de rumeurs, un membre de la PNA a vraiment tiré sur le mur de la cuisine avec son AK-47, dimanche, ce qu’ont confirmé plusieurs soldats en me montrant les nouveaux trous de balle. Les rumeurs ne sont pas toujours fausses.</p>
<p>Par la suite, vu la nouvelle de l’arrivée imminente de 1-Niner Tac et la nouvelle encore moins bienvenue de l’arrivée éventuelle du peloton de manœuvre, la 3e Section succombe en chamailleries humoristiques.</p>
<p>L’essentiel du problème est comme suit : les soldats veulent aller en mission contre des cibles ennemies, mais ils savent que l’arrivée de l’état-major et du peloton de manœuvre signifie qu’ils seront relégués à la défense de la base quand des frères de leur compagnie iront au combat.</p>
<p>« On n’est plus des soldats, on est des ordonnances », dit l’un d’entre eux.</p>
<p>« J’étais soldat autrefois », dit un autre.</p>
<p>« Je veux pas être un planqué », dit un troisième.</p>
<p>« Je vais peut-être passer aux talibans », dit un autre, découragé.</p>
<p>Un peu plus tard, un problème plus immédiat arrive quand un rapport agite le camp, comme quoi les troupiers de l’ANA dans la tour sud se détendaient, pour ne pas dire dormaient, pendant la nuit. D’autres soldats le confirment rapidement. Talsma est furieux.</p>
<p>« Si ces gars dorment, l’ennemi peut s’en apercevoir et sauter le mur pour venir nous couper le cou », dit-il en fixant la partie de l’ANA du camp d’un œil enragé. « On n’est pas dans une place sans danger », dit-il.</p>
<p>MacDougall arrive en fureur au patio du PC, à un moment qui n’aurait pas pu être plus mal choisi, pour annoncer que des soldats afghans sont en train de fumer du haschich au poste de garde devant la base.</p>
<p>Le commandant de l’ELMO, Stocker, est dans une situation scabreuse. Son unité n’a guère d’appui de Kandak (l’état-major du bataillon afghan) et les soldats de l’ANA commencent à tomber en lambeaux. « Y a des tonnes de gars qui se sont échappés. S’ils croient que Kandak se fiche d’eux, ils se fichent de Kandak. »</p>
<p>Il part à toutes jambes, le rapport de MacDougall à l’esprit, voir ce que font les soldats de l’ANA devant la base.</p>
<p>« C’est peut-être le moment de faire une réévaluation », dit Talsma à MacDougall.</p>
<p>« Je suis pas content de ce qui se passe actuellement, dit MacDougall qui se lève pour arpenter le patio. Je me sens comme si on a été compromis. Non seulement on peut pas aller à Salavat à cause d’eux, on peut même pas leur confier la garde. »</p>
<p>Quand Stocker revient, Talsma se met tout de suite à le houspiller. « En 12 heures, le sentiment positif que j’avais sur l’ANA est devenu de la tremblote », le réprimande-t-il.</p>
<p>« Le pire qui arrive, d’après lui, c’est l’épuisement au combat. Cette unité fait la navette d’un endroit à l’autre depuis des années », dit Stocker.</p>
<p>Au-delà de la drogue et du manque de discipline en quart de surveillance, le vrai problème, c’est que Saed résiste quand il s’agit d’entrer à Salavat sans avoir d’abord placé des troupiers dans le PO russe. Mais tout le monde est fatigué de sa résistance. Et tous savent que sans les patrouilles de déminage, l’ennemi va venir. « On peut pas les obliger s’ils veulent pas le faire », dit Flach au petit groupe composé de Talsma, quelques membres du 1er Peloton, « mais on peut pas restreindre ce qu’on doit faire à cause d’eux. »</p>
<p>On passe ensuite aux actes. MacDougall demande une patrouille de nuit au sud-ouest de la base. Talsma étudie une carte. « Avec une mission d’illumination correspondante (pour éclairer l’endroit)? » demande Talsma. MacDougall acquiesce en regardant la carte.</p>
<p>Et, sans plus, c’est décidé. Le 1er Peloton a décidé de pousser Saed et l’ANA un peu plus — plus profondément à Salavat et plus tard durant la nuit — mais cela, c’est pour plus tard. Pour l’instant, il y a encore une patrouille à faire dans la périphérie.</p>
<p>Ainsi, le groupe d’un peu plus d’une douzaine de Canadiens et d’un peu moins d’Afghans sort de la base par la porte arrière à 13 h 30, au plus chaud de la journée, lorsque la température est plus près de celle d’une cuisine que du confort personnel. Il fait un tour vers le sud de façon quelque peu désordonnée, les Afghans trainant les pieds alors que les Canadiens, toujours nerveux, qui ne sont pas encore habitués à se trouver de l’autre côté des barbelés, fignolent leur système de radio précaire et s’occupent des instructions de manière maladroite.</p>
<p>On rencontre des gens en chemin : quelques femmes, un homme qui charge un âne, un vieil homme et un petit enfant, et puis un autre groupe de femmes et d’enfants qui s’enfuient en nous voyant.</p>
<p>À un bazar au sud de la base, un homme barbu sévère dit à la patrouille de ne pas aller plus au sud, vers le village, parce que les enfants ont peur des soldats. Pendant qu’il parle, la patrouille est entourée d’enfants qui rient et essaient d’attirer l’attention de ses membres.</p>
<p>C’est la première fois que le peloton rencontre un homme surnommé « La punition du nord » parce qu’il habite au nord de Salavat et qu’il déblatère souvent contre notre présence.</p>
<p>Un rapport est reçu à la radio lorsque la patrouille pénètre plus profondément dans le village. « On vient de nous informer qu’ils vont bombarder une enceinte », dit le radio.</p>
<p>« Où? » demande Flach.</p>
<p>« Pas à côté de nous, j’espère » , répond-il.</p>
<p>Peu de temps après le retour de la patrouille, une autre patrouille sort par le portail de devant pour nettoyer les IED sur la route, car Jurkowski et son état-major tactique sont en route et il y a certains ponceaux qui ont été évalués comme n’étant pas sûrs. L’ennemi aime planter de grosses bombes dans les ponceaux.</p>
<p>Quelques moments après son arrivée à la base, Jurkowski écoute un exposé sur l’impasse tactique causée par le fait que l’ANA exige une position de surveillance au PO russe. Jurkowski réfléchit un instant. Et puis il dit d’oublier les patrouilles du bout, l’unité au complet va au centre de Salavat vendredi.</p>
<p>« J’en ai assez d’entendre “on a besoin de ci ou de ça”. On n’en a pas besoin, vous verrez », dit-il et il s’enfonce dans la nuit.</p>
<p>En effet, l’arrivée de l’état-major de la Compagnie Alpha a créé une tout autre situation à Salavat. Au cours des quelques heures après leur arrivée, on ne parle plus que de Nakhonay, une ville au sud de Salavat qui, d’après les rumeurs, serait une forte­resse épique des insurgés. La rumeur veut maintenant qu’il va y avoir une guerre, une guerre à tout va. McChrystal voudrait peut-être protéger la population, mêler les pelotons aux villageois, mais la guerre a sa propre trajectoire. Et l’ennemi a été aperçu.</p>
<p>Longtemps après que tout le monde a quitté le PC pour la nuit, Talsma pense à ce qui se passe et à ce qu’il faudrait faire. « On va avoir d’autres renseignements très bientôt sur ce qu’on va devoir faire. En ce qui concerne le 1er Peloton, on va encore de l’avant aussi vite qu’on peut pour assurer Salavat, et bien que le but, après, c’est Nakhonay, c’est ici, le soutien. »</p>
<p>« Telles que sont les choses, ce que je pense, c’est que sera, sera, advienne que pourra. Quand il y a un problème, je fais de mon mieux pour le régler et j’essaie de ne pas me sentir visé, quoi qu’il arrive. »</p>
<p>Mais maintenant qu’il est évident pour tout le monde que la maison du peloton de Salavat va servir de zone d’étape pour l’attaque ultime de Nakhonay, il y a un grand nombre de nouveaux facteurs. Est-ce que toute cette puissance de feu va par inadvertance attirer les insurgés et faire un champ de bataille de Salavat? Est-ce encore possible de mener des opérations de contrinsurrection douces et amicales tout en se préparant à attaquer un village à quelque 1 500 mètres de là?</p>
<p>En tout cas, il n’y a plus guère d’espoir pour la mission d’édification au village de Salavat. Talsma devient philosophe à propos de la manière dont les choses ont tourné. « En fin de compte, c’est à se demander si notre chemin est le bon. Est-ce que la justice est de notre bord? Je crois vraiment que notre façon est la meilleure et je sais qu’ils croient à la leur tout autant. Mais si on s’investit pas dans quelque chose, on s’investit dans rien. »</p>
<p>En se résignant à la perspective du combat, encore une fois, il laisse tomber un peu les idées d’édification de pays que sont la promotion de la liberté, l’égalité des sexes et l’éducation de la petite enfance, et dont un grand nombre ont été présentées au début par des politiciens ou des généraux essayant d’obtenir le soutien du public. « Ce sont là des idées qu’on vend aux gens chez nous; elles sont bonnes, mais elles ne servent pas à régler beaucoup de problèmes en Afghanistan. Et nous sommes ici à cause de ces problèmes. On ne peut tout simplement pas accepter un pays qui exporte la violence. Ce pays, c’est une estie de ligne tracée dans le sable, c’est une déclaration au reste du monde : si tu nous cherches, tu vas nous trouver. »</p>
<p>Longtemps après la tombée de la nuit, le camp est illuminé par une fusée éclairante de l’artillerie lancée à Sperwhan Ghar. Elle révèle une base pleine à craquer de blindés canadiens, chaque véhicule entouré par des bulles de tissu où les nouveaux arrivés se serrent sous les couvertures, dans des lits de camp ou sur le sable.</p>
<p><strong>Au prochain numéro : le 1er Peloton prend le centre de Salavat d’assaut et les relations avec Saed s’affaissent pire que jamais.</strong></p>
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		<title>Soyez le bienvenu, Monsieur Blackburn</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Mar 2010 16:03:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Nous souhaitons la bienvenue au député fédéral Jean-Pierre Blackburn au poste de ministre des Anciens Combattants. Blackburn, qui a prêté serment en tant que ministre le 19 janvier, était au Parlement dans le temps de Brian Mulroney, entre 1984 et 1993, et il y est retourné en 2006. Il était ministre du Revenu national et mi­nistre d’État à l’Agriculture depuis 2008 et, bien qu’il déménage du Revenu natio­nal aux Anciens Combattants, il garde son poste de ministre d’État à l’Agriculture.
En tant que ministre des Anciens Combattants, il n’aura pas le temps de s’ennuyer. C’est évident quand on sait que 56 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous souhaitons la bienvenue au député fédéral Jean-Pierre Blackburn au poste de ministre des Anciens Combattants. Blackburn, qui a prêté serment en tant que ministre le 19 janvier, était au Parlement dans le temps de Brian Mulroney, entre 1984 et 1993, et il y est retourné en 2006. Il était ministre du Revenu national et mi­nistre d’État à l’Agriculture depuis 2008 et, bien qu’il déménage du Revenu natio­nal aux Anciens Combattants, il garde son poste de ministre d’État à l’Agriculture.</p>
<p>En tant que ministre des Anciens Combattants, il n’aura pas le temps de s’ennuyer. C’est évident quand on sait que 56 résolutions liées aux questions des anciens combattants ont été arrêtées au 42e Congrès national de la Légion royale canadienne, à Ottawa, il y a deux ans. La plupart de ces questions et certaines autres seront à nouveau débattues, en juin, quand la Légion se réunira à Winnipeg, à l’occasion du 43e Congrès national. Comme la Légion le sait depuis longtemps, ce n’est qu’en persévérant sur ces questions que progrès il y a.</p>
<p>Les vétérans de la Seconde Guerre mondiale ont plus de 80 ans et ils ont un besoin pressant des nombreux avantages que la Légion s’évertue à leur obtenir depuis longtemps. Offrir les avantages du Programme d’autonomie des anciens combattants (PACC) aux anciens combattants frêles, sans tenir compte de l’endroit où ils ont servi ni de leur situation financière, est une des priorités. L’adaptation du foyer, la popote roulante et l’entretien de la maison et du terrain repoussent le moment où l’ancien combattant est obligé d’aller vivre dans un établissement de soins de longue durée. Cela lui permet de rester où il est pro­bablement le plus à l’aise, et cela permet au gouvernement, étant donné les couts élevés des soins en institution, de réaliser des économies.</p>
<p>Une telle modification au PAAC déplacerait la prestation d’avantages, d’une approche fondée sur le programme — qui tient compte du théâtre de guerre où a servi l’ancien combattant, de l’importance de l’invalidité liée au service et des moyens pécuniaires — à une approche fondée sur les besoins de l’ancien combattant.</p>
<p>L’augmentation de l’octroi maximal permis dans le cadre du Programme de funérailles et d’inhumation des anciens combattants jusqu’à un montant équi­valent à celui qui a été institué pour les membres des Forces canadiennes et de la GRC est une des questions dont il faut s’occuper sans plus tarder. Les couts des funérailles sont élevés et les octrois n’ont pas augmenté en même temps que le cout de la vie. Il est temps que de nouveaux taux soient établis.</p>
<p>La Légion aimerait aussi que tous les anciens combattants aient automatiquement droit à une stèle funéraire à leur décès. Le test des moyens qui sert à décider si la succession de l’ancien combattant suffit à couvrir le cout de funérailles dignes est insultant aux yeux de beaucoup d’anciens combattants et de leur famille, et il devrait être supprimé.</p>
<p>Les besoins des anciens combattants qui vieillissent augmentent, bien sûr, mais le ministre des Anciens Combattants doit aussi être conscient des anciens combattants les plus jeunes. Il s’agit des hommes et des femmes qui servent actuellement ou qui viennent de quitter les Forces et qui doivent s’adapter à la vie civile pour la première fois de leur vie d’adulte. Beaucoup reviennent au Canada après avoir pris du service en Afghanistan. Et beaucoup sont blessés; certains physiquement, d’autres mentalement.</p>
<p>La Loi sur les mesures de réinsertion et d’indemnisation des militaires et vétérans des Forces canadiennes, appelée aussi la nouvelle Charte des anciens combattants, concerne les préoccupations des anciens combattants d’aujourd’hui. La charte, entrée en vigueur en avril 2006, nous a été promise en tant que « document vivant » : un document qui serait modifié quand on y remarquerait des failles ou des limitations ou quand les besoins des clients changeraient. Anciens Combattants Canada a formé pour ce faire le Comité consultatif de la nouvelle Charte des anciens combattants, où la Légion est représentée.</p>
<p>Le Comité a remarqué des lacunes dans la Charte et recommandé 17 améliorations dans son rapport de décembre. La principale était de donner aux anciens combattants et à leur famille un meilleur accès aux services offerts par le Centre de ressources pour les familles des militaires, y compris l’aide psychosociale pour les enfants, les services de toxicomanie et de santé mentale, et les services de formation et de placement pour les conjoints des anciens combattants invalides.</p>
<p>Autres domaines sur lesquels il faut se pencher : a) faire en sorte que les anciens combattants invalides aient un revenu juste, équitable et seyant à une carrière militaire normale; b) remplacer l’approche aux avantages économiques basée sur l’assurance par une approche basée sur les besoins; c) améliorer les services de réadaptation et mettre en œuvre de meilleurs moyens de collecter des renseignements pour décider si les programmes et les services que la Charte offre aux anciens combattants modernes sont satisfaisants.</p>
<p>Par ailleurs, certains se demandent si le paiement forfaitaire pour invalidité est vraiment efficace. Beaucoup d’associations d’anciens combattants ont fait remarquer que le versement sert bien à l’ancien combattant au moment où il quitte les Forces canadiennes, mais qu’il se peut que cette assistance ne dure pas assez longtemps. Auparavant, l’ancien combattant invalide pouvait toucher une pension mensuelle pour le reste de sa vie.</p>
<p>Il s’agit là de quelques-unes des questions importantes que le nouveau ministre doit régler, et nous lui souhaitons du succès. Cela fait beaucoup pour un ministre, surtout quand ses responsabilités au Cabinet sont divisées.</p>
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		<title>Interprétation de la Charte</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Mar 2010 15:59:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans les prochains articles de cette rubrique, nous donnerons des éclaircissements sur la nouvelle Charte des anciens combattants. Mise en application en avril 2006, elle sert à offrir une aide de placement, des services de réadaptation, des avantages financiers, des soins de santé, de l’aide à l’éducation et des avantages d’invalidité aux membres des Forces canadiennes (FC) actuels ou anciens, et à certains réservistes.
Les avantages financiers sont les suivants :
• Compensation pour perte de revenu (CPR) : un avantage imposable qui revient à 75 % du salaire brut, moins les revenus d’autres sources règlementaires; cela peut être fourni de façon [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans les prochains articles de cette rubrique, nous donnerons des éclaircissements sur la nouvelle Charte des anciens combattants. Mise en application en avril 2006, elle sert à offrir une aide de placement, des services de réadaptation, des avantages financiers, des soins de santé, de l’aide à l’éducation et des avantages d’invalidité aux membres des Forces canadiennes (FC) actuels ou anciens, et à certains réservistes.</p>
<p><strong><em>Les avantages financiers sont les suivants :</em></strong><br />
• Compensation pour perte de revenu (CPR) : un avantage imposable qui revient à 75 % du salaire brut, moins les revenus d’autres sources règlementaires; cela peut être fourni de façon temporaire si l’ancien combattant prend part à un programme de réadaptation, ou jusqu’à 65 ans s’il souffre d’une « invalidité totale et permanente » relativement aux emplois convenables, ou jusqu’au jour du décès non relié au service avant 65 ans;<br />
• Allocation pour déficience permanente (ADP) : un avantage imposable pour compenser la perte d’occasions d’emploi à cause d’une blessure;<br />
• Prestation de retraite supplémentaire (PRS) : un paiement forfaitaire de 2 % des allocations pour perte de revenu (PR) totales qui auraient été perceptibles par un ancien combattant ou un survivant, sans égard pour la CPR;<br />
• Soutien du revenu des Forces canadiennes (SRFC) : un avantage non imposable que le demandeur peut obtenir quand il a terminé la réadaptation et qu’on le juge apte à l’emploi; l’ancien combattant doit prouver qu’il n’a plus droit à la CPR et qu’il répond à la condition de résidence canadienne et aux critères liés à l’emploi et au placement.</p>
<p><em><strong>Ont droit aux avantages d’invalidité ceux qui :</strong></em><br />
• souffrent d’une invalidité médicale liée au service ou qui a été aggravée par lui, et qui en font la demande après le 1er avril 2006;<br />
• sont membres des Forces, ou qui l’ont été, après le 1er avril 1947, sauf ceux qui ont fait la guerre de Corée;<br />
• sont des survivants (à certaines conditions).</p>
<p><em><strong>On a droit aux avantages de la CPR si on :</strong></em><br />
• a un plan de réadaptation ou d’assistance professionnelle;<br />
• est le survivant (ou l’orphelin) d’un membre des Forces mort des suites d’une blessure ou d’une maladie qui ont eu lieu en service, ou bien d’une blessure ou d’une maladie aggravées par le service.</p>
<p><em><strong>Peuvent avoir droit à l’ADP les anciens combattants qui :</strong></em><br />
• souffrent d’une infirmité physique ou mentale grave et permanente;<br />
• ont un plan de réadaptation qu’a approuvé Anciens Combattants Canada;<br />
• ont reçu une indemnité d’invalidité liée à cette infirmité.</p>
<p><em><strong>Ont droit aux avantages de la PRS :</strong></em><br />
• les vétérans des Forces atteints d’une invalidité totale et permanente de 65 ans ou employés qui n’ont plus droit aux avantages de la CPR;<br />
• les survivants de membres actuels ou anciens des Forces, tenant compte de certains critères d’admissibilité.</p>
<p><strong><em>Ont droit aux avantages du SRFC :</em></strong><br />
• les anciens combattants qui n’ont plus droit aux avantages de la CPR, ont suivi le programme de réadaptation avec succès, ont besoin d’aide financière parce que le revenu du ménage ne suffit pas aux besoins de base, habitent au Canada et ne peuvent pas trouver d’emploi convenable.</p>
<p><em>À votre service est écrit par des officiers d’entraide des directions de la Légion. Pour communiquer avec un officier d’entraide, composez sans frais le 1-877-534-4666, ou visitez le site web d’une direction. Consultez www.legionmagazine.com pour les archives de 3 années.</em></p>
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		<title>Souvenir d’Italie</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Mar 2010 04:01:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tom MacGregor</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>

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		<description><![CDATA[Son corps gisait depuis 65 ans au cimetière militaire canadien de la Moro, près d’Ortona (Italie), sous une pierre portant l’inscription Known unto God (connu de Dieu seul). C’est à Ortona et dans ses environs qu’ont eu lieu certains des combats les plus terribles qu’ont endurés les Canadiens à la Seconde Guerre mondiale. Comme en témoignent les 1 614 autres tombes du cimetière.
En fait, bien que le corps git encore là-bas, il n’est plus inconnu.
Les membres du pèlerinage d’Anciens Combattants Canada, organisé en l’honneur du 65e anniversaire de la campagne d’Italie, et des élèves canadiens de l’école CCI Renaissance de Lanciano [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Son corps gisait depuis 65 ans au cimetière militaire canadien de la Moro, près d’Ortona (Italie), sous une pierre portant l’inscription Known unto God (connu de Dieu seul). C’est à Ortona et dans ses environs qu’ont eu lieu certains des combats les plus terribles qu’ont endurés les Canadiens à la Seconde Guerre mondiale. Comme en témoignent les 1 614 autres tombes du cimetière.</strong></p>
<p>En fait, bien que le corps git encore là-bas, il n’est plus inconnu.</p>
<p>Les membres du pèlerinage d’Anciens Combattants Canada, organisé en l’honneur du 65e anniversaire de la campagne d’Italie, et des élèves canadiens de l’école CCI Renaissance de Lanciano ont participé à la dédicace d’une nouvelle pierre tombale pour le sergent suppléant John Aubrey Matthew, lors d’une simple cérémonie des Forces canadiennes. Celle qu’elle remplaçait portait l’inscription suivante :</p>
<p><em>Un soldat de la guerre de 1939-1945<br />
Un sergent du Hastings and Prince Edward Regiment</em></p>
<p>Grâce aux recherches approfondies de la famille de Matthew et de la Direction de l’histoire et du patrimoine du ministère de la Défense nationale, il a été démontré catégoriquement que les restes ne peuvent être que ceux de Matthew, de Stayner (Ont.). Des témoins ont rapporté que Matthew avait été blessé au combat, le 30 janvier 1944, quand deux compa-gnies des Hastings soutenues par l’aviation et l’artillerie et par six chars d’assaut du Calgary Regiment ont essayé de traverser la plaine d’Arielli en plein jour. Cependant, à cause des combats, Matthew ne put être évacué.</p>
<p>Quand les porteurs de civière sont retournés, ils ne l’ont pas trouvé. Huit mois après, en septembre, le corps a été trouvé par d’autres Canadiens qui n’ont pu déterminer que son grade et son régiment.</p>
<p>Le capitaine aumônier Claude Lussier a dit des prières et puis le colonel John Mitchell, accompagné par l’infirmière Betty Brown, vétérane de la campagne d’Italie de 92 ans, a déposé des fleurs au pied de la nouvelle pierre tombale.</p>
<p>Une cérémonie à la chandelle a commencé au coucher du soleil. Chacun des délégués et des étudiants avait reçu une bougie en arrivant au cimetière. Les anciens combattants du voyage, Betty Brown, Henry Beaudry de la Saskatoon Light Infantry, Roland Demers du Corps royal du génie canadien, David Morton de l’Aviation royale du Canada et William Miller, surnommé Dusty, de la Marine royale canadienne, ont allumé les bougies des participants qui défilaient devant eux.</p>
<p>Les mots obsédants de Amazing Grace, sur une mélodie lancinante, ont été chantés par les élèves Brittany Tummers et Kay Petryk, pendant que les participants contemplaient les pierres. La sonnerie aux morts, le réveil et la complainte ont suivi. Les jeunes se sont rassemblés pour réciter l’Engagement au Souvenir :</p>
<p><em>Ils étaient jeunes, tout comme nous,<br />
Avec amour, ils ont servi leur patrie.<br />
Nous nous engageons envers eux à défier le temps qui passe,<br />
Et à tenir bien haut le flambeau du Souvenir.</em></p>
<p>La cérémonie était l’un des évènements les plus touchants du pèlerinage dirigé par le ministre des Anciens Combattants Greg Thompson du 26 novembre au 5 décembre. Les sénateurs Michael Meighen et Wilfrid Moore et les députés Rob Oliphant, Peter Stoffer et Guy André se sont joints aux anciens combattants et à leurs gar-diens. Parmi les dirigeants des principales organisations d’anciens combattants se trouvaient la première vice-présidente de la Légion royale canadienne Pat Varga, Robert Ross du Conseil national des associations d’anciens combattants et Gordon Marsh des Army, Navy and Air Force Veterans in Canada.</p>
<p>La délégation s’était rassemblée au Sunnybrook Health Sciences Centre, à Toronto, la ville canadienne où se trouve le plus grand nombre de personnes qui parlent italien, pour souhaiter bon voyage aux vétérans de la campagne d’Italie, aux anciens combattants du Sunnybrook et aux élèves de l’école secondaire Leaside.</p>
<p>Thompson rappela à l’audience que c’est Lady Nancy Astor qui a inventé le terme D-Day Dodgers (resquilleurs du jour J) pour décrire les soldats qui se battaient en Italie, comme s’ils avaient choisi de se battre là-bas plutôt qu’en Normandie. « Lady Astor était complètement dans l’erreur. […] 93 000 Canadiens y ont servi [...]; les combats, qui ont duré 20 mois, ont été les combats terrestres les plus longs de la Seconde Guerre mon­diale; trois Canadiens y ont mérité la Croix de Victoria; et 6 000 Canadiens y ont fait le sacrifice ultime : nos pertes les plus nombreuses de tous les pays […] à la guerre », dit-il.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="Les anciens combattants Dusty Miller et Roland Demers bavardent en attendant que commence la cérémonie. [PHOTO : TOM MacGREGOR]" src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2010/03/ItalyInset1.jpg" alt="Les anciens combattants Dusty Miller et Roland Demers bavardent en attendant que commence la cérémonie. [PHOTO : TOM MacGREGOR]" width="515" height="376" />
<div class="credit">PHOTO : TOM MacGREGOR</div>
<div class="caption">Les anciens combattants Dusty Miller et Roland Demers bavardent en attendant que commence la cérémonie. </div>
</div>
<p>Brown et le résident de Sunnybrook Don Stewart ont raconté leurs expériences aux élèves et puis ils ont répondu à leurs questions. Brown se souvenait du débarquement en Sicile. « On portait les uniformes des hommes et les gars ont trouvé des fournitures médicales que l’ennemi avait abandonnées. On a réussi à établir un hôpital en attendant qu’on nous apporte d’autres fournitures. »</p>
<p>La délégation a pris l’avion pour Rome à Toronto et puis l’autocar jusqu’à Cassino, à quelques heures plus loin. La première fois qu’il est allé en Italie, David Morton de Gibsons (C.-B.) ne s’y est pas rendu aussi vite. En tant qu’électricien d’aéronef de l’Aviation royale du Canada, il a suivi les troupes partout en Italie, mais c’est le voyage en bateau dont il se souvient le mieux. « Les quartiers étaient serrés. Il y avait des tables où deux gars se couchaient sur la longueur. Et puis il y avait des hamacs au-dessus », racontait-il.</p>
<p>La délégation n’est pas allée en Sicile, mais le début de la campagne d’Italie a été décrit lors des présentations de deux représentants de la jeunesse, Nolan Hill de Calgary et Mélanie Morin de Drummond (N-B.). Ils avaient participé tous deux à la semaine Le Canada se souvient dans le cadre du programme Rencontres du Canada, à Ottawa.</p>
<p>Bien avant le voyage, Hill et Morin avaient fait des recherches sur un soldat mort en Sicile dont la tombe est inconnue. Leurs présentations ont été faites à la première cérémonie du voyage, qui a eu lieu au monument de Cassino, au cimetière militaire du même nom.</p>
<p>L’élève Hill de l’école secondaire Bowness de Calgary, âgé de 16 ans, a raconté l’histoire de William Albert Gair, un jeune agriculteur de Strome (Alb.) qui s’est engagé dans le 49th Edmonton Regiment (dont le nom a changé à Loyal Edmonton Regiment par la suite).</p>
<p>Il dit que la mort de Gair a été rapportée comme ayant eu lieu, au combat, dans la ville de Piazza Armerina, le 16 juillet 1943 : huit jours avant son 25e anniversaire.</p>
<p>Après les présentations, les délégués ont pris part à une cérémonie commémorative à la Croix du Sacrifice du cimetière. Sur les plus de 4 200 pierres tombales, 855 sont celles de Canadiens. L’endroit était couvert de brume pendant toute la matinée. Elle s’est dissipée en même temps que le sergent cornemuseur William MacDougall des Cameron Highlanders d’Ottawa jouait la complainte et la magnifique abbaye tout en haut du Monte Cassino paraissait à nos yeux. La construction originale a été détruite pendant la guerre.</p>
<p>La délégation a lié connaissance avec le professeur Gianni Blasi un peu plus tard. Né en Italie, il a grandi en Ontario et il est retourné en Italie où il est devenu professeur. Il se passionne pour l’histoire de la région et les contributions qu’y ont apportées les Canadiens pendant la guerre. Le professeur a guidé le groupe au musée avoisinant et, le lendemain, lui a montré où se sont battus les Canadiens. « Les Allemands s’étaient rendus maitres du terrain élevé et les Canadiens ont dû s’y battre », dit-il en pointant le doigt vers les montagnes des deux côtés de la vallée de la Liri. Sa voix trahissait l’amertume quand il parlait des troupes coloniales françaises qui se sont battues dans les montagnes et qui étaient notoires non seulement pour leur férocité au combat, mais aussi pour leur rapine et le viol des gens du coin. Il dit que sa mère et sa sœur s’étaient enfuies à l’arrivée des Marocains. Elles n’étaient pas assez bien chaussées. Elles sont tombées sur des soldats canadiens. « Un des Canadiens a attrapé sa sœur, ma tante, une femme pas très grande et l’a emmenée sous une tente. Ma mère était terrifiée et elle se demandait pourquoi les autres soldats canadiens ne manifestaient aucune inquiétude. Quand ils sont revenus, peu après, ma tante portait des bottes de soldat. C’est comme ça qu’on se souvient des Canadiens. On se souvient de leur bonté. »</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="Le sergent cornemuseur William MacDougall joue sur les murs de Pontecorvo, au-dessus de la vallée de la Liri. [PHOTO : TOM MacGREGOR]" src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2010/03/ItalyInset5.jpg" alt="Le sergent cornemuseur William MacDougall joue sur les murs de Pontecorvo, au-dessus de la vallée de la Liri. [PHOTO : TOM MacGREGOR]" width="515" height="867" />
<div class="credit">PHOTO : TOM MacGREGOR</div>
<div class="caption">Le sergent cornemuseur William MacDougall joue sur les murs de Pontecorvo, au-dessus de la vallée de la Liri. </div>
</div>
<p>À Ortona, la délégation est allée voir le monument Le Prix de la paix à la Piazza del Plebiscito, une place centrale qui a été un terrain d’abattage pendant les combats. Le monument représente un soldat qui soigne un camarade blessé.</p>
<p>C’est à Ortona que les Canadiens ont inventé la sorte de combat qu’on appelle le percement de trous de communication. Ils entraient dans un édifice et le débarrassaient des soldats ennemis. Ensuite, ils faisaient un trou dans un mur qui communiquait avec la maison voisine, au moyen d’explosifs et puis ils y entraient pour la nettoyer. Les soldats n’étaient donc pas obligés de descendre dans la rue où ils auraient été pris en cible. « C’est à Ortona que le courage et la détermination des Canadiens ont fusionné en une victoire vraiment remarquable : une victoire terriblement couteuse qui a été obtenue contre toute attente. C’est aussi l’endroit où l’Italie a subi l’une de ses pires dévastations, dit Thompson. Le prix de notre victoire est inscrit non loin, où presque 1 400 Canadiens sont enterrés. »</p>
<p>Francesca et Maria LaSorda, deux sœurs, s’étaient cachées près de la place avec 24 autres Italiens pendant l’occupation allemande. Depuis le dévoilement du monument, en 1999, elles y déposaient des fleurs lors d’un rituel quoti­dien. Maria est décédée en janvier 2009.</p>
<p>Thompson, l’ambassadeur du Canada en Italie James Fox et les dignitaires de la région ont déposé des couronnes de fleurs lors de cette cérémonie spéciale. Ensuite, Francesca LaSorda a été invitée à déposer la première fleur.</p>
<p>Dans la foule se trouvaient ce jour-là deux soldats en permission, les caporaux Kyle Yarston et Matt Swanston des Seaforth Highlanders of Canada d’aujourd’hui, qui servaient en Afghanistan. « On voulait venir à Ortona parce que les Canadiens, dont Smokey Smith [décoré de la Croix de Victoria], s’y sont tellement distingués », nous a expliqué Yarston.</p>
<p>Le lendemain, le groupe a pris le chemin de Rimini, mais sans oublier de faire une halte à la Casa Berardi. C’est là, le 14 décembre 1943, que le capitaine Paul Triquet, à la tête d’une compagnie du Royal 22e Régiment, a traversé le secteur qu’on appelait le ravin pour prendre le hameau de Casa Berardi et établir une tête de pont.</p>
<p>D’après la citation liée à la Croix de Victoria publiée dans la London Gazette, Triquet, la moitié de sa compagnie morte ou blessée, s’écria : « L’ennemi est devant nous, derrière nous et des deux côtés; le seul endroit sécuritaire, c’est l’objectif. »</p>
<p>Une plaque en son honneur est fixée à un mur extérieur de la maison de la famille Berardi et un monument en l’honneur du régiment est situé à quelques pieds de là, où la délégation a été reçue par le colonel Lanfranco Berardi. « Mon grand-père offrait aux soldats et aux officiers, en signe d’amitié, un excellent vin rouge qu’il tirait d’un grand tonneau. Ils tachaient souvent leurs vêtements, alors ils remplaçaient les uniformes tachés par des propres et jetaient les vieux. Ma mère ramassait ces uniformes […] des vêtements pour mon frère et pour moi. Je peux donc dire que j’avais l’honneur de porter l’uniforme canadien quand j’avais cinq ans. »</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="La première vice-présidente de la Légion Pat Varga dépose une couronne au cimetière militaire de Cassino, assistée par la représentante de la jeunesse Mélanie Morin. [PHOTO : TOM MacGREGOR]" src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2010/03/ItalyInset7.jpg" alt="La première vice-présidente de la Légion Pat Varga dépose une couronne au cimetière militaire de Cassino, assistée par la  représentante de la jeunesse Mélanie Morin. [PHOTO : TOM MacGREGOR]" width="515" height="422" />
<div class="credit">PHOTO : TOM MacGREGOR</div>
<div class="caption">La première vice-présidente de la Légion Pat Varga dépose une couronne au cimetière militaire de Cassino, assistée par la  représentante de la jeunesse Mélanie Morin. </div>
</div>
<p>La délégation a fait deux autres haltes pour commémorer les Canadiens qui ont obtenu la Croix de Victoria à la campagne d’Italie. Elle a honoré le major John Keefer Mahony du Westminster Regiment. Il avait traversé la rivière Melfa en plein jour avec sa compagnie, sous le feu nourri de l’ennemi et établi une tête de pont cruciale. Mahony a organisé ses hommes sans cesse pour résister aux contrattaques pendant plusieurs heures, même après avoir été blessé, une fois à la tête et deux fois à la jambe.</p>
<p>Avant de s’arrêter à Rimini, la délégation a fait une visite à Cesena et déposé une couronne devant une plaque dédiée au simple soldat Smokey Smith, à la Piazza del Popolo. La nuit du 21 au 22 octobre 1944, les Seaforth Highlanders of Canada ont traversé la rivière Savio grossie par les pluies torrentielles. Pendant les combats, Smith et deux autres soldats sont tombés sur des chars ennemis. Un de ses camarades ayant été blessé, Smith se leva et immobilisa un des chars, à 30 pieds seulement de ce dernier, en tirant dessus avec un PIAT (lance-bombes antichars d’infanterie). Quand des soldats sautèrent du char et coururent vers Smith, il fit feu de sa mitraillette Thompson, tuant quatre d’entre eux et dispersant les autres. « Presque immédiatement, est-il dit dans la citation de la Croix de Victoria de Smith, un autre char a ouvert le feu et d’autres fantassins se sont dirigés vers lui. Il a trouvé des magasins à Thompson abandonnés dans un fossé et a protégé ses camarades avec sa mitraillette jusqu’à ce qu’ils finissent par renoncer et qu’ils se retirent dans le désordre. »</p>
<p>La première vice-présidente nationale Pat Varga a eu le grand bonheur de le connaitre. « C’était un homme merveilleux qui a bien servi son pays », dit-elle.</p>
<p>La dernière cérémonie du voyage a eu lieu au cimetière militaire de la crête de Coriano, près de Rimini, où 427 Canadiens reposent parmi les 1 940 tombes du Commonwealth. Rimini était cruciale pour la défense allemande car ce port de mer était relié au nord industriel par la voie ferrée. Pour l’atteindre, il fallait faire une brèche dans la ligne Gothic. C’est pourquoi les Canadiens ont dû traverser une demi-douzaine de rivières, comme s’en souvient Roland Demers de Tecumseh (Ont.), ancien du Corps royal du génie canadien âgé de 87 ans. « Pour pouvoir construire les ponts, il fallait d’abord déminer. Quand on trouvait une mine, on la sortait de l’eau et on la neutralisait en lui enlevant le détonateur. Bien entendu, après un certain temps, l’ennemi s’est mis à les attacher deux par deux. Quand on tirait sur une d’elles, l’autre explosait. »</p>
<p>La ligne Gothic était fortement défendue depuis la crête. Deux divisions blindées, la 1re britannique et la 5e canadienne, se sont battues pendant une semaine pour pouvoir prendre la crête. Quand Rimini a finalement été rejointe, les Allemands s’en étaient enfuis, mais elle avait été presque détruite et plus de 1 000 de ses habitants avaient été tués. « La semaine passée, nous avons retracé les pas de Canadiens vraiment remarquables. Nous avons suivi le chemin de 93 000 Canadiens qui méritent vraiment qu’on les compte parmi les héros de notre pays, dit Thompson.</p>
<p>Un évènement inattendu a eu lieu lors de la lecture de l’Acte du souvenir : Pat Varga de la Légion et Ron Griffis de l’Association canadienne de Vétérans des forces de la paix des Nations Unies avaient accompagné au podium Henry Beaudry, résident de 88 ans de la réserve des Premières nations Sweetgrass (Sask.) et ancien prisonnier de guerre. La première vice-présidente nationale a d’abord lu l’Acte en anglais; ensuite, Griffis l’a lu en français et puis Beaudry a demandé à Varga s’il pouvait prendre la parole. Il s’est approché du microphone pour remercier le Créateur et le gouvernement de l’occasion de retourner à un pays où il a perdu tant de camarades.</p>
<p>La foule, surprise, s’est levée pour l’acclamer.</p>
<p>Les mots de Beaudry ont servi à résumer l’importance du long voyage et le besoin de ne jamais oublier ceux qui ont servi et ceux qui ne sont pas revenus de la campagne d’Italie.</p>
<h2>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="Le représentant de la jeunesse Nolan Hill à côté du monument Le Prix de la paix. [PHOTO : TOM MacGREGOR]" src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2010/03/StudentInset.jpg" alt="Le représentant de la jeunesse Nolan Hill à côté du monument Le Prix de la paix. [PHOTO : TOM MacGREGOR]" width="515" height="569" />
<div class="credit">PHOTO : TOM MacGREGOR</div>
<div class="caption">Le représentant de la jeunesse Nolan Hill à côté du monument Le Prix de la paix. </div>
</div>
</h2>
<h2><span style="white-space: pre;">Ma rencontre avec l&#8217;histoire</span></h2>
<p><strong>Nolan Hill</strong></p>
<p><strong>Au début d’un voyage en l’honneur du 65e anniversaire de la campagne d’Italie, l’ambassadeur de la jeunesse de Rencontres du Canada, Nolan Hill de Calgary, a été invité à écrire un compte rendu des expériences qu’il a eues pendant le pèlerinage d’Anciens Combattants Canada.</strong></p>
<p>Mon voyage en Italie, pour commémorer le 65e anniversaire de la campagne d’Italie, a été une expérience inoubliable. J’ai vu l’incidence de la Seconde Guerre mondiale sur le Canada, de mes propres yeux. L’occasion de parler avec des anciens combattants et d’écouter leurs histoires a été incroyablement instructive et enrichissante. J’ai entendu des histoires de camaraderie, de bravoure et de chances impossibles surmontées. Tout cela est encore présent à mon esprit.</p>
<p>Mes conversations avec les anciens combattants font partie des expé­rien­ces les plus enrichissantes que j’ai eues pendant le pèlerinage d’Anciens Combattants Canada, qui a eu lieu du 26 novembre au 5 décembre. Ils étaient si ouverts et honnêtes, et cela m’a donné un aperçu incroyable sur comment c’était en ce temps-là. J’ai plus appris sur l’histoire lors de mes conversations avec eux que dans n’importe quel livre d’histoire. Je n’oublierai jamais les anciens combattants et leurs histoires. Ils ont vraiment changé ma vie.</p>
<p>Mon expérience la plus mémorable a été la visite au cimetière militaire de Cassino, le deuxième cimetière en importance de la Seconde Guerre mondiale en Italie. Sur le panneau 15 du monument de Cassino, j’ai trouvé le nom du soldat William Albert Gair qui a été tué le 16 juillet 1943 en Sicile. J’avais fait des recherches sur lui avant de partir et j’ai eu le triste privilège, devant le panneau 15, au cimetière, de parler de sa vie et de son service. La cérémonie a été très émouvante, pour moi et pour tous les autres de la délégation.</p>
<p>Mes expériences en Italie seront gravées dans ma mémoire à tout jamais. Elles ont renforcé mon sentiment de responsabilité à « porter le flambeau » et j’ai l’intention de le faire. Je n’oublierai jamais les D-Day Dodgers (resquilleurs du jour J).</p>
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		<title>2009 — l’année en résumé</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Mar 2010 04:01:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bob Butt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[La visite royale : Le point culminant de l’année
Peu après 11 h le 11 novembre 2009, Son Altesse Royale le prince Charles de Galles a déposé une couronne au Monument commémoratif de guerre du Canada en mémoire de tous les Canadiens qui sont morts en service dans la marine cana-dienne, militaire ou marchande. Portant son uniforme des Forces canadiennes — il est colonel en chef de six régiments au Canada — il s’est joint à Michaëlle Jean, gouverneure générale du Canada et commandante en chef des Forces armées canadiennes, resplendissante, elle aussi, dans un uniforme vert de l’armée.
Ils composaient le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2>La visite royale : Le point culminant de l’année</h2>
<p>Peu après 11 h le 11 novembre 2009, Son Altesse Royale le prince Charles de Galles a déposé une couronne au Monument commémoratif de guerre du Canada en mémoire de tous les Canadiens qui sont morts en service dans la marine cana-dienne, militaire ou marchande. Portant son uniforme des Forces canadiennes — il est colonel en chef de six régiments au Canada — il s’est joint à Michaëlle Jean, gouverneure générale du Canada et commandante en chef des Forces armées canadiennes, resplendissante, elle aussi, dans un uniforme vert de l’armée.</p>
<p>Ils composaient le groupe vice-royal aux côtés de la mère de la Croix d’argent nationale, du premier ministre du Canada, des présidents des Communes et du Sénat, du ministre des Anciens Combattants, du chef d’état-major de la défense, des représentants de la jeunesse et du président national Wilfred Edmond.</p>
<p>C’était une occasion spéciale pour la Légion royale canadienne, car c’est la première fois que la gouverneure générale et lui portaient un uniforme à cette cérémonie. Le moment le plus sensationnel, toutefois, a été celui où des groupes d’anciens combattants ont à leur tour déposé des couronnes en mémoire de leurs camarades perdus.</p>
<p>Une foule record de 55 000 personnes assistait à la cérémonie et, pour la première fois depuis plusieurs années, le temps était au beau fixe.</p>
<p>Le secrétaire national Duane Daly a été remplacé par l’ancien directeur de l’administration Brad White. Ce dernier a été remplacé à son ancien poste par Steven Clark, et Bill Maxwell, un ancien de la GRC, est le tout dernier membre de l’administration.</p>
<p>Le président des débats s’est présenté au Comité permanent des affaires des anciens combattants pour donner le point de vue de la Légion comme quoi la nouvelle Charte des anciens combattants est une « charte vivante » qui devrait être modifiée au besoin et pour noter qu’il y a un besoin urgent d’améliorations, surtout dans le domaine des avantages liés à la perte pécuniaire.</p>
<p>Il a siégé au Comité consultatif de la nouvelle Charte des anciens combattants en avril et en octobre. Les recommandations du Comité, que l’on trouvera à www.legion.ca, ont été publiées en décembre. Le président a envoyé une lettre à tous les députés fédéraux pour leur demander d’appuyer le projet de loi C-201 sur la récupération dans le Régime des pensions du Canada qui concerne les pensions versées aux membres des Forces et de la GRC. La Légion a aussi été représentée devant le comité en novembre afin d’offrir son soutien, mais, malheureusement, le projet de loi y a été rejeté.</p>
<p>La Légion s’est présentée au Sous-comité des anciens combattants du Sénat en octobre et a assisté aux réunions de l’Association canadienne de gérontologie où elle a pris part à un forum sur les pratiques novatrices.</p>
<p>Le directeur du Bureau d’entraide a pris part, en septembre et en octobre, aux sessions de perfectionnement professionnel pour les officiers de l’Est et de l’Ouest en service et il a dirigé des séances de formation pour les nouveaux officiers d’entraide, leurs assistants et d’autres parties intéressées, à la Direction nationale. Le Bureau d’entraide a aussi dirigé trois séances de formation destinées aux moniteurs de soins de longue durée et produit et distribué le document Commentaires sur les résolutions où les réponses du gouvernement aux résolutions prises au Congrès national sont résumées.</p>
<p>Il a continué de chercher des occasions d’offrir son aide aux membres militaires réguliers et réservistes tout en représentant les membres des Forces et de la GRC, les anciens combattants et leur famille qui demandent des avantages, en s’occupant des demandes d’assistance et en faisant des appels au Tribunal des anciens combattants (révision et appel). Cette initiative, pour montrer que « on se soucie », a été adoptée en même temps par les directions divisionnaires.</p>
<p>Le Bureau d’entraide a continué de surveiller les activités entreprises dans le cadre du programme de logement de la Légion. Anciens Combattants Canada a été consulté sur le renouvellement d’un accord de partenariat.</p>
<p>Au printemps, le Comité des adhésions, présidé par la vice-présidente nationale Paulette Cook, a produit un nouveau dépliant où sont inscrits les noms des partenaires du Programme de bénéfice pour membres de la Légion. Ce pourrait être un outil de recrutement au même titre que la brochure La LRC a besoin de vous. Le comité a aussi institué des primes d’encouragement pour les gens qui travaillent très fort à améliorer l’affilia­tion à la Légion. Il a conçu une carte de visite sur laquelle est écrit « À plus tard à la Légion » et qu’on peut personnaliser de l’autre côté pour la filiale ou le membre.</p>
<p>La chef de la section de l’adhésion a été invitée à quatre des 10 congrès divisionnaires qui ont eu lieu en 2009 afin de résoudre des difficultés. En aout, elle a été invitée à la rencontre d’athlé­tisme de la Légion pour renseigner les gens et, en octobre, elle a installé un kiosque à l’exposition de médias Zoomer, à Toronto, à laquelle plus de 22 000 personnes ont assisté.</p>
<p>Le Comité a continué de promouvoir les campagnes de renouvellement du sociétariat en insérant des annonces dans nos pages et en recrutant grâce à des annonces placées stratégiquement dans les pério-diques qui ciblent les membres en service ou les anciens des Forces et de la GRC.</p>
<p>Les Comité a également continué d’offrir l’adhésion gratuite pendant un an aux militaires prenant leur retraite, afin d’augmenter le nombre de membres ordinaires de la Légion. À la fin de 2009, il y avait 130 personnes qui s’étaient associées de cette façon-là.</p>
<p>Le Comité du coquelicot et du souvenir, sous la présidence du vice-président national Gordon Moore, a conti-nué, en 2009, de promouvoir le souvenir auprès de la jeunesse.</p>
<p>En juillet, il y a 31 pèlerins en tout qui ont acquis un respect solennel envers les Canadiens qui ont donné leur vie pour le Canada et ils y ont appris à l’avenant à mieux les apprécier.</p>
<p>Par ailleurs, plus de 100 000 élèves ont participé aux concours littéraires et d’affiches annuels. Les gagnants dans la catégorie nationale des élèves plus âgés sont les suivants : Sam Loewen de Lethbridge (Alb.), affiche en couleurs; Nathalie Lloyd de Waterloo (Ont.), affiche en noir et blanc; Stephanie Adams de Newport (N.-É.), composition; et Hailey Cervo de Nobleford (Alb.), poésie. Ils sont allés à Ottawa où ils ont participé à la cérémonie nationale du jour du Souvenir.</p>
<p>Les lauréats des prix du Cadet de l’année, qui sont également allés à Ottawa où ils ont servi de porteurs de couronne, sont les suivants : l’adjudant des cadets de l’armée Maxime D. Charron de Victoriaville (Qc), le maitre de première classe des cadets de la marine Anastasia Burtnick de Winnipeg (Man.) et le sergent de section des cadets de l’aviation Jonah Todd de Whitehorse (Yn).</p>
<p>Della Morley d’East St. Paul (Man.) a été nommée mère de la Croix d’argent de 2009-2010. Son fils, le caporal Keith Morley, avait été tué en Afghanistan en 2006. Elle a déposé une couronne à la cérémonie nationale de la part de toutes les Canadiennes qui ont perdu un enfant à la guerre ou à quelque autre conflit.</p>
<p>De plus, le Comité a étudié 83 demandes d’utilisation de l’image du coquelicot et plusieurs dépenses spéciales des fonds de fiducie du coquelicot. La Légion a collaboré à nouveau avec le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international pour distribuer des coquelicots aux missions étrangères canadiennes et aux militaires déployés à l’étranger.</p>
<p>Des gardes du drapeau de la Légion ont participé aux deux demi-finales de football canadien à Hamilton et à Calgary, et des coquelicots y ont été distribués.</p>
<p>Le Comité de la défense, présidé par Lou Cuppens jusqu’à sa démission à la fin de l’année, a vivement manifesté sa présence dans la communauté de la défense par l’entremise de son adhésion au conseil d’associations de la défense. Conséquemment, la Légion a présenté des exposés au Conseil de l’Armée et au Secteur de l’Atlantique de la force terrestre.</p>
<p>Les soins au personnel militaire après le déploiement étaient en tête de liste des affaires du comité tout comme le Comité des anciens combattants, des services et des ainés. Il a répertorié des besoins et fait des recommandations au Conseil exécutif national sur la manière de promouvoir l’assistance offerte par la Légion.</p>
<p>Le Comité s’est aussi occupé de questions qui intéressent les militaires, comme la reconnaissance du service, les critères d’attribution de la Médaille du sacrifice, les nouveaux critères d’attribution de la Croix du Souvenir (d’argent) et les exigences des provinces concernant les plaques d’immatriculation d’ancien combattant.</p>
<p>Le Comité des décorations et récompenses, présidé par George O’Dair, a autorisé l’introduction d’une plaque de membre à vie pour les dames auxiliaires et amélioré le motif des bannières des directions et des filiales de la Légion. Il a créé des barres pour commandant de défilé et pour sergent-fourrier à ajouter aux médailles de la Légion, et révisé le manuel du rituel et des insignes, le prix national des médias et celui de l’amitié.</p>
<p>Le Comité a autorisé le service de l’approvisionnement à produire un prix du légionnaire de l’année et à le vendre aux filiales ou aux divisions sans l’accord d’une direction supérieure. À la fin de l’année, il avait aussi révisé cinq motions à présenter au Congrès national de 2010. Il a accepté de décerner 99 médailles du service méritoire, 20 certificats pour service méritoire et 38 palmes à MSM et à CSM.</p>
<p>Le Comité a continué de soutenir la décision du Conseil exécutif national selon laquelle seul l’étendard de la Légion devrait être mis en berne.</p>
<p>Le Comité des relations publiques, présidé par le vice-président national Erl Kish, n’a pas cessé d’améliorer l’image de marque de la Légion partout au pays. Il a révisé les plans dressés pour 2009 et en a composé un autre pour 2010 à 2012. Il a effectué un sondage des filiales qui a été totalisé à temps pour la réunion de février du CEN.</p>
<p>Le Comité a aussi considéré d’autres propositions soumises à la Légion, dont le tirage au sort national d’une motocyclette construite spécialement pour l’organisation, le déploiement du drapeau canadien dans les salles de classe du pays et la promotion d’une émission de télévision où l’on raconterait des histoires d’ancien combattant. La première n’était pas faisable, la deuxième a été affichée au babillard de la Légion en tant qu’idée que les filiales pourraient relever et la troisième, bien qu’elle n’ait pas été promue, a été appuyée en principe. La réalisation d’une vidéo pour soutenir le Comité de l’adhésion a aussi été mise en marche.</p>
<p>Les membres du Comité ont appuyé les Forces canadiennes en assistant à tous les championnats sportifs, aux marches de Nimègue et à la tournée de spectacles en Afghanistan. Le Comité a poursuivi son programme d’annonces de service public visant à soutenir le Comité du coquelicot et du souvenir, et il a composé des plans pour relancer ses annonces télévisées en faveur du Comité des adhésions et de celui du coquelicot et du souvenir.</p>
<p>Le travail sur l’actualisation des ordinateurs, l’ajout d’équipement et l’éta­blissement d’un nouveau site Web se sont poursuivis au département des communications. Les statistiques ont démontré que le matériel installé depuis 2008 a décuplé l’utilisation du site en 2009. Le Fonds de moral des troupes de la LRC a été l’objet de l’apport de fonds des filiales et des Canadiens en général. À la fin de l’année, 686 150 $ avaient été ramassés en tout depuis l’institution du fonds et 236 000 certificats avaient été distribués.</p>
<p>Le Comité des constitution et lois, présidé par l’ancien directeur du Bureau d’entraide Jim Rycroft, a continué de mettre à jour les Arrêtés généraux et de donner des conseils sur les questions juridiques au Conseil exécutif national, lorsqu’il en avait besoin. Le Comité de l’unité des anciens combattants, présidé par le grand président honoraire Charles Belzile, a conclu un accord avec d’autres associations d’anciens combattants pour collaborer sur des questions d’intercession en faveur des anciens combattants sans abandonner le droit de se représenter soi-même.</p>
<p>Le Comité de la LRACC (Canada), présidé par le président national Edmond, a continué d’offrir son aide aux anciens combattants de la région des Antilles par l’entremise de leur association. En 2009, 184 anciens combattants et 130 veuves ont été assistés grâce à des contributions totalisant 279 070 $ et 243 435 $, reçues lors des 10 congrès nationaux. En avril, le président national et l’ancien secrétaire national ont assisté, à Londres (Angleterre), à la réunion du Standing Committee on Welfare Programs (Comité permanent des programmes de bien-être), où ils ont promis d’autres fonds à la région des Antilles.</p>
<p>Le Comité des sports, présidé par la première vice-présidente nationale Patricia Varga, a organisé les cham-pionnats de cribbage, de fléchettes et de curling, ainsi que les championnats d’athlétisme de la Légion pour la jeunesse canadienne.</p>
<p>Le championnat de cribbage, organisé à la filiale Aldergrove (C.-B.), a été remporté par James Kay de Port Coquitlam (C.-B.) chez les simples et par Richard et Joan Thibodeau de la filiale Miscouche (Î.-P.–É.) chez les doubles. Ces derniers ont aussi remporté le championnat dans la catégorie des équipes avec Eldon Doucette et Sherry Wright.</p>
<p>La filiale Men of Vision de Cochrane (Alb.) a organisé les championnats de fléchettes, où le titre chez les simples a été remporté par John Verwey de la filiale Blythe (Ont.) et celui des doubles par Tim Schryer et Tom Van Hoof de la filiale Sault St. Marie (Ont.). L’équipe gagnante, composée de Sébastien Gagnon, Gerald Hull, Jason Hurley et Kevin MacArthur, avait été envoyée par la filiale LaSalle (Qc).</p>
<p>Le championnat de curling a été orga-nisé à la filiale Maple Ridge (C.-B.) et remporté par la filiale Nutana de Saskatoon.</p>
<p>Les Championnats d’athlétisme ont eu lieu à l’Université de Sherbrooke, au Québec, où 300 athlètes parrainés par la Légion et 250 de la catégorie ouverte ont assisté à une rencontre de deux jours.</p>
<p>Luc Blanchard, président du Club d’athlé­tisme de Sherbrooke et invité d’honneur aux cérémonies, a inauguré la rencontre. Le caporal Jody Mitic, double amputé vétéran d’Afghanistan, a été invité à prendre la parole au banquet de fermeture.</p>
<p>Six records de la Légion ont été battus, dont cinq par des athlètes de la Légion, et les meilleurs athlètes masculin et féminin de la Légion, qui ont reçu des trophées de Rencontres du Canada, sont Steven Ajayi et Sarah Moss de la Division de l’Ontario. Ils ont aussi obtenu les frais de scolarité et de transport pour le forum des jeunes d’une semaine, à Ottawa. C’était une première dans une série d’échanges gratuits entre les championnats d’athlétisme et Rencontres du Canada.</p>
<p>Par ailleurs, au service de l’approvisionnement, plus de 32 000 envois ont été effectués, dont 16 000 commandes du catalogue et 2 000 de coquelicots en vrac. Plusieurs nouvelles gammes de produits ont été lancées pendant l’année, dont la très populaire bougie pour cérémonie de commémoration. L’ajout au catalogue de pages touchant la reconnaissance des partenaires du Programme de bénéfices pour membres et des formulaires liés aux opérations de filiale a été accueilli avec plaisir.</p>
<p>Les ventes de l’année ont encore augmenté. En plus de la réduction des couts, elles ont à nouveau permis au service de l’approvisionnement de fournir une part importante des profits aux directions divisionnaires. Aux échelons divisionnaire et national, les profits ont servi à appuyer les œuvres importantes que réalisent les nombreux milliers de bénévoles de la Légion et qui rappellent à nos anciens combattants, à leur famille et à nos collectivités que « on se soucie ».</p>
<p>L’année 2009 en a été une de changements à la Légion, surtout en arrière-scène. Bien que les opérations se soient poursuivies comme d’habitude, la Légion a continué à les faire mieux et à meilleur marché que jamais.</p>
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		<title>Souvenir Royal</title>
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		<pubDate>Sat, 02 Jan 2010 04:01:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sharon Adams</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est la première fois qu’Arthur Dewar de London (Ont.), âgé de 91 ans, porte ses médailles, et c’est la première fois qu’il assiste à la cérémonie nationale du jour du Souvenir à Ottawa. Personne ne lui a jamais serré la main pour le remercier de son service pendant la guerre. Du fait, c’est le prince de Galles qui est le premier à le faire.
« Il m’a remercié. Oh, mon dieu, je ne sais quoi dire, » dit Dewar, qui a servi dans la 43rd General Transport Company pendant la Seconde Guerre mondiale, en Sicile et ailleurs en Italie, puis en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>C’est la première fois qu’Arthur Dewar de London (Ont.), âgé de 91 ans, porte ses médailles, et c’est la première fois qu’il assiste à la cérémonie nationale du jour du Souvenir à Ottawa. Personne ne lui a jamais serré la main pour le remercier de son service pendant la guerre. Du fait, c’est le prince de Galles qui est le premier à le faire.</strong></p>
<p>« Il m’a remercié. Oh, mon dieu, je ne sais quoi dire, » dit Dewar, qui a servi dans la 43rd General Transport Company pendant la Seconde Guerre mondiale, en Sicile et ailleurs en Italie, puis en Europe du Nord, à la fin de la guerre.</p>
<p>À la fin de la cérémonie nationale Dewar fait partie de la dizaine d’anciens combattants qui sont reçus par les dignitaires, dont le prince Charles et son épouse Camilla, duchesse de Cornwall. Il y a aussi, parmi ces anciens combattants, Don Sheardown d’Ottawa, pilote du 429e Escadron à la Seconde Guerre mondiale. « Je suis membre du Caterpillar Club, dit-il, car j’ai sauté en parachute quand on s’est fait abattre et j’ai survécu. » Il y a également le caporal-chef cul-de-jatte Paul Franklin d’Edmonton, et sa famille, dont un fils de 10 ans, Simon. Franklin a été blessé en 2006, lors d’un attentat suicide à la bombe, en Afghanistan. Ron Wills, membre depuis 60 ans de la filiale Galt de Cambridge (Ont.) est là aussi, qui vient tous les ans en souvenir de ses nombreux camarades qui ont péri en service dans les Princess Louise Dragoon Guards, en Europe, pendant la Seconde Guerre mondiale.</p>
<p>La 90e cérémonie nationale du jour du Souvenir est solennelle et digne, et sa familiarité réconforte. Mais c’était aussi une journée de premières : la première fois que le prince était là et la première fois que la gouverneure Michaëlle Jean, commandante en chef des Forces canadiennes, assistait à la cérémonie en uniforme vert de l’armée.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="Une foule plus grosse que jamais s’avance pour mieux voir le Monument commémoratif de guerre du Canada après le service du 11 novembre. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2009/12/NationalInset1.jpg" alt="Une foule plus grosse que jamais s’avance pour mieux voir le Monument commémoratif de guerre du Canada après le service du 11 novembre. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" width="515" height="814" />
<div class="credit">PHOTO : METROPOLIS STUDIO</div>
<div class="caption">Une foule plus grosse que jamais s’avance pour mieux voir le Monument commémoratif de guerre du Canada après le service du 11 novembre. </div>
</div>
<p>Sous un ciel brillant, le soleil conquérant le froid peu à peu, une foule record, qui d’après les organisateurs était composée d’à peu près 55 000 personnes, applaudissait les dignitaires à leur arrivée, mais elle a réservé ses applaudissements les plus forts pour la mère de la Croix d’argent, Della Marie Morley de East Saint Paul (Man.). Son fils, le caporal Keith Ian Morley, de la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, avait été tué, à l’âge de 30 ans, en même temps que trois de ses collègues, lors d’un attentat suicide à la bombe, perpétré par un cycliste en Afghanistan le 18 septembre 2006.</p>
<p>Tout le monde faisait face au Monument commémoratif de guerre du Canada où, pendant toute la cérémonie, cinq sentinelles représentant l’armée, la marine, l’aviation, la Gendarmerie royale du Canada et les Nursing Sisters étaient de garde, la tête baissée et le fusil renversé. Les dernières notes de la dernière sonnerie vibraient encore quand a tonné le premier coup de la salve de 21 coups d’artillerie et puis le funeste glas de la Tour de la Paix a annoncé le début du silence; un silence qui s’est terminé quand a tonné le deuxième coup de canon suivi par la complainte et par la diane.</p>
<p>Le président national Wilf Edmond a fait une pause pour le défilé aérien honorifique du 425e Escadron d’appui tactique de la BFC Bagotville (Qc), et a continué de lire l’Acte du souvenir, qui a été répété en français par le grand président honoraire de la Légion et général à la retraite Charles Belzile et puis, en cri, par la capitaine Catherine Askew, aumônière des Forces canadiennes.</p>
<p>Le brigadier-général et révérend David Kettle, aumônier général des Forces canadiennes, a prié pour ceux qui ont servi en « ces temps terribles de grand conflit », pour les membres des Forces armées pour qui ces souffrances ne sont pas des souvenirs, mais une réalité actuelle, pour ceux qui ont été tués en Afghanistan, et pour les familles « qui vivent chaque jour avec un siège inoccupé aux repas ».</p>
<p>Les voix du Chœur des enfants d’Ottawa ont chanté les mots du Champ d’honneur pendant que le groupe vice-royal déposait des couronnes devant la Tombe du Soldat inconnu : la gouverneure générale d’abord, puis le prince Charles. C’est de la part de toutes les femmes qui ont perdu un enfant au ser­vice du pays que la mère de la Croix d’argent a déposé sa couronne. Ensuite sont venus le premier ministre Stephen Harper, le président du Sénat, Noël Kinsella, le président des Communes, Peter Milliken, le ministre des Anciens combattants, Greg Thompson, et le général et chef d’état-major de la défense, Walter Natynczyk.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="le président national de la Légion Wilf Edmond au salut pendant la cérémonie. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2009/12/NationalInset2.jpg" alt="le président national de la Légion Wilf Edmond au salut pendant la cérémonie. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" width="515" height="775" />
<div class="credit">PHOTO : METROPOLIS STUDIO</div>
<div class="caption">le président national de la Légion Wilf Edmond au salut pendant la cérémonie. </div>
</div>
<p>Les gagnants séniors des concours littéraires et d’affiches de la Légion — Sam Loewen de Lethbridge, en Alberta, âgé de 18 ans (affiche en couleurs), ­Natalie Lloyd de Guelph, en Ontario, âgée de 18 ans (affiche en noir et blanc), Stephanie Adams de Newport, en Nouvelle-Écosse, âgée de 17 ans (composition), et Hailey Cervo de Nobleford, en Alberta, âgée de 17 ans (poésie) — ont déposé une couronne de la part de la jeunesse canadienne.</p>
<p>Les lauréats des prix du Cadet de l’année de la Légion, dont la cadette de la marine maitresse de première classe Anastasia Burtnick de Winnipeg (Man.), le cadet de l’armée adjudant Maxime Charron de Victoriaville (Qc) et le cadet de l’aviation sergent de section Jonah Todd de Whitehorse (Yn), faisaient partie des porteurs de couronne.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="Le premier ministre Stephen Harper salut les anciens combattants. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2009/12/NationalInset3.jpg" alt="Le premier ministre Stephen Harper salut les anciens combattants. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" width="515" height="528" />
<div class="credit">PHOTO : METROPOLIS STUDIO</div>
<div class="caption">Le premier ministre Stephen Harper salut les anciens combattants. </div>
</div>
<p>Le président national Edmond a déposé une couronne de la part de la Légion royale canadienne, qui a ensuite été entourée par les dizaines de couronnes qu’ont déposées les représentants du corps diplomatique, les dignitaires, les associations d’anciens combattants et les autres associations.</p>
<p>Ces gestes commémoratifs sont « un principe sacré […] une obligation irrévocable, permanente », dit le rabbin Reuven Bulka, aumônier honoraire de la Direction nationale, lors de la bénédiction. « Quand on voit nos anciens combattants, on voit le tout meilleur du Canada […] ceux qui sont allés à la guerre pour nous, qui ont tout lâché et risqué leur vie afin d’élimi­ner la tyrannie et défendre la liberté; ce sont des héros de classe mondiale [qui] méritent qu’on les célèbre, qu’on les louange, qu’on les vénère et qu’on les applaudisse.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="L’ancien combattant John Sheardown (à g.) et le caporal-chef Paul Franklin. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2009/12/NationalInset4.jpg" alt="L’ancien combattant John Sheardown (à g.) et le caporal-chef Paul Franklin. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" width="515" height="775" />
<div class="credit">PHOTO : METROPOLIS STUDIO</div>
<div class="caption">L’ancien combattant John Sheardown (à g.) et le caporal-chef Paul Franklin. </div>
</div>
<p>« Que ceux qui ont trouvé la mort soient commémorés avec amour. Que ceux qui ont été blessés soient guéris dans le corps et dans l’esprit. Que ceux qui ont servi et qui servent actuellement puissent passer leur vie dans un monde libre de terreur et en toute quiétude, poursuivait-il. Nous qui bénéficions des actes de nos héros ne pouvons mieux les remercier qu’en nous tenant prêts à préserver les valeurs qu’ils continuent de défendre, en nourrissant une culture de respect, d’harmonie, d’inclusion, qui embrasse tout le Canada; un grand pays qui mérite leurs grands sacrifices. »</p>
<p>Après le service, le groupe vice-royal a salué les anciens combattants et s’est dirigé vers la rue Wellington, au nord du Monument commémoratif de guerre du Canada. Là, ils ont observé le défilé des anciens combattants, des Forces cana­diennes, de la Gendarmerie royale du Canada et des cadets. Ensuite, acclamés par la foule, le prince Charles et la duchesse de Cornwall sont partis en limousine.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="Des élèves officiers du Collège militaire royal du Canada. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2009/12/NationalInset5.jpg" alt="Des élèves officiers du Collège militaire royal du Canada. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" width="515" height="257" />
<div class="credit">PHOTO : METROPOLIS STUDIO</div>
<div class="caption">Des élèves officiers du Collège militaire royal du Canada. </div>
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<p>Les barricades ont alors été enlevées, une heure après le début de la cérémonie officielle, pour laisser les milliers de témoins s’approcher du Monument. Certains ont attendu leur tour patiemment et respectueusement pendant plus d’une heure et puis ils ont déposé un coquelicot, une couronne personnelle ou un souvenir sur la Tombe du Soldat inconnu. Il y en a qui étaient venus pour honorer ceux qui servent, d’autres pour commémorer ceux qui ont servi et qui ont fait des sacrifices, et d’autres encore afin de dire merci pour leur liberté.</p>
<p>Shirley Monkhouse et Mary Stuart en faisaient partie, deux amies de Kanata (Ont.) qui ont apporté des bouquets de fleurs et des souvenirs. « Mon oncle, Francis Hunter Dupont, a rendu l’âme, dit Monkhouse. Ceci, c’est en son honneur. » Dupont, d’Ottawa, avait pris part au jour J. Stuart est là pour honorer son père, qui est parti outre-mer en 1939, quand sa sœur était bébé et cette dernière avait six ans quand il est revenu. Étant donné qu’elle ne savait pas encore lire, il lui envoyait des dessins dans ses lettres.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="Le président national de la Légion Wilf Edmond dépose une couronne avec l’aide du commander du district G de l’Ontario, Ron Goodwin. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2009/12/NationalInset6.jpg" alt="Le président national de la Légion Wilf Edmond dépose une couronne avec l’aide du commander du district G de l’Ontario, Ron Goodwin. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" width="515" height="328" />
<div class="credit">PHOTO : METROPOLIS STUDIO</div>
<div class="caption">Le président national de la Légion Wilf Edmond dépose une couronne avec l’aide du commander du district G de l’Ontario, Ron Goodwin. </div>
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<p>Dave Conkin et Betty Woods des amis à la retraite de Winnipeg, sont venus réali­ser un rêve. Woods retient ses larmes en se rappelant son père, qui est resté au pays malgré lui quand ses amis sont partis en guerre. L’un d’entre eux, vétéran de Hong Kong, en est revenu changé à jamais. « Mon père devait aller le calmer parce qu’il avait des récurrences horribles. »</p>
<p>« Je viens (à la cérémonie nationale) depuis des années », dit Douglas Lapierre de Hull (Qc). Ses grands-pères ont servi à Passchendaele, à la Somme et à d’autres endroits en France. Mais il est là aussi pour honorer les membres des Forces cana­diennes d’aujourd’hui qui continuent de défendre la liberté du Canada. « Il y a encore des gars qui ont été tués en Afghanistan. C’est un temps de tristesse, mais aussi un temps pour célébrer leur vie et ce que nous avons (grâce à leurs sacrifices). »</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="Des cadets de l’Aviation royale du Canada. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2009/12/NationalInset7.jpg" alt="Des cadets de l’Aviation royale du Canada. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" width="515" height="228" />
<div class="credit">PHOTO : METROPOLIS STUDIO</div>
<div class="caption">Des cadets de l’Aviation royale du Canada. </div>
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<p>Ce n’est pas la première fois qu’Adam Mackenzie de Behchoko (T. N.-O.) vient à une cérémonie nationale, mais c’est la première fois qu’il vient à la cérémonie du jour du Souvenir. « Je ne venais pas avant, dit-il. Mais dorénavant, c’est sûr que je vais venir. »</p>
<p>Le service, le sacrifice et le souvenir sont des valeurs dont les participants ont beaucoup parlé comme prélude à la cérémonie. En effet, honorer le sacrifice était le thème du discours d’Edmond à la cérémonie où il a présenté la mère de la Croix d’argent, au cimetière Beechwood d’Ottawa, le lundi d’avant le jour du Souvenir. « La présence de la mère de la Croix d’argent […] qui représente toutes les femmes du Canada, celles d’hier et celles d’aujourd’hui, qui ont perdu des enfants pour la liberté », est inévitable à la cérémonie nationale, dit-il.</p>
<p>« Nos enfants sont nos héros », disait Morley le lendemain, après la visite à la Chapelle du Souvenir, à la Tour de la Paix de la Colline du Parlement, où elle avait vu le nom de son fils dans le Livre du Souvenir et où on lui avait remis une copie encadrée de la page. Elle était accompagnée par des membres de sa famille : sa fille Shannon et son petit-fils Keith Cole McCaffrey, qui est né sept mois après la mort du caporal Morley et dont le nom a été choisi en son honneur.</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="Les gagnants des littérature et affiches (de g. à d.) Hailey Cervo, Sam Loewen, Stephanie Adams et Natalie Lloyd déposent une couronne avec l’aide du cadet de l’Armée de l’année, l’adjudant Maxime Charron. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2009/12/NationalInset8.jpg" alt="Les gagnants des littérature et affiches (de g. à d.) Hailey Cervo, Sam Loewen, Stephanie Adams et Natalie Lloyd déposent une couronne avec l’aide du cadet de l’Armée de l’année, l’adjudant Maxime Charron. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" width="515" height="342" />
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<div class="caption">Les gagnants des littérature et affiches (de g. à d.) Hailey Cervo, Sam Loewen, Stephanie Adams et Natalie Lloyd déposent une couronne avec l’aide du cadet de l’Armée de l’année, l’adjudant Maxime Charron. </div>
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<p>Son fils, ceux qui ont servi et ceux qui servent encore, le font « pour tenir l’ennemi à l’écart, dit-elle. J’ai parlé à d’autres personnes qui ont perdu un enfant; nous sommes tous fiers de nos enfants, qui sont des héros à nos yeux.</p>
<p>« J’aimerais que les gens se souviennent de mon fils en tant que Canadien ordinaire et en tant que héro », dit-elle. Elle a été encouragée, dernièrement, en regardant, en ligne, la page commémorative où est honoré son fils. Un jeune homme, Nathaniel, y avait affiché un commentaire. « Je ne sais pas quel âge il pouvait avoir, mais il a écrit “Je suis en train de faire des recherches sur ta vie”. » Elle est fière du legs de son fils. « Mon fils continue d’inspirer d’autres jeunes gens. »</p>
<div class="caption_img " style="width:515px"><img style="vertical-align: middle;" title="Des membres du Chœur des enfants d’Ottawa. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2009/12/NationalInset9.jpg" alt="Des membres du Chœur des enfants d’Ottawa. [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]"  width="515" height="728" />
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<div class="caption">Des membres du Chœur des enfants d’Ottawa. </div>
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<p>Le service, le sacrifice et le souvenir sont des valeurs caractéristiques du Canada, disait le secrétaire national de la Légion, Brad White, à un dîner donné  mardi en l’honneur de la mère de la Croix d’argent, des cadets et des étudiants. « On n’en parle plus, de servir, dit-elle. Les gens ne parlent pas de servir leur pays, de servir leur collectivité, de servir l’huma­nité. » Mais c’est une valeur qui sert de lien entre les générations : dans la même pièce se trouvaient des anciens combattants qui ont servi à la guerre, d’autres qui ont servi aux opérations de la guerre froide et de maintien de la paix et d’autres qui servent encore, ainsi que des représentants de la jeunesse, la génération « de l’espoir et de l’innocence ».</p>
<p>« Nous servons ceux qui ont servi, dit-elle et « nous sommes fiers de reconnaitre les sacrifices qui ont été faits pour nous. »</p>
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		<title>Une campagne de cartes postales couronnée de succès</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Jan 2010 20:12:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Notre campagne de cartes postales pour les troupes a commencé et il y a des écoles et des particuliers qui ont communiqué avec notre bureau pour nous en demander d’autres.
L’idée des cartes postales est née quand notre rédacteur en chef, Dan Black, composait un reportage pour notre numéro de novembre-décembre sur les lettres écrites par des militaires pendant les guerres mondiales et celle de la Corée, ainsi que lors des opérations de l’après-guerre, celles d’Afghanistan incluses. Le reportage comprenait de nombreuses lettres originales assemblées par Bibliothèque et Archives Canada et des histoires connexes sur la manière dont les lettres avaient [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Notre campagne de cartes postales pour les troupes a commencé et il y a des écoles et des particuliers qui ont communiqué avec notre bureau pour nous en demander d’autres.</p>
<p>L’idée des cartes postales est née quand notre rédacteur en chef, Dan Black, composait un reportage pour notre numéro de novembre-décembre sur les lettres écrites par des militaires pendant les guerres mondiales et celle de la Corée, ainsi que lors des opérations de l’après-guerre, celles d’Afghanistan incluses. Le reportage comprenait de nombreuses lettres originales assemblées par Bibliothèque et Archives Canada et des histoires connexes sur la manière dont les lettres avaient été livrées et les réponses reçues par Gladys Osmond, de Terre-Neuve, qui a écrit des milliers de lettres aux membres des Forces cana­­diennes en service autour du monde.</p>
<p>Le numéro contenait trois cartes postales bilingues où les personnages étaient des animaux. L’adresse des Forces canadiennes avait été imprimée sur les cartes, à qui nous avons laissé le soin de les distribuer aux militaires qui servent en Afghanistan. L’expéditeur n’avait qu’à écrire une note, apposer un timbre et mettre la carte dans une boite aux lettres.</p>
<p>Nous avions imprimé un excédent de cartes postales pour le numéro afin de les donner aux groupes qui nous en demanderaient. Quelque 1 000 cartes nous ont été demandées pendant les trois premières semaines après la publication du numéro.</p>
<p>« Les élèves aiment prendre part à des campagnes comme celle-ci » dit l’ensei­gnante Shelley Knott de l’école secon­daire de Mayerthorpe (Alb.). « L’envoi de cartes postales aux troupes en Afghanistan leur permet de faire une grande différence en tant que petit groupe. Ça entre bien dans ce qu’on essaie d’enseigner par rapport à encourager le travail d’équipe et l’action locale qui ont un résultat à l’échelle du monde. »</p>
<p>La campagne a aussi été remarquée par Stephen Monaghan, membre de la filiale Whitby (Ont.). « Je suis membre de la Légion. Je me suis dit que ce serait une excellente idée pour la classe de ma fille quand j’ai vu ces cartes postales dans la revue », dit-il.</p>
<p>La fille de Monaghan, Jessica, est en 4e année à l’école publique Captain Paul VanderBos, dans un cours immersif en français. L’école s’intéresse grandement à la chose militaire car elle porte le nom d’un homme qui, s’étant engagé dans l’équipe de spectacles aériens des Snowbirds des Forces canadiennes, est mort accidentellement lors d’un exer­cice au sud de Moose Jaw (Sask.).</p>
<p>Monaghan a commandé 30 cartes, ce qui a suffit pour la classe de l’enseignant Jason Trinier, et pour qu’il en reste quelques-unes. « Bien entendu, toutes les cartes sont en français », dit Monaghan, qui a envoyé la liasse à l’adresse de Belleville avec sa propre note pour encourager les soldats à répondre à l’école.</p>
<p>La directrice générale Jennifer Morse dit qu’elle espère que la campagne améliore nos ventes dans les kiosques à journaux d’environ 6 000 exemplaires par numéro. La revue Légion n’est offerte dans les kiosques que depuis le mois de mai.</p>
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		<title>La Médaille du sacrifice mêle la fierté au malheur</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Jan 2010 20:05:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tom MacGregor</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est une journée où les émotions sont mêlées pour le capitaine Simon Mailloux. Le matin, il est une des 46 personnes à qui la gouverneure générale Michaëlle Jean décerne la Médaille du sacrifice et, le soir, on l’envoie à nouveau servir en Afghanistan.
Il est philosophe lorsqu’il parle aux reporteurs après la cérémonie du 9 novembre, à la Résidence de la gouverneure générale, à Ottawa, maintenant qu’il a besoin d’une prothèse pour marcher. « Aller à la guerre, c’est pas quelque chose qu’on aime faire : c’est quelque chose qu’on doit faire », dit-il.
Il faut savoir qu’il était lieutenant dans le 3e Bataillon du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est une journée où les émotions sont mêlées pour le capitaine Simon Mailloux. Le matin, il est une des 46 personnes à qui la gouverneure générale Michaëlle Jean décerne la Médaille du sacrifice et, le soir, on l’envoie à nouveau servir en Afghanistan.</p>
<p>Il est philosophe lorsqu’il parle aux reporteurs après la cérémonie du 9 novembre, à la Résidence de la gouverneure générale, à Ottawa, maintenant qu’il a besoin d’une prothèse pour marcher. « Aller à la guerre, c’est pas quelque chose qu’on aime faire : c’est quelque chose qu’on doit faire », dit-il.</p>
<p>Il faut savoir qu’il était lieutenant dans le 3e Bataillon du Royal 22e Régiment, quand le VAL III qu’il commandait a roulé sur un dispositif explosif de circonstance près de Ma’sum Ghar, en Afghanistan. Deux autres militaires ont été tués lors de l’incident : le caporal Nicolas Beauchamp et le soldat Michel Lévesque.</p>
<p>Il a fallu amputer Mailloux en bas du genou gauche. Il marche avec assurance et dit que « c’est difficile, en tant qu’amputé, de prouver aux Forces canadiennes qu’on peut encore servir ».</p>
<p>Lors de sa mutation en Afghanistan, il servira derrière le front, à planifier les stratégies « Je ferai ce qu’il faudra que je fasse, dit-il. Je peux être têtu. »</p>
<p>Le souvenir de la blessure et de la perte se mêlent à la fierté pendant la cérémonie, quand la gouverneure générale parle aux militaires et aux familles qui recevaient les premières Médailles du sacrifice.</p>
<p>« Il y a quelques semaines, je suis retournée en Afghanistan pour la seconde fois depuis le début de mon mandat. Je vous ai vus à l’œuvre, vous qui vous efforcez d’assurer la sécurité et la stabilité dans cette région du monde aux prises avec la violence, l’oppression et la misère. Je connais les conditions périlleuses dans lesquelles vous travaillez et les risques énormes auxquels vous êtes exposés, dit Jean. Je sais aussi la profondeur de votre engagement et la solidité des liens qui vous unissent, à la vie, à la mort. Pour vous, abandonner votre mission ou votre peloton n’est pas une option. »</p>
<p>Vingt-et-une des médailles décernées l’ont été à titre posthume. « D’ailleurs, je reconnais ici bien des visages, dit Jean. J’ai rencontré plusieurs d’entre vous sur le tarmac, à la base militaire de Trenton. Vous avez accepté que je vous accompagne dans le deuil que vous traversiez, et je vous en remercie. »</p>
<p>À la gouverneure générale se sont joints, pendant la cérémonie, le premier ministre Stephen Harper et le général et chef d’état-major de la défense Walter Natynczyk, qui, tous deux, ont serré la main de chaque médaillé et bavardé un instant avec lui. On pouvait entendre, partout dans la salle silencieuse les tapes d’encouragement de Natynczyk sur l’épaule de ceux qui ne s’enlèveraient pas l’uniforme.</p>
<p>Le caporal-chef Paul Franklin, qui a perdu les deux jambes lors d’un attentat suicide à la bombe pendant sa deuxième affectation dans l’équipe provinciale de reconstruction et qui aide les autres militaires blessés, est l’une des personnes à qui la médaille est décernée. Le bombardier-chef Bounyarattanaphon Makthepharak, qui a subi de graves blessures internes quand il a été frappé par des éclats lors d’une attaque à la roquette, à la base de l’aviation de Kandahar, en 2006, s’est joint à lui. Ils ont tous deux fait l’objet d’un de nos articles sur les soldats qui récupèrent (The Quiet Fight [non traduit], novembre/décembre 2007).</p>
<p>Le caporal-chef Jody Mitic, qui a perdu les deux jambes en dessous du genou quand il a marché sur une mine terrestre, en 2007, était aussi présent pour recevoir sa décoration. Il avait été acclamé par Natynczyk lors de la course de cinq kilomètres à laquelle il participait pour ramasser des fonds pour le St. John’s Rehabilitation Hospital de Toronto (En déplacement avec le chef d’état-major de la défense, juillet/aout).</p>
<p>De nombreuses histoires tristes nous viennent à l’esprit quand les parents s’avancent pour accepter les décorations posthumes, dont l’une est décernée à la capitaine Nichola Goddard, la première combattante à mourir lors d’un échange de coups de feu et au diplomate Glyn Berry, dont l’automobile a été attaquée par une bombe humaine.</p>
<p>Le lieutenant (Marine) Christopher Saunders, mort dans l’incendie à bord du Navire canadien de Sa Majesté Chicoutimi quand le sous-marin qu’on venait d’acheter en Angleterre traversait l’Atlantique, en 2004, est également reconnu.</p>
<p>En deux mots, la Médaille du sacrifice est décernée aux membres des Forces canadiennes qui ont été blessés ou tués au combat après le 7 octobre 2001. Elle peut aussi être décernée de manière posthume à n’importe quel membre des Forces canadiennes mort dans des circonstances hono­rables des suites d’une blessure ou d’une maladie liée au service militaire.</p>
<p>Elle sert aussi à reconnaitre les blessures qui nécessitent au moins sept jours à l’hôpital ou une série de traitements équivalente causée par l’exposition aux éléments par suite de la destruction ou de la mise hors d’état, en raison d’un acte d’hostilité, d’un aéronef, d’un véhicule ou d’un navire, un traitement sévère ou la négligence lors de la détention de la personne par des forces ennemies, ou l’emploi d’agents nucléaires, biologiques ou chimiques par des forces ennemies.</p>
<p>Une effigie contemporaine de Sa Majesté la reine du Canada portant un diadème canadien composé de feuilles d’érable et de flocons de neige est à l’avers de la médaille. Les mots « Elizabeth II Dei Gratia Regina » et « Canada » y sont inscrits.</p>
<p>Au revers de la médaille se trouve la figure maternelle du Monument commémoratif du Canada à Vimy (France) qui pleure pour ses fils perdus. L’inscription « Sacrifice » se trouve en bas à droite de la médaille.</p>
<p>Le ruban est un ruban moiré de 32 millimètres de largeur comportant une bande centrale noire de 10 millimètres, bordée de chaque côté d’une bande rouge de 11 millimètres qui porte en son centre une bande blanche d’un millimètre. Le noir représente le deuil pour les morts et le choc des blessures, le rouge représente le sang versé et le blanc, l’espoir pour un avenir meilleur. Le rouge et le blanc sont aussi les couleurs officielles du Canada tel que décrété par le roi George V en 1921.</p>
<p>La Médaille du sacrifice est assujettie à la Directive canadienne sur les ordres, décorations et médailles, entre la Médaille royale de Victoria et la Médaille du Golfe et du Koweït. Une agrafe peut être décernée pour les occasions supplémentaires qui mériteraient qu’on décerne la médaille.</p>
<p>La médaille est fabriquée par la Monnaie royale du Canada en argent sterling et laquée pour qu’elle ne ternisse pas. On grave sur les médailles le numéro matricule, le grade, les initiales et le nom de famille du détenteur militaire ou les prénoms et nom du détenteur civil.</p>
<p>Ben Walsh de Regina était à la cérémonie pour accepter la médaille décernée à titre posthume à son fils, le caporal-chef Jeff Walsh, qui a été tué par balle, tirée accidentellement par un compagnon de patrouille à Kandahar, en 2006. Selon les critères annoncés le 29 aout 2008, Jeff Walsh n’aurait pas eu droit à la médaille puisque son décès n’était pas le résultat d’un geste hostile (Admissibilité à la Croix du Souvenir élargie, mars/avril).</p>
<p>C’est pourquoi Ben Walsh, un ancien membre de la Gendarmerie royale du Canada, a organisé la campagne pour la révision des critères. Peu après, le ministre de la Défense, Peter MacKay, demandait au chef d’état-major de procéder à une révision des critères existants et de faire les recommandations qui s’imposeraient. La cérémonie qui devait avoir lieu à la résidence de la gouverneure générale en 2008 pour présenter les premières médailles fut retardée.</p>
<p>La révision a donné lieu à un élargissement des critères de décoration posthume afin que la médaille couvre toutes les morts liées au service, pas seulement celles résultant d’une action hostile directe. Comme il est remarqué dans le communiqué du ministère de la Défense nationale, la modification a conformé l’aspect posthume de la médaille aux nouveaux critères de la Croix du Souvenir et de l’inscription au Septième Livre du Souvenir. Les autres aspects sont restés les mêmes.</p>
<p>Walsh nous disait par la suite qu’il a « commencé ce voyage la première fois que la Médaille du sacrifice a été annoncée, non seulement pour mon fils, mais aussi pour tous les membres des Forces canadiennes [...]. Aujourd’hui, je sens que mon voyage tire à sa fin. »</p>
<p>Bien qu’il a dit qu’il était en colère lors de la première annonce de la médaille, il nous dit que “quelle que soit la décision d’Ottawa, ça irait. Mais je suis heureux du résultat ». Il ajoute que la médaille serait remise à la veuve de Jeff, Julie, qui habite à Shilo (Man.).</p>
<p>Harper met fin à la cérémonie en di­-sant : « Une fois encore, des Canadiennes et des Canadiens ont prouvé qu’ils étaient les soldats, marins et aviateurs parmi les plus braves, les plus compétents et les plus brillants du monde. Je tiens à remercier aujourd’hui chacune et chacun des lauréats, ainsi que leur famille et les êtres qui leur sont chers, d’avoir maintenu noblement et en toutes circons­tances la fière tradition de courage et de sacrifice du Canada. »</p>
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		<title>La réforme du règlement sur les funérailles a du retard</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Jan 2010 16:12:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tom MacGregor</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[L’insuffisance du financement et une administration encombrante obligent certaines familles d’anciens combattants à se démener afin de trouver les fonds nécessaires pour les funérailles de leur être cher, est-il dit dans un rapport du Bureau de l’ombudsman des vétérans.
Dans un rapport qui ne mâche pas ses mots, intitulé Le service avec honneur, le départ dans la dignité, l’ombudsman des anciens combattants Pat Stogran fait sept recommandations qui ont pour but de mettre à jour le Programme de funérailles et d’inhumation établi, pour les anciens combattants d’aujourd’hui, par Anciens combattants Canada et administré par le Fonds du Souvenir.
Le Fonds du Souvenir, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’insuffisance du financement et une administration encombrante obligent certaines familles d’anciens combattants à se démener afin de trouver les fonds nécessaires pour les funérailles de leur être cher, est-il dit dans un rapport du Bureau de l’ombudsman des vétérans.</p>
<p>Dans un rapport qui ne mâche pas ses mots, intitulé Le service avec honneur, le départ dans la dignité, l’ombudsman des anciens combattants Pat Stogran fait sept recommandations qui ont pour but de mettre à jour le Programme de funérailles et d’inhumation établi, pour les anciens combattants d’aujourd’hui, par Anciens combattants Canada et administré par le Fonds du Souvenir.</p>
<p>Le Fonds du Souvenir, œuvre enre-gistrée à Montréal en 1909, est une organisation à but non lucratif. Il existe pour qu’aucun ancien combattant ne soit dépourvu d’une inhumation digne parce que les fonds viennent à manquer. Le Fonds, qui a été constitué en personne morale en 1921, est bénéficiaire du financement gouvernemental depuis lors.</p>
<p>Le gouvernement fédéral offre aussi une assistance, par le truchement de son propre Programme de funérailles et d’inhumation, pour les vétérans des guerres dont la mort est attribuée directement au ser-vice militaire ou qui ont une pension d’invalidité et qui n’ont pas suffisamment de fonds pour des funérailles convenables.</p>
<p>ACC a donné le soin au Fonds du Souvenir de s’occuper de l’administration de son Programme de funérailles et d’inhumation en 1998. Quand un ancien combattant meurt, il se peut que le Fonds du Souvenir se mette de la partie immédiatement et prenne part à l’organisation des funérailles ou, si la famille a déjà pris des arrangements, il peut accorder un octroi pour rembourser la famille. En 2007, le Fonds du Souvenir a traité environ 16 000 demandes de la part d’ACC.</p>
<p>Dans le rapport, l’ombudsman fait remarquer que la Funeral Association of Canada estime que des funérailles, en 2008, coutaient en moyenne 5 892 $, alors que l’avantage maximal offert actuellement par ACC est de 3 600 $. C’est en 2001 que ce montant a été augmenté pour la dernière fois, quand il était de 2 993 $. D’après l’Association, le cout moyen des funérailles au cours de la période de 18 ans qui s’est terminée en 2008 a subi une augmentation de 37 p. 100 alors que le programme d’ACC n’a augmenté que de 20 p. 100.</p>
<p>Il est recommandé dans le rapport que le maximum pour les funérailles des anciens combattants reflète les normes de l’industrie et qu’on adopte une formule d’indexation au cout de la vie.</p>
<p>Si une conjointe ou des enfants à charge survivent à l’ancien combattant, on établit sa succession en excluant le domicile familial, l’automobile, les chèques de revenu réguliers qui lui ont été remis pendant le dernier mois et les actifs s’élevant à 700 $ par enfant à charge et à 12 015 $ pour la conjointe. Si les actifs restants sont suffisants pour couvrir les couts, l’octroi est refusé. S’ils ne peuvent couvrir qu’une partie des dépenses, un octroi peut être accordé pour la différence.</p>
<p>« Si l’ancien combattant était célibataire et que sa succession dépasse ne serait-ce que d’un sou le montant établi pour les funérailles, on ne paie pas le client », dit le président national du Fonds du Souvenir, Lou Cuppens.</p>
<p>La plus grande controverse du rapport concerne sa demande d’étendre l’admissibilité des anciens combattants. Il faut qu’ils aient servi à une des guerres mondiales ou à celle de la Corée. Les anciens combattants modernes peuvent y avoir droit si la mort peut être attribuée directement à des blessures subies en service ou s’ils bénéficient d’une compensation pour perte de revenus conformément à la nouvelle Charte des anciens combattants. Plusieurs résolutions de la Légion royale canadienne des derniers dix ans, demandant au gouvernement d’admettre tous les anciens combattants au programme, sont citées dans le rapport.</p>
<p>Cuppens dit que l’administration du Fonds du Souvenir est d’accord avec le rapport de l’ombudsman. « Nous pensons depuis toujours que les anciens combattants sont tous égaux », dit-il.</p>
<p>Le rapport de l’ombudsman reproche aussi au gouvernement de ne pas mieux renseigner les familles sur le programme de funérailles et d’inhumation. Bien qu’il est dit dans le rapport qu’un an est conforme aux autres programmes admi­nis­trés par ACC, il est recommandé que le ministère soit plus flexible et qu’il permette qu’on prenne les circonstances extraordinaires en considération quand le délai est dépassé.</p>
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		<title>Le centenaire de la Marine</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Jan 2010 15:18:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[N’est-ce pas typiquement et merveilleusement canadien que les origines de notre Marine se trouvent non pas dans quelque idée grandiose de construire une flotte océane toute puissante, mais dans le besoin pratique de protéger nos intérêts nationaux relativement à la morue et au flétan?
Et n’est-ce pas typiquement canadien que lorsque les équipages épuisés et trempés de nos corvettes — de retour du service sur l’Atlantique Nord orageux — ont rencontré des marins états-uniens, ces derniers ne pouvaient faire autrement que se demander pourquoi les Canadiens qui armaient ces petits navires escortes battus par les eaux n’avaient pas un salaire de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>N’est-ce pas typiquement et merveilleusement canadien que les origines de notre Marine se trouvent non pas dans quelque idée grandiose de construire une flotte océane toute puissante, mais dans le besoin pratique de protéger nos intérêts nationaux relativement à la morue et au flétan?</p>
<p>Et n’est-ce pas typiquement canadien que lorsque les équipages épuisés et trempés de nos corvettes — de retour du service sur l’Atlantique Nord orageux — ont rencontré des marins états-uniens, ces derniers ne pouvaient faire autrement que se demander pourquoi les Canadiens qui armaient ces petits navires escortes battus par les eaux n’avaient pas un salaire de sous-marinier?</p>
<p>Le Canada a une fière histoire navale et, bien que c’est vrai que nos intérêts actuels concernant la mise en vigueur des accords sur les pêches sont antérieurs aux préoccupations sur la défense nationale qui ont vu le jour peu après l’institution de la Marine en 1910, et certainement avant l’éclatement de la guerre en 1914, la Marine du Canada doit une grande partie de son succès à sa capacité de s’adapter et de faire avec. Qu’il s’agisse de penser à profiter de la mauvaise visibilité pour approcher et frapper un croiseur ennemi plus puissant à la Grande Guerre, de fermer les écoutilles dans une violente tempête au milieu de l’Atlantique à la Deuxième Guerre mondiale ou de colmater un tuyau avec un pansement, les marins canadiens ont toujours trouvé moyen d’endurer, durant la vilaine guerre comme en temps de paix.</p>
<p>Lorsque Wilfrid Laurier a présenté le projet de loi sur le service naval, le 12 janvier 1910, il prévoyait d’inclure une « belle petite flotte » de croiseurs et de destroyers torpilleurs. Mais bien que les dispositifs pour réaliser ce rêve ont été mis en place en ce jour historique, la route vers un « service naval national capable » était, d’après l’historien Marc Milner, « loin d’être sûre ».</p>
<p>Milner, auteur de plusieurs livres sur la marine du Canada, fait partie d’un petit groupe d’écrivains spécialistes à qui nous avons demandé de présenter des rétrospectives, en profondeur, sur la marine dont c’est le 100e anniversaire cette année. Milner retrace l’histoire de la marine, depuis son avènement officiel et peu sûr, jusqu’à la fin de la guerre froide. Il nous raconte les gens, les politiques — les pas en avant et les pas en arrière — et, bien entendu, les navires et le personnel qui ont caractérisé le service en mer pour le Canada ces dernières années. Il nous arrive d’oublier que c’est un service qui, pendant la Deuxième Guerre mondiale, a brièvement été la troisième plus grande marine du monde. C’est aussi un service qui, pendant la guerre froide à laquelle on ne pense malheureusement que bien trop rarement, a mérité d’être félicité des progrès relatifs à la conduite de la guerre contre les sous-marins. Troisièmement, et ce n’est pas fini, c’est un service qui n’est pas reconnu par le public pour les relations cruciales qu’il établit à chaque fois qu’un de ses navires arrive à un port étranger, loin de là.</p>
<p>Nous sommes heureux, également, que l’historien Richard Oliver Mayne nous emboite le pas. Il examine la marine moderne, de la guerre froide au présent, se concentrant principalement sur les hauts et les bas de ces derniers 20 ans, notamment sa performance lors de la guerre du Golfe. Il attire aussi notre attention sur certaines des tendances les plus inquiétantes qui pointent à l’horizon pour la marine de 2010, comme l’acquisition, l’armement en personnel et les problèmes de recrutement.</p>
<p>Notre ancien rédacteur en chef est aussi avec nous. Auteur du livre Corvettes Canada, il profite de ses connaissances pour nous éclairer sur « l’essence » de la Marine royale canadienne à la plus longue bataille continue de la Seconde Guerre mondiale. Les petites corvettes et leurs équipages indomptables nous circons- crivent le courage et le sacrifice qui font fondamentalement partie de l’expérience canadienne depuis la bataille de l’Atlantique.</p>
<p>Pour finir, dans nos pages se trouve une affiche en couleurs chronologique retraçant les 100 ans d’une marine qui, à de nombreuses reprises, s’est débrouillée pour tenir ses engagements opérationnels, et même pour les dépasser.</p>
<h1>En route avec la CAA</h1>
<p>La Légion royale canadienne (LRC) a une raison de plus de chanter ses propres louanges. La Canadian Automobile Association, en s’associant au Programme de bénéfices pour membres (PBM) de la LRC, apporte un avantage aux légionnaires. Par exemple, les membres peuvent dorénavant profiter de rabais entre 12 et 25 p. 100 quand ils deviennent membres de base de la CAA, à un parmi les sept sur neuf clubs au Canada; les exceptions étant le Québec et le Manitoba. Si vous êtes déjà membre de la CAA, vous pouvez faire des économies en rehaussant votre adhésion ou en achetant une adhésion associée. Composez simplement le 1-888-268-5154.</p>
<p>L’arrivée de ce tout nouveau partenaire au PBM signifie qu’aujourd’hui il y a suffisamment de valeur inhérente à la LRC pour compenser les frais d’adhésion à la Légion. Les autres partenaires sont les suivants : Philips Lifeline Canada, qui offre deux mois de service gratuit aux membres de la LRC et aux personnes à leur charge quand ils s’abonnent à leur service; Medipac Travel Insurance, qui offre des rabais et appui la filiale chaque fois qu’un membre de la LRC souscrit à une de ses assurances ; le Relocation Services Group, dont vous pouvez vous attendre à obtenir un rabais en liquide de 3,25 $ par tranche de 1 000 $ sur la valeur de votre maison à la vente ou à l’achat; Travelodge Canada, qui est heureuse d’offrir un rabais de 15 p. 100 aux membres de la Légion et à leur famille à n’importe laquelle de ses 100 propriétés au Canada; ICI Paints et les magasins Bétonel, qui offrent 25 p. 100 d’escompte dans ses 210 magasins; la banque MBNA Canada, dont l’engagement se convertit en appui pour les programmes de la Légion; Diageo Canada Inc., encore une autre fière partenaire qui s’est engagée à appuyer la Légion.</p>
<p>L’engagement de chaque partenaire signifie un nouvel appui pour les filiales de la Légion et chaque partenaire confirme son engagement en achetant de l’espace publicitaire dans notre revue.</p>
<p>On a créé un logo à la Légion qui sert à identifier et à promouvoir les partenaires. Cherchez-le dans nos pages.</p>
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